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Entretien avec Frédéric kott

Frédéric kott sera le candidat du parti socialiste aux prochaines municipales à Montluçon. Il a été préféré à Nicolas Brien, l'actuel suppléant du député socialiste. Mais entre eux, il n'y a pas l'espace d'une feuille de cigarette à propos de la ligne que soutiennent les deux hommes. Tous deux sont d’indéfectibles soutiens de la politique du gouvernement. En bloc et en détail comme Frédéric Kott l'a fait savoir sans détour à regardactu. Le Front de gauche devra donc tenir compte de ce positionnement stratégique et idéologique pour le cas ou les deux formations politiques devraient entamer des négociations dans l'hypothèse où un second tour s'avèrerait nécessaire pour élire le Maire de Montluçon. Mais le candidat ne semble pas avoir de doute à propos d'un accord entre le Parti socialiste et le Front de Gauche et se verrait bien à la tête d'une liste PS/Front de Gauche qui ressemble de plus en plus au mariage de la carpe et du lapin. Frédéric Kott a accepté de répondre aux questions de regardactu.com

Regardactu : Tu as été désigné comme tête de liste du Parti Socialiste aux prochaines municipales mais Nicolas Brien était aussi candidat. Ta désignation n’a-t-elle pas laissé des traces au sein de la section du Parti Socialiste à Montluçon ?

Frédéric kott : Non tout va bien car on est habitué à ce genre de choses, c'est rarement fratricide. Pour nous c'est plus un casting qu'un choix politique. S'il y a des différences entre nous, ce n'est qu'à la marge. Donc, il n'y pas de traces. Nous sommes d'ailleurs assez semblables dans le style d'homme que nous pouvons être. Nicolas sera donc le deuxième homme sur la liste. Nous fonctionnons d'ailleurs en parfaite complémentarité et même, j'ose dire, en parfaire complicité Nicolas et moi.

RA : Cela veut-il dire que la femme en seconde position sera une écologiste ?

FK : (après un silence) On ne sait pas encore. Si les écologistes proposent un homme, il ne pourra pas être deuxième sur la liste. Après, tout cela n'est pas très important. Ce qui l'est, c'est qui sera élu à la fin des opérations électorales.

RA : les sondages ne sont pas favorables pour le couple de l’exécutif. Ne penses-tu pas que vous risquez d’en faire les frais, même si si c’est une élection locale ?

FK : C'est le moins que l'on puisse dire. Il est clair que la situation nationale n'est pas favorable. Je pourrai développer sur les causes et sur le déterminisme. Nous avons du faire face à un héritage de 10 ans de dislocation opérée par la droite, y compris de dislocation financière et il a fallu y faire face. Il est donc clair que les sondages sont mauvais. Mais, les sondages montrent que la situation de la droite républicaine est tout aussi mauvaise, ce qui permet d'atténuer la situation. C'est l'ensemble de la représentation républicaine, de droite comme de gauche qui est atteinte. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas l'intention de mettre mon drapeau dans la poche. Je défend le gouvernement, je défend l'action du Président de la République. Si je dis cela, c'est que le Maire de Montluçon dénie son appartenance à l'UMP et se dit tout juste soutenu par l'UMP. sans qu'il ait une étiquette.

RA : Les socialistes de la section de Montluçon en général et toi en particulier, approuvez-vous les choix économiques du gouvernement et les réformes qui ont été engagées depuis que François Hollande a été élu ?

FK : La réponse sera oui.

RA : Y compris la réforme des retraites, l'Ani ?

FK : La réponse est toujours oui. On peut passer la journée à décliner chaque réforme, les unes après les autres, la réponse sera oui à chaque fois. J'aurai préféré que la situation économique soit plus favorable pour aller plus loin dans les réformes. Compte tenu de la situation financière du pays, cela n'a pas été possible. Toutes les réformes qui ont été engagées ont été le plus juste possible.

Entretien avec Frédéric kott

Toutes les réformes qui ont été engagées (par Hollande) ont été le plus juste possible

RA : Mais par exemple pour la TVA, le Parti Socialiste avait condamné la décision prise par la droite avant elle d'augmenter la TVA et avait même fait des affiches sur ce thème et pourtant ensuite, c'est ce qui a été fait par le gouvernement socialiste ?

FK : Pour les produits de première nécessité, elle a baissé. Après, ce que l'on peut dire, c'est que nous avions peut être mal estimé la situation. Et quand je dis nous, je me mets dedans. Nous avions mal appréhendé la gravité de la situation. C'est pourquoi, les réformes engagées étaient nécessaires. Hollande l'a répété plusieurs fois. Pendant deux ans, il y aura des efforts à faire pour remettre le pays en ordre de marche et pour redistribuer une fois que les caisses seront à nouveau remplies.

RA : Le gouvernement a décidé de supprimer plus d’un milliard de dotation aux collectivités. Cela va avoir des conséquences importantes sur leurs budgets, y compris à Montluçon. Approuves-tu ces coupes budgétaires et si oui quelles économies faudra t-il faire selon toi ?

FK : Pour Montluçon on est à peu prêt à 400 000 euros. Alors c'est difficile, mais les collectivités territoriales sont également appelées à faire des efforts pour contribuer au redressement du pays. Cela ne peut satisfaire personne. On aurait préféré avoir ces 400 000 euros dans l'escarcelle de la ville. Il va donc falloir trouver des moyens nouveaux pour faire face aux priorités sans augmenter les impôts, sans endetter la ville et en continuant à rembourser la dette. Donc il y aura des choix à faire, ça c'est clair.

RA : Et vous avez pensé aux économies qu'il faudra faire ?

FK : nous avons pensé aux priorités. Quant on est dans l'opposition, on a beaucoup de mal à avoir accès aux finesses du budget. Tout nous est présenté en grande masse. Donc, en cas d'élection cela passera par un audit financier pour savoir où il y a des marges de manœuvre. Cela étant, on a déjà des idées. par exemple les sommes importantes dépensées pour la propagande du Maire, je pense qu'il sera possible et nécessaire de les réorienter vers autre chose.

Entretien avec Frédéric kott

Pour Montluçon on est à peu prêt à 400 000 euros. Alors c'est difficile, mais les collectivités territoriales sont également appelées à faire des efforts pour contribuer au redressement du pays

RA : Pour les prochaines élections municipales à Montluçon, il va y avoir beaucoup de listes en compétition. A gauche, il y aura la liste d’Abdou Diallo, celle du Front de Gauche, celle de Lutte ouvrière et la liste que tu conduis. A droite, il y aura la liste conduite par Daniel Dugléry qui ne fait pas vraiment mystère de ses intentions et peut être une liste du FN conduite par Pascal Courty. Si l’on en croit certains, Bernard taillandier pourrait aussi monter une liste. En tout cas il s’y active. La compétition va donc être rude. Abdou Diallo a indiqué qu’il ne souhaitait pas de négociation entre les deux tours. Que penses-tu de cette décision et souhaites-tu engager des négociations entre les deux tours avec les autres listes de gauche en cas de deuxième tour ?

FK : Il est évident que seule la gauche réunie peut l'emporter à Montluçon. Donc le soir du premier tour, j'appellerai toutes les têtes de listes de la gauche qui souhaitent participer à un rassemblement de la gauche. C'est quelque chose d'habituel. Cela fonctionne comme cela à gauche depuis 1921, c'est à dire depuis le congrès de Tour.

RA : Encore faut-il qu'il y ait accord sur les grandes lignes. Ne penses-tu pas que ton attachement à la ligne libérale que François Hollande a choisi risque de jouer en défaveur ce cette union au deuxième tour ?

FK : Cette différence d'analyse a été à l'origine du fait qu'il y ait une liste Front de Gauche au premier tour, même si j'aurai préféré que l'on aille ensemble au combat. Mais après, c'est un choix que je comprends et que je respecte. J'imagine qu'ils vont faire campagne sur cette ligne. Après les électeurs vont trancher. Et une fois qu'ils auront tranché, il faudra se rassembler. Pas sur une ligne de politique nationale, mais sur un projet local et je ne doute pas que pour l'essentiel il y aura des points de convergence. D'ailleurs, on a siégé pendant toute une mandature côte à côte et nous étions d'accord à 95% sur les projets alternatifs que l'on auraient pu conduire.

Je compte d'ailleurs prendre contact avec Nelly pour que l'on mette en place un groupe de travail qui réunisse des membres de nos deux formations politiques afin d'élaborer une plate forme commune en vue du deuxième tour. Une chose est claire, le programme se fera sur la base de la liste qui sera arrivée en tête, mais il faudra faire en sorte que chacun s'y retrouve. Encore faut il qu'il y ait un second tour, car en 2008, la multiplication des listes à gauche avait semé la confusion dans l'électorat populaire, dont un certain nombre n'était pas allé voter au premier tour en attendant que les choses se clarifient. C'est pourquoi d'ailleurs il faudra faire très attention au premier tour sur la manière de mener nos campagnes respectives et ne pas se tromper d'adversaire, que ça parte en vrille et que cela dégoute un certain nombre d'électeurs. En 2008 la droite avait remporté l'élection, que de 25 voix, mais une voix suffit.

RA : Montluçon est durement touché par la crise. Le taux de chômage y est le plus élevé de toute l’Auvergne (de mémoire plus de 13% de chômeurs). Chaque candidat a probablement sa petite idée pour relancer l’activité économique sur le bassin. Abdou Diallo par exemple parlait d’un grand projet de plate forme numérique « Inopôle » (Ino pour innovation) comme il s’en est expliqué à regardactu*. Au parti socialiste avez-vous un grand projet structurant pour les années qui viennent qui soit en mesure de relancer l’économie et de redonner de l’espoir aux jeunes et aux moins jeunes qui désespèrent de trouver du travail ?

*Voir l'interview d'Abdou Diallo ICI

FK : C'est une approche globale que nous avons. Il ne suffit pas d'avoir un seul projet dit "structurant". Pour relancer l'activité économique, il faut avoir des habitants. Il faut que nos jeunes restent à Montluçon. Pour cela, il faut que la ville soit attractive. Nous avons des projets d'embellissement de la ville. Des projets d'activités qui donnent envie aux jeunes de rester et envie à d'autres populations de venir à Montluçon. La Mairie ne crée pas d'emplois, mais crée les conditions à l'activité économique. Mais si je suis élu, nous créerons des emplois d'avenir et emplois de génération. Des emplois que le Maire actuel refuse de mettre en place pour des raisons idéologiques. Nous créerons donc un certain nombre de postes dans les services municipaux ou para municipaux et nous cofinanceront des postes pour des associations qui voudront bien se lancer dans l'aventure. Et ça, cela va distribuer du pouvoir d'achat et de l'activité. Deuxièmement, si la Mairie ne crée pas d'emplois, elle injecte cependant un certain nombre de millions dans l'économie locale. Nous travailleront différemment de sorte de favoriser autant que faire se peut la préférence locale. Car souvent, on constate que ce sont des entreprises extérieures à la ville, au département et à la région qui remportent les plus gros marchés.

Entretien avec Frédéric kott

C'est une approche globale que nous avons. Il ne suffit pas d'avoir une seul projet dit "structurant". Pour relancer l'activité économique, il faut avoir des habitants.

RA : En même temps, si il y a une baisse des dotations de l’État, cela ne va pas faciliter les commandes aux entreprises locales ?

FK : Ce n'est pas 500 000 euros* en moins qui va mettre en difficulté la commande locale. Certes, c'est un handicap qu'il faudra contourner mais par rapport à la masse du budget, c'est secondaire. On ne peut pas s'abriter derrière cela pour justifier une baisse de braquet. Il faut continuer à investir dans cette ville. Il faut favoriser les entreprises locales et on rajoutera une clause pour qu'elles favorisent l'embauche des jeunes de nos cités, car cette clause qui existait du temps des municipalités de gauche a disparu depuis. Et puis, il y a un certain nombre de chantiers que nous souhaitons engager comme la réhabilitation des logements HLM. Il s'agit d'une réhabilitation thermique des logements. L'idée est à la fois sociale et écologique. Il faut agir sur le pouvoir d'achat des locataires HLM en diminuant leurs factures, car les logements sont très mal isolés.

RA: Mais ce problème n'existe pas que pour les logements HLM dans ce cas ?

FK : Oui, il y a aussi les privés. Nous souhaitons aussi les aider, mais pas dans un premier temps, car nous n'avons pas les financements nécessaires pour tout faire. Nous avons des contacts avec le ministère du logement qui nous soutiendra dans un plan de ce type. Cela se fera sans "plomber" les loyers. J'ai trouvé des financements d’État. En tout cas, j'ai des pistes très sérieuses de ce côté là, pour financer les travaux et faire baisser les quittances.

(*Comme Frédéric Kott parlait de 400 000 euros en début d'entretien, on peut supposer que la diminution de la dotation de l’État doit plutôt se situer entre les deux).

RA : Cela veut dire de l'emploi ?

FK : Oui de l'emploi et la possibilité de créer une filière dédiée à l'économie d'énergie en partenariat avec l'IUT, puisqu'il y déjà un département dédié à cette question. Autre point, nous souhaitons aller plus loin dans le fonctionnement du Service Economie de l'agglomération, en mettant en place une cellule beaucoup plus volontariste, en changeant l'approche et en étant beaucoup plus prospectifs. Ce qui suppose de mettre en place une pépinière d'entreprise et démarcher les étudiants de l'IUT pour qu'il créent leur entreprise à Montluçon. Pour cela, il faut les accompagner dans la recherche d'un logement, dans le financement de leur projet et les aider dans leur démarches comme pour le dépôt des brevets et d'une manière générale dans les démarches administratives qu'ils doivent accomplir. C'est parti d'un constat qu'un certain nombre d'entrepreneurs ne se sentant pas soutenus dans leur projet à Montluçon, sont partis créer leur entreprise ailleurs. Notamment à Vichy ou à Clermont-Ferrand. Donc en étant beaucoup plus volontaristes, on peut dénicher des porteurs de projets et faire en sorte qu'ils s'implantent à Montluçon. Vichy l'a fait et cela leur a permis d'être beaucoup plus efficaces.

Entretien avec Frédéric kott

nous souhaitons aller plus loin dans le fonctionnement du Service Economie de l'agglomération, en mettant en place une cellule beaucoup plus volontariste

Démocratie participative

RA : Les citoyens ne doivent-ils pas être associés directement au niveau de la commune à la répartition des financements sur des projets précis, comme l'avait fait une sénatrice verte pour sa réserve parlementaire ?

FK : Déjà, il faut instaurer la démocratie participative au sain de l'équipe municipale, ce qui n'est pas le cas actuellement. Les commissions ne servent à rien actuellement. Il n'y a aucun débat général sur les orientations, sur les projets etc..Les commissions se contentent d’examiner les délibérations qui doivent être soumises au conseil municipal et qui ont été préparées par le cabinet du Maire. Donc, déjà ce qu'il faut, c'est associer les conseillers municipaux et tous les conseillers municipaux, c'est la moindre des choses. D'ailleurs, sur 80% des points de gestion municipale, il n'y pas de clivage . Ensuite, nous créerons des commissions extra municipales.

Presque toutes les commissions municipales seront doublées de commissions extra municipales dans lesquelles siègeront des responsables associatifs et les corps intermédiaires. La démocratie participative j'y crois, mais il ne faut pas se contenter de dialoguer avec les simples citoyens. Il y a des responsables associatifs et syndicaux qui sont porteurs d'une expression et d'une analyse collective et il ne faut pas les shunter. De même, je suis favorable à la création d'un conseil économique et social dans lequel toutes les forces vives du territoire seraient représentées. Voila pour les corps intermédiaires. ceux la, il ne faut pas les négliger.

Après pour ce qui est de la démocratie participative proprement dite, nous mettrions en place des budgets participatifs pour des projets de quartiers. Et enfin, pour tous les grands projets amenés devant la population, nous ferons en sorte, autant que faire ce peut, de ne pas arriver avec des projets clés en main, verrouillés avec un semblant de consultation. Nous ferrons en sorte d'arriver avec des projets différents, de sorte que les citoyens puissent donner leur avis.

Entretien avec Frédéric kott

Déjà, il faut instaurer la démocratie participative au sain de l'équipe municipale, ce qui n'est pas le cas actuellement. Les commissions ne servent à rien actuellement

Les transports et les déplacements en ville :

RA : L’arrivée de l’A 71 n’a pas réussi réellement à désenclaver la ville. Côté chemin de fer, des travaux ont amélioré la ligne vers Clermont, mais nous n’avons toujours pas de ligne grande vitesse qui nous relie à Paris. Quelle est ton avis sur cette question et que comptes tu faire si tu est élu maire ?

FK : Ce sera un combat permanent pour améliorer et recréer des liaisons dignes de ce nom avec Paris. Moi, je veux tenir les deux bouts. C'est à dire que je veux que l'on ait la grande vitesse à échéance. mais on sait que ce n'est pas avant un certain temps, voire un temps certain. Mais que l'on ne se contente pas de slogan comme "Montluçon, ville à grande vitesse" comme le fait le Maire actuel en abandonnant l'existant et en se raccrochant à cette perspective, car ça, c'est du moyen terme.

A court terme, on a des contacts avec le Ministre Cuvilier qui a fait des annonces dernièrement pour réhabiliter la ligne Montluçon/Bourges/Vierzon. dans un premier temps, la réparer avant même de l'électrifier car elle est "pourrie". Et avant même que la ligne soit électrifiée, car cela aussi, ce n'est pas du court terme, qu'on ait aussi à disposition des motrices bi-mode (électrique/Diesel), pour que l'on ait plus cette période d'attente du au changement de motrice à Vierzon ou à Bourges, pour que l'on en revienne à des temps décents. Dans un premier temps ce sera un premier combat, car il a été abandonné.

RA : Certaines villes ont mis en place la gratuité des transports urbains (gratuité des bus notamment). Partout où cela a été fait on constate que cela a permis de diminuer la pollution, fluidifier la circulation et relocaliser les personnes exclues ou avec peu de moyens. Peu de villes reviennent d’ailleurs en arrière. Quelle est votre position sur la gratuité des transports et l’avez-vous inscrit dans votre programme ?

FK : Toutes les études que j'ai vues sont beaucoup plus nuancées sur les impacts positifs de ce genre de dispositifs en particulier à Châteauroux où cela c'est accompagné dans un premier temps d'une hausse de la fréquentation, mais seulement dans un premier temps car ensuite, cela est redescendu à des strates normaux, enfin, habituels. mais là n'est pas l'essentiel. Surtout, la gratuité totale s'est accompagnée d'une recrudescence d'incivilités et de dégradation du matériel. Je ne suis pas sociologue et je n'en connais pas le déterminisme, mais moi, je ne suis pas favorable à la gratuité totale, car chaque chose a un coût et nous ne mettrons pas cette proposition dans notre programme. En revanche, nous sommes favorables à l'aspect social et il faut continuer à travailler sur les tarifs sociaux des transports en commun, même si en toute objectivité, les tarifications actuelles pour les personnes en difficulté sont globalement favorables. Mais on peut améliorer les choses, en particulier pour les tickets à l'unité.

Les étude démontrent que peu de gens ne prennent pas le bus à cause du coût, mais l'essentiel de ceux qui ne prennent pas le bus, c'est parce que la prestation en termes d’efficacité et de vitesse commerciale n'est pas satisfaisante par rapport à leurs attentes.

RA : Et les amplitudes ?

FK : Le manque d'amplitude est du aussi due au manque de clientèle à certains horaires. J'ai beaucoup évolué de ce côté là, au nom du principe de réalisme, je me suis rendu compte qu'à part la clientèle "captive" (Les scolaires et les personnes âgées), les prestations du réseau actuel correspondent aux attentes des gens car beaucoup n'ont pas envie de prendre les transports en commun. Il y a une culture "bagnole" à Montluçon qu'il faudra changer dans la durée. Cela étant, il faudra certainement changer la vitesse commerciale des bus et favoriser d'autre modes de transports alternatifs.

Les bus actuellement, c'est 4 à 5 millions que le contribuable paie. Les recettes commerciales elles s'élèvent à 1 million d'euros. Donc avant d'aller au delà, il faut bien réfléchir sur les attentes de la population.

Entretien avec Frédéric kott

je ne suis pas favorable à la gratuité totale, car chaque chose a un coût et nous ne mettrons pas cette proposition dans notre programme. En revanche, nous sommes favorables à l'aspect social et il faut continuer à travailler sur les tarifs sociaux des transports en commun, même si en toute objectivité, les tarifications actuelles pour les personnes en difficulté sont globalement favorables

RA : Il n'y a pas eu de réelle réflexion à propos de l'aménagement des pistes cyclables à Montluçon. Le Président de Cyclopède le rappelait ici même dans les colonnes de Regard actu. De nombreux exemples montrent que beaucoup de ces pistes ont été réalisées dans la précipitation et posent problème aujourd'hui...

FK : ...C'est le moins que l'on puisse dire. Moi, je ne veux pas que mes enfants utilisent les pistes cyclables qui pour moi n'en sont pas. Il ne suffit pas de faire des traits de peinture pour considérer que ce sont des pistes cyclables. Pour moi ce n'en sont pas et c'est dangereux.

RA : De votre côté, avez-vous des propositions concrètes à faire la dessus ?

FK : La réponse est oui. On mettra le paquet sur les pistes cyclables. Alors dire où de façon verrouillée, ce serait un peu contradictoire avec ce que j'ai dit sur la démocratie participative.Il y a des citoyens et des associations qui sont plus à même d'apporter leur expertise sur cette questions la. Donc, volonté politique qui se traduira par des engagements financiers, la réponse est oui. Après, sur les modalités, on travaillera avec les citoyens et les associations compétentes. L'expertise citoyenne sera sollicitée et écoutée.

RA : C'est qui les associations compétentes ?

FK : Cyclopède, mais aussi les citoyens engagés sur la question. Après, on ne peut pas faire table rase du passé. Les grandes artères de la ville qui ont été réaménagées et ré urbanisées, hélas par une majorité de gauche puis par une majorité de droite, je pense au Bld de Courtais et à l'avenue de la République, il est hors de question de casser l'existant. Il faudra tenir compte des réalités et des possibilités budgétaires et donc, je ne prends pas d'engagements extravagants la dessus.

L'environnement et les déchets :

RA : Vichy a mis en place une recyclerie. Ce n'est pas le cas à Montluçon. Que penses-tu d'un tel projet pour notre ville ?

FK : Moi j'y suis favorable. Quant on voit tout le matériel informatique qui est emmené à la déchèterie, on peut penser qu'il n'est pas recyclé de manière optimale. Donc je trouve le projet intéressant.

Mais au delà du projet de la recyclerie, il faut à terme, modifier le mode de prélèvement sur le citoyen, supprimer l'impôt qu'est la taxe d'enlèvement des ordures ménagères et le remplacer par la redevance incitative, c'est à dire que chacun paierait en fonction des déchets qu'il produirait comme cela se fait de plus en plus et un peu partout. Actuellement, c'est un impôt que l'on paie en fonction des m2 que l'on occupe. Il y même des citoyens qui sont assujettis à cette taxe sur leur garages, alors que par définition, ils ne produisent aucun déchets. Et en plus, c'est un impôt qui a augmenté de 200% en 10 ans, je dis ça en passant. Donc moi je suis favorable à la redevance incitative car cela va encourager les éco citoyens les plus vertueux.

La fermeture des commerces

RA : A Montluçon des commerces ferment, même dans le centre ville. Le Maire a décidé d'ouvrir un site internet pour leur venir en aide alors qu'il a été par ailleurs l'artisan du développement des zones commerciales et de grandes surfaces à la périphérie de la ville. Penses-tu que le site internet permettra aux commerçants de surmonter cette nouvelle concurrence dans un environnement économique de plus en plus défavorable et concurrentiel ?

FK : Le site internet, c'était notre proposition. Ensuite, les choix qui ont été faits ont et auront, car on a pas encore tout vu, des conséquences catastrophiques pour le commerce de proximité. L'outil internet c'est un outil que NOUS avons suscité lors d'une de nos interventions au conseil municipal. C'est un outil nécessaire pour les mettre en valeur. Il ne s'agit pas de les mettre encore plus en concurrence avec ce qui se passe sur le net, car par définition, ils ne seront pas forcément moins chers que certaines grandes enseignes qui ont un site internet. Mais il apporte d'autres services. Proposer des produits, Mais la mise en place ne correspond pas forcément à ce que nous avions proposé, mais il (le site) a le mérite d’exister.

A propos des zones commerciales crées ou en cours de création, on ne fera pas venir un bulldozer pour les faire disparaître. Elles existent et elles existeront. Alors quel peut être le rôle d'une municipalité pour soutenir les commerçants ? C'est animer le centre ville. C'est de le rendre attrayant, de le rendre dynamique et faire en sorte que ce soit un lieu incontournable de promenade et de "lèche vitrine".

En même temps, si nous sommes élus, nous mettrons en place un manager du centre ville afin d'organiser les animations, fédérer les commerçants dans leurs démarches commerciales et créer les dynamiques et les synergies nécessaires. Bref, il faut recréer une dynamique sur tout l'axe commercial, Bld de Courtais, avenue de la République en particulier avec les berges du Cher. Et puis nous mettrons en place un fond dédié, piloté par le ministère du commerce et qui est actuellement sous utilisé, qui servira à embellir les vitrines, faire les études de marché pour réorienter, si nécessaire, l'activité. Bref, les outils, certes limités d'une municipalité pour accompagner les commerces de proximité, mais le volontarisme sera fort et c'est une priorité. C'est nécessaire à l'économie, c'est nécessaire à l'emploi, c'est nécessaire au lien social. Cela permet aussi de fixer un certain nombre de personnes dans le centre ville, en particulier les personnes âgées et c'est nécessaire à l'image de la ville.

RA : Beaucoup, de personnes sont attachées au respect de l’environnement ainsi qu’au problème de santé lié à la malbouffe. A Montluçon, des producteurs font de la vente directe de leurs produits à Athanor tous les vendredis. Cette formule rencontre un franc succès et parfois les filles d’attente s’allongent devant leurs étals. Dans certaines villes, on réfléchit à mettre en place des halls alimentaires (sortes de marchés couverts) afin d’améliorer les conditions de travail des producteurs mais aussi pour le bien être des clients qui attendent parfois dans le froid ou sous la pluie. Cela suppose de trouver un lieu adapté et d’investir dans ce projet. Y êtes-vous prêts ?

FK : Un marché couvert, oui bien sur. Mais pour les AMAP, on peut être efficaces immédiatement en mettant à disposition une salle municipale. Ensuite, à propos des producteurs de proximité, moi je suis favorable à un marché couvert. A la fois pour soutenir l'activité commerciale, à la fois pour soutenir ces circuits courts et aussi pour la redynamisation de la vieille ville. Mais, l'endroit exact, je ne peux pas dire car cela suppose d'examiner les emprises foncières disponibles. Après, on n'arrivera pas là non plus avec un projet verrouillé. Il faudra mener les consultations avec les professionnels du secteurs et les associations concernées.

Entretien avec Frédéric kott

pour les AMAP, on peut être efficaces immédiatement en mettant à disposition une salle municipale. Ensuite, à propos des producteurs de proximité, moi je suis favorable à un marché couvert.

La sécurité

RA : Le Maire a fait installer des caméras de surveillance dans le centre ville et sous le pont supérieur. Cela représente un investissement de 150 000 euros....

FK :...Subventionnés. Car il y a eu des subventions. Donc cela a couté moins cher en réalité

RA : Cependant, certains montluçonnais ont tout de même été choqués par une telle dépense et estiment que cet argent aurait été plus utile ailleurs. Toi, qu'en penses-tu ?

FK : Moi, je ne souhaite pas aborder le problème de l'insécurité à travers la seule vidéo protection. La vidéo protection n'est qu'un élément mineur et je ne souhaite pas aborder ce problème sous cet angle. L'insécurité s'est aggravée dans la ville.

RA : De manière importante ?

FK : Oui de manière importante, comme ailleurs. C'est l'effet de la crise, la dislocation sociale, les pertes de repaires. C'est aussi le fait qu'avec l'arrivée de l'autoroute, un certain nombre de trafics se délocalisent. Il faut donc regarder la réalité en face. C'est aussi la conséquence de la diminution des forces de l'ordre depuis 10 ans. Donc il y a eu une aggravation, même si Montluçon reste un des lieux les moins touchés par l'insécurité, dans les villes de même taille. Il ne faut pas sous estimer ce problème qui touche en particulier les milieux les plus fragiles comme on le voit par exemple à la Verrerie en ce moment. La lutte contre l'insécurité doit donc aussi être au cœur d'un programme de gauche, car l'insécurité touche en premier lieu les quartiers populaires.

Alors pour moi la lutte contre l'insécurité passe par quatre éléments : c'est l'éducation, la prévention, la dissuasion et la répression. Dans ce cadre, les caméras font partie de la dissuasion. C'est un des moyens de la lutte contre l'insécurité.

RA : Vous ne mettrez pas des caméras dans tous les escaliers ?

FK : On ne mettra pas une caméra dans tous les escaliers, mais moi je ne suis pas défavorable à la vidéo protection. Partout où cela a été mis en place, cela améliore la situation. Je rappelle que la vidéo protection, il n'y a personne derrière les caméras, ce n'est pas comme la vidéo surveillance. Il y des bandes qui sont conservées pendant 2 mois et peuvent être consultées par l'autorité judiciaire, s'il y a une plainte. C'est pourquoi c'est de la dissuasion. mais il est hors de question de faire de la vidéo surveillance. D'abord, on en a pas les moyens financiers. Donc, moi je suis favorable à la vidéo protection, mais de manière ponctuelle et dans les endroit chauds, qui peuvent se déplacer. Il ne faut pas reculer devant cet outil que des municipalités de gauche utilisent également.

A gauche, on a longtemps cru qu'en se contentant de résoudre les problèmes sociaux, on résoudrait les problème d'insécurité. Depuis, on a évolué, en tout cas dans ma formation politique et moi je suis sur cette ligne de fermeté, mais je le répète, la vidéo protection n'est qu'un élément parmi d'autres.

Entretien avec Frédéric kott

pour moi la lutte contre l'insécurité passe par quatre éléments : c'est l'éducation, la prévention, la dissuasion et la répression

La piscine St Jean

RA : Beaucoup de montluçonnais regrettent sa fermeture. Certes il y aurait des travaux à faire, mais accepterais-tu d'étudier la possibilité de sa ré-ouverture ?

FK : En tout cas, il faut faire disparaitre cette friche sportive. C'est scandaleux d'avoir ça, c'est dangereux et hideux. je connais moi, je vais courir 3 fois par semaine à hippodrome et comme je fais 3 tours, je passe 3 fois devant. Donc, il faut faire disparaitre cette friche, mais pas pour en faire une piscine. Les choses sont faites. Les montluçonnais ont émis des votes pour une personne qui a fait d'autres choix. Les choix sont faits. nous aurions été élus en 2008, nous ne l'aurions pas laissé tombé en déshérence, de même que nous n'aurions pas laissé tomber en déshérence la piscine Descartes. Mais maintenant, il y a d'autres choix à faire que de construire une autre piscine. Il y a d'autres besoins sportifs pour Montluçon : Les arts martiaux; un stade d’athlétisme, un boulodrome et la gymnastique. Donc, si nous sommes élus, ce seront nos priorités, en essayant de les mettre en place sur le même site autant que faire ce peut en fonction des emprises foncières pour limiter les frais de fonctionnement.

propos recueillis par Philippe Soulié.

Tag(s) : #Montluçon

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