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"Le pouvoir du peuple, pour le peuple, par le peuple".

Le collectif "Communisme, nouvelle génération" organisait un nouveau débat hier soir salle polyvalente, quai Turgot à Montluçon sur le thème « LA DEMOCRATIE : déléguer notre rôle et notre pouvoir ou les prendre nous même en mains » en présence de deux invités pour la circonstance : Nicole BORVO, ancienne sénatrice et conseillère municipale de Paris, auteur du livre " Génération 6ème République " et Manuel CERVERA-MARZAL chercheur en science politique à l’université Paris Diderot, auteur du livre "Désobéir en démocratie".

De gauche à droite : Pierre Golberg, Manuel Cervera-Marzal, Nicole Borvo et Allain Passat

De gauche à droite : Pierre Golberg, Manuel Cervera-Marzal, Nicole Borvo et Allain Passat

Pierre Goldberg introduit le débat par cette phrase forte "La démocratie bourgeoise, dite représentative, a mis en place un mécanisme de transfert de la puissance du peuple vers des organismes spécialisés. Oui nous ouvrons un débat pour en finir avec la démocratie de l'impuissance que nous avons tous les jours sous les yeux." C'est à partir de ce constat d'échec que les deux conférenciers vont intervenir tour à tour "dans leur domaine d'expertise".

Manuel Cervera-Marzal tout d'abord décline les différentes formes de démocratie à travers l'histoire. Trois grands systèmes existent et ont été largement commentés depuis Platon et Aristote. le Pouvoir absolu d'un seul qui peut d'ailleurs dégénérer en tyrannie ; le pouvoir aristocratique de quelques individus identifiés et souvent autoproclamés comme étant les meilleurs qui peut aussi prendre la forme d'une oligarchie ; et enfin la démocratie, c'est à dire le pouvoir du peuple exercé directement par lui. Or pour le chercheur en sciences politiques il ne fait aucun doute que nous ne somme pas actuellement en démocratie. Il est même formel "nous sommes sous le régime d'une oligarchie" dit-il "car d'une manière effective, le pouvoir est monopolisé par une infime fraction de la population". Le verdict est sévère.

Nicole Borvo prévient. Elle a une approche plus pragmatique sur le sujet. En fait elle se fonde sur son expérience d'élue, mais porte un regard tout aussi lucide à propos du système et des règles qui fondent notre "démocratie." Une démocratie qui est de moins en moins représentative "on est passé de 25% d'ouvriers et d'employés à l'assemblée nationale en 1936 à 1% d'ouvriers et 3% d'employés aujourd'hui, alors que ces deux catégories sociales constituent 53% de la population". Le fait que des catégories sociales soient ne moins en moins représentées a certainement contribué à favoriser une abstention de plus en plus importante.

Le bilan affligeant de notre démocratie représentative pousse beaucoup des participants à cette soirée à s’interroger à propos de cette cinquième république qui prive les citoyens de toute intervention dans le débat public et les exclut des choix essentiels de société. Un constat d'autant plus accablant que les candidats une fois élus n'ont aucun compte à rendre durant toute la durée de leur mandat, de sorte que ceux ci peuvent même se permettre de tourner le dos à tous leurs engagements sans crainte d'être désavoués, ni voir leur légitimité remise en cause. C'est en cela que la démocratie dite représentative est vécue comme un simulacre de démocratie. Les citoyens sont donc de plus en plus nombreux à exiger des comptes et posent ouvertement la question du changement de régime constitutionnel.

Comment introduire un dose de démocratie directe ? Comment limiter les mandats dans la durée, dans le nombre et comment les contrôler ? Quels sont les lieux pertinents de délibération ? Autant de questions qui ont été évidemment évoquées durant le débat qui a suivi et posent crument le problème de l'irruption des citoyens dans la démocratie telle qu'elle fut définie par les grecs "Le pouvoir du peuple, pour le peuple, par le peuple".

Vous pouvez écouter l'intégralité des interventions des deux conférenciers ICI

Manuel Cervera-Marzal et Nicole Borvo

Manuel Cervera-Marzal et Nicole Borvo

Un peu moins de monde que la dernière fois mais tout de même...

Un peu moins de monde que la dernière fois mais tout de même...

Tag(s) : #Montluçon

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