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Remue méninges au café repaire

On ne va pas faire les comptes. D'ailleurs ce n'est pas dans l'esprit du groupe qui se réuni tous les mois au café repaire. Tout de même, on peut dire le concept fonctionne bien. Car après 3 réunions, on ne constate ni désaffection ni lassitude parmi les participantes et les participants. Nous étions bien une bonne trentaine présents ce soir là. Et s'il y a bien un endroit où on peut refaire le monde, c'est bien ici.

Pour autant, on est pas dans le futile. Une grande partie des débats a porté sur la manière dont le système libéral à déconstruit des concepts pour les remplacer par d'autres et s'approprie ainsi le langage dans l'unique but de promouvoir et d'assoir son pouvoir. Comment par exemple, des termes ont été purement et simplement effacés et remplacés par d'autres, plus consensuels, mais qui accompagnent des phénomènes d'exploitation parfois plus violents qu'auparavant. De nombreux exemples ont été donnés. Par exemple au lieu de dire "Plan social", on dit "plan de sauvegarde de l'emploi". Au lieu de dire "salarié", on dit "collaborateur" au lieu de dire "réduction des effectifs" on dit "optimisation des coûts" etc...

Remue méninges au café repaire

Or un des premiers concepts qui a été systématiquement dénigré dès le début, c'est celui de classe ouvrière en tant que classe exploitée. Il est vrai que durant les trente glorieuses, cette expression s'était peu à peu vidée de son sens. C'était l'époque ou l'ascenseur social fonctionnait à plein et durant laquelle le rêve de ceux qui bossaient en usine était de faire en sorte que leur enfant accèdent à des emplois plus "valorisants". Le temps est passé. Les jeunes qui disposent d'un bac +4 ou +5 se retrouvent à ranger des boites de conserves sur les rayons des hypers marchés. Dure désillusion.

Du coup, il devient urgent de redéfinir une classe dont on pensait qu'elle avait en grande partie disparu. Oui, mais voila, classe ouvrière ne correspond plus tellement à la réalité d'aujourd'hui, tant l'exploitation a pris un visage multiforme, même si Marx avait une définition très large de la classe ouvrière puisqu'il disait qu'elle englobait toutes celles et tous ceux qui ne possédaient que leur force de travail pour vivre.

Remue méninges au café repaire

Étrange débat qui nous conduit à nous interroger à propos de la manière de nous nommer nous mêmes ! Car cette classe sociale dont nous parlons ce soir là, c'est la notre. celle à laquelle nous appartenons et c'est nous qui subissons cette violence sociale imposée par une minorité.

Au fait, comment la nomme t-on cette minorité ? Car elle aussi n'est plus la même. Il ne s'agit plus de cette bourgeoisie que l'on pouvait croiser dans la rue (parfois) et qui avait un visage. Aujourd'hui,ceux qui possèdent les grandes fortunes sont totalement inaccessibles, invisibles. le plus souvent il vivent reclus, loin de la misère qu'ils génèrent pour ne pas avoir à répondre de leur actes et de leurs forfaitures. Cela mériterait bien que l'on réfléchisse aussi à la manière de les (re)nommer.

D'autres questions ont aussi été abordées lors de cette rencontre citoyenne. Comme celle de l'appartenance ou pas à un parti pour s'organiser. Idée à laquelle beaucoup de participants semblaient être rétifs. Celle aussi de la gratuité et de comment on l'impose. Vaste débat qui a aussi retenue l'attention et qui reviendra probablement dans d'autres discussions du café repaire. Un café repaire qui décidément est un vrai remue-méninges.

Nota : Pour agrandir les photos dans le texte, cliquez dessus.

Quelques éléments de réflexion soumis aux participants du café repaire

Quelques éléments de réflexion soumis aux participants du café repaire

Quelques conseils de lecture : Interventions de Claude et de Carole, les deux initiateurs du café repaire à Montluçon.

Tag(s) : #Montluçon

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