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"Jongle les mots" de Sylvia Garcia

Sylvia Garcia nous interpellés avec son poème "le chant des grillons". Un poème écrit alors qu'elle menait un combat contre la maltraitance. Elle venait juste de perdre son travail après avoir révélé qu'un jeune handicapé avait été attaché toute une nuit sur un fauteuil roulant à un babyfoot avec de simples draps en guise de liens de contention. Mais ce n'est pas d'hier que Sylvia écrit des poèmes et régulièrement elle en dépose un sur sa page Facebook pour le plus plaisir de ses amis. Voici le dernier poème qu'elle nous a communiqué. Un beau cadeau pour tous les lecteurs de regardactu.

Jonglent les mots

Les mots se contorsionnent

Sautent à la figure, déchirent ou font rire.

L’air de rien en un tour de main,

Comme un clown et son nez rouge,

Ils transforment en éclats de rire

Et jeux de mots les enfants Lune.

Les mots chant de la Diva

Sur l’âme d’un fond d’air d’Opéra sont

Les mots bulle d’un bain Callas.

D’un coup d’oeil le blanc des mots révélateurs

Reste dans l’air c’est un mystère.

Pied de nez aux mots courbant le dos

Leur silence nous interroge,

Ce sont les mots des yeux qui tournent en rond

Ils lisent mais ils se taisent !

Les mots tabous deviennent mystère,

Sans mots les mots sont-ils moins sots ?

Aux starting-blocks les mots s’entravent,

Et dans leur course s’emballent,

C’est le lapsus qui marque sa place.

Sur les panneaux l’union se mobilise,

Des mots passants défendent les mots sans droit.

Des licenciés, refusés, mal menés,

Les mots en lutte sont en action,

Les mots en marche font les démarches,

La coupe est pleine de mots silence et de l’amer.

Les mots violences de Liberté défendue puis perdue

De cette guerre civile venue d’Espagne,

Les mots absents des réfugiés de l’autre terre,

Bâillonnés, rejetés, enfermés, affamés, humiliés dans

Ces mots concentrés qui tuent des camps de concentration,

Où ces mots oubliés pleurent quand ils ont peur.

C’est le silence des mots d’une foule recueillie

Sur les poèmes de Machado, Lorca où Neruda,

Qui nous laisse sans voix et crie des entrailles,

« el crimen fue en Granada »

ou " no passaran"

Les mots empreints de Semprun de sa véracité,

Par les mots riches des sans toit,

Face aux mots nantis du sens propre,

Qui n’écoute pas le mot commun.

Les mots haineux des béotiens,

Des mots anti de la culture celle qui diffère,

Se sont les mots analphabètes la peste brune !

Les mots missives terrassent en pleine face

Comme un missile explose les visages.

Le choc des mots non -dits,

Racine du mal des bleus à l’âme.

Les mots tordus du soir aspirent les mots d’amour

Et les mots doux se murmurent à l’oreille, pourquoi ?

Sylvia Garcia

Tag(s) : #Montluçon

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