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Mains basses sur la presse

Est-ce une nouvelle phase de concentration de la presse à laquelle nous assistons ? Trois hommes d'affaires (Pigasse, Berger, Niel) déjà propriétaires du groupe Le Monde unissent à nouveaux leurs capitaux pour s'offrir un titre supplémentaire : Le nouvel observateur à quoi il faudra rajouter Rue89 qui avait déjà été racheté par le ce journal.

Si vous allez faire un tour sur le Monde ou sur le Huffington Post (qui appartient au Groupe le Monde), il n'y a aucun article à propos de cette opération. On voit comment ces journaux traitent déjà l'information lorsqu'elle les concernent de trop prêt. Libération lui, titre timidement : "Le nouvel obs se rapproche du Monde" (lire ICI). Un titre qui ne risque pas de gêner les négociations en cours entre les deux groupes de presse. Bref, tous sont étrangement silencieux à propos de ce qu'il faut bien appeler une concentration de la presse entre les mains des affairistes libéraux.

Pas étonnant si par la suite cette même presse s'en donne à cœur joie contre les salariés qui défendent leur outil de travail, comme le fait par exemple l'Expansion aujourd'hui avec ce titre tapageur " Séquestration à Goodyear: Les entreprises ne devraient pas s'embêter à investir en France" (lire LA).

Heureusement l'humanité est plus critique et parle de "Nouvelle bulle médiatique" (lire LA) et énumère les titres qui sont tombés dans l'escarcelle des 3 financiers. Le quotidien note que "La concentration dans la presse nationale suit le même chemin que la presse régionale". On le constate d'ailleurs avec l'absence de pluralisme dans les analyses et les sujets traités. Ces jours ci par exemple l'affaire Dieudoné occupe tous les unes de ce journaux de leur sites en ligne. Une presse qui fait l'impasse sur l'actualité sociale et qui propulse les faits divers, la météo et le sport bizness sur le devant de la scène (l'affaire Schumarcher par exemple).

A côté de cela certains médias essaient de faire leur travail honnêtement avec des enquêtes de fond, comme Médiapart par exemple. Mais cette information a un coût, car elle implique d'envoyer des journalistes sur le terrain. C'est précisément cette presse là que l'administration de Bercy tente d'étouffer en lui imposant une TVA à 19,6% (20% maintenant), alors que Médiapart ne touche aucune subvention et n'a aucune rentrée publicitaire et alors que la presse écrite, elle est taxée à 2,1%, touche des subventions et accepte la publicité.

Que va donc devenir la presse en France si d'un côté l’État ne met pas un coup d'arrêt aux concentrations des titres et si de l'autre côté il fait disparaitre les titres qui font tout pour préserver leur indépendance ? Cette question en amène une autre : Est-ce sous un gouvernement socialiste que l'on assistera à la prise de contrôle totale de la presse par les grands trusts privés, c'est à dire à la fin de la démocratie ?

Tag(s) : #National

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