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Municipales : Changer les logiciels de gestion et tourner la page.

Paul Créspin a envoyé ce texte a regardactu. Le hasard fait qu'il nous parvient juste après l'entretien avec le Maire sortant et résonne comme une réponse à ce dernier pour qui Montluçon se porte pas trop mal et résiste plutôt bien à la crise. Ce n'est pas l'avis de l'ancien Président de l'OPHLM et il le dit sans ambages.


Montluçon le 10/02/14


Décidément, les ambitions démesurées des hommes politiques en place ne se démentent pas. Ainsi, Mr Dugléry n’hésite pas à répéter sans cesse les mêmes appréciations éculées : Montluçon est une ville où tout va bien ! Méthode Coué s’il en est mais méthode reprise abondamment par la presse locale et régionale, sans parler des parutions du bulletin municipal !


Sur deux pleines pages, « La Montagne » offre, ces jours derniers, à Mr Dugléry le maire aux multiples mandats électoraux, le moyen de vanter ses bilans de gestion. Malgré une réalité ‘’austéritaire’’ qui s’est inscrite dans une crise sociale, économique démocratique majeure pour les représentants des politiques libérales –autant UMP que PS –le mot d’ordre reste : « on continue », on favorise la finance au détriment des acquis sociaux.


Après 13 ans de dictat, de prise de décisions sans partage au niveau de l’agglomération montluçonnaise, il est temps de tourner la page. Il est venu le moment de changer de logiciel et de réorienter la gestion municipale à des fins d’intérêt général humain.
Indiscutablement, jamais autant que dans la période que l’on traverse, une élection municipale, élection dite de proximité, n’aura eu à subir pour tous les protagonistes, autant d’incidences d’une correspondance entre effets de crise et des politiques nationales s’y rattachant et les dégradations du niveau de vie, de l’emploi, de l’environnement social et écologique, etc…


Après son élection de 2001 obtenu dans le contexte des années plus que confuses de la pratique de la gauche plurielle au pouvoir, Mr Dugléry avait très nettement pris position sur une affirmation sans borne de sa capacité à faire bouger le marasme économique local, l’isolement de la seconde ville d’Auvergne et au fond à « raser gratis », assurant que les injustices sociales allaient être chassés ‘’ dare dare’’ ! Tout allait repartir de très bonne façon : Emplois, santé, transport, logement etc…


En 2003,le nouveau maire , nouveau président de l’Agglo, faisait établir une feuille de route par ses collaborateurs au travers d’un document intitulé « Communauté d’agglomération Montluçonnaise » 24 pages sur papier glacé, photos couleurs, titres ronflants où tout est lissé, promesses mises en valeur aux titres gras … Diffusé en 2004 très largement aux frais du contribuable. Cet argumentaire sera répété dans les publications municipales en suivant, ce qui sans doute lui servira à tromper les électeurs. Ce dont il ne se prive toujours pas.
« L’adéquation entre l’offre et la demande en matière d’EMPLOIS, nous permettra d’offrir à la fois, une carrière dans la région aux jeunes diplômés et une main d’œuvre locale qualifiée aux entreprises » D Dugléry page 3 du document.


Belle prise de positions, en vérité, qui nous conduit une décennie après à noter que jamais notre agglomération n’avait connu autant de disparitions d’emplois, de fermetures d’entreprises, de licenciements conduisant à un constat d’échec, presque de déroute. 12,5 % de chômeurs pour Montluçon, le plus haut niveau de toute la région !


Et les jeunes qui quittent notre secteur pour tenter leur chance ailleurs, nous ne les comptons plus. Montluçon vieillit et s’enlise dans le déclin industriel ! Notre agglomération occupe une situation stratégique au Centre France des régions et au carrefour de l’axe Centre Europe Atlantique et de la A71. Grâce à nos efforts pour développer le haut débit et fluidifier nos liaisons ferroviaires avec PARIS, nous allons conforter encore notre position centrale. » D Dugléry toujours page 3 du document.


On croit rêver de relire cela plus de 10 ans après, sur la RCEA, c’est toujours la même situation de difficulté de transit, d’accidents mortels. Et pour dire la vérité, le contournement, ce n’est pas grâce à ses amis, mais aux efforts du député Lajoinie et du Ministre Fiterman… Quant à la fluidité ferroviaire, c’est la faillite la plus complète, que ce soit vers PARIS ou pour la liaison Lyon-Bordeaux. Hélas pour les voyageurs, les autocars vers Lyon et retour ont supplée l’absence de trains.

Comment disait-on en 1968 : dix ans de gaullisme, ça suffit, douze, treize ans de Dugléry et ses amis aujourd’hui c’est encore pire… « La communauté d’agglomération entend rompre avec la logique d’enclavement, de dépopulation, de morosité économique ». D Dugléry page 3 du document. Vous avez dit dépopulation, mais de qui se moque-t-on au regard de la lecture de la réalité qui indique recensements après recensements la baisse rapide et grave du niveau de population de la ville centre. En 1999/2000, 41362 habitants selon l’INSEE et aujourd’hui, 2012/2013 entre 38 000 et 39 000. Assez de tromperie ! Dites enfin la vérité et ne cherchez pas des boucs émissaires comme par exemple pour nos moyens de santé, ce fameux pôle santé hospitalier…


« Le pôle santé de la communauté d’agglomération prend en compte presque toutes les spécialités et rayonne sur cinq départements » et quelques lignes plus loin : « avec plus de 1 300 lits, postes et places dont une trentaines de lits de convalescence appelés à se développer, 180 médecins généralistes, spécialistes et chirurgiens » et la perle : … « Le pôle santé confirme à l’excellence ! » Page 3 et 19 du document. Quelle belle assurance en 2003/2004 alors que ses prédécesseurs ont effectivement laissé en place une situation hospitalière correcte, mais comment interpréter cela à l’aune de la pratique de ce président du conseil hospitalier toujours en place quelques dix ans après ? Toujours là mais délesté de ses pouvoirs pour une incapacité à faire tourner l’établissement convenablement.


A Montluçon, l’hôpital vit ses heures les plus sombres, le journal La Montagne en indique le triste constat : déficit chronique et mise sous tutelle, médecins spécialistes qui fuient le centre qui ne peuvent utiliser ses moyens techniques « Blocs opératoires en stand-by, titre dans une de ses rubriques de novembre 2013 le journal ». Et pendant ce temps, comme c’est bizarre, la clinique privée, elle, ne cesse de progresser et d’étendre ses activités pour le plus grand bien de ses actionnaires. Arriver à ce stade de tant de promesses ouvrant à une catastrophe annoncée en bien des secteurs essentiels de la vie montluçonnaise, faut-il longuement poursuivre l’examen des satisfécits par anticipation de cet élu U M P aux ambitions personnelles démesurées ?


Notons surtout les incohérences et les mauvais choix entrant en concordance de la dégradation de la vie sociale locale. Ainsi donc, l’aménagement commercial ! Que disait ce monsieur Dugléry. « A travers la charte de développement du commerce et le schéma directeur et de secteur, elle (l’agglomération) aménage un territoire à l’échelle humaine, ouverte à la fois à l’Europe et à ses voisins les plus proches. » Page 13 du document.


Aménagement à l’échelle humaine, c’est sans doute le cas de l’hyper Leclerc de Chateaugay, si froid et si étrangement étendu à ne plus s’y retrouver dans le dédale des allées intérieures. Et comme le dit ce monsieur ‘’ouvert à l’Europe’’, alors que la crise sévit partout et où la misère s’étend… Cela conduit directement à casser les équilibres entre quartiers qui perdent leurs commerces de proximité, à déclasser le centre ancien où s’étendent les places vides et la tristesse des paysages urbains et où le règne du minéral l’emporte sur le végétal accélérant encore la morosité ambiante. Et parlant de quartiers, parlons de la situation du logement, quand toujours dans ce même document, il est abordé de l’opération ORU (Opération de Renouvellement Urbain) lancée par les équipes d’élus précédentes. Mr Dugléry, une fois n’est pas coutume, en affirme l’utilité et même plus quand il déclare péremptoirement : « L’agglomération conduira la révolution du logement social : plus humain, mieux intégré dans la ville, avec de petits immeubles et logements individuels remplaceront enfin le grand collectif et les barres de tristes réputations ». Page 18 du document. Quel brave homme, qui non seulement entend poursuivre l’ORU mais veut faire disparaître les traces des erreurs de constructions de ses amis politiques d’antan.


Car, qui en pleine crise industrielle des années 65/75 a fait construire les barres de Bien Assis, de P. Leroux, de République et de la Verrerie… sinon la droite centriste et RPR de cette époque ! Une droite issue des restes de la sociale démocratie locale arque boutée sur ses prérogatives municipales qui combattait, becs et ongles, l’union de la gauche, celle du programme commun de 1972. Que de l’ORU, les gestionnaires nationaux de l’habitat passent dans les années qui suivent à l’ANRU, une nouvelle manière de faire et optent pour un financement organisé sous contrôle de l’Agence Nationale de Renouvellement Urbain, gérant pour le compte de l’état du 1 % entreprise (taxe logement réservée au logement des salariés) ne change pas grand-chose à l’affaire, les aspects de réhabilitation des quartiers dit sensibles sont connus la volonté de mixité sociale aussi !


Notons que ce programme, sur Montluçon, a repris les grandes options des plans prévisionnels des équipes d’élus précédents. Mais notons quand même des écarts d’interventions plus que dommageables :

  • L’ensemble urbain rive gauche n’est plus considérée comme entité sociale urbaine ?
  • La cité Pierre Leroux est exclue du programme !!!
  • Des démolitions lourdes (Fontbouillant et Bien Assis) ne permettent pas de maintenir une offre de logements adaptés aux besoins de nombre de familles monoparentales ou de personnes âgées ,encore moins de familles nombreuses!
  • Les coûts loyers en logements neufs vont dès lors se situer au niveau maximum de la grille du logement H L M.


"Le vivre ensemble" tant de fois annoncée ne reste alors qu’un slogan vide ! « La communauté porte au projet de vie : celui d’un territoire en harmonie, accessible à tous par-delà les différences » Page 20 du document. Allez donc parler de cela aux familles dans la difficulté, fréquentant les restos du cœur ou le secours populaire. Allez dire aux usagers des commerces de quartiers qui disparaissent que le mieux vivre ensemble est un point fort de Montluçon…Oui allez ainsi vous adresser aux jeunes gens qui quittent le secteur pour trouver un emploi !

Après un tel examen entre promesses et réalité, dix ans après les avoir affirmées, on ne peut de nouveau se laisser entrainer sans réagir vers un futur immédiat plus que mal assuré pour Montluçon et les villes adhérentes au comité d’agglomération.

Certes, au plan de l’édification de structures d’accueil, sportif ou culturel, ont émergé piscine et musée en tête, certes des matérialisations de places et de carrefours ont été entreprises afin de répondre quelque peu aux nombreuses demandes enregistrées, mais les éléments du mieux vivre social et citoyen en ont-ils été renforcés ? Les conditions d’amélioration environnementale satisfaites ?

Poser la question c’est y répondre … Travailler au devenir harmonieux de Montluçon, c’est d’abord et avant tout répondre à 5 critères de qualité de vie, prioritaires et essentiels :

  • Défendre les services publics, organiser la justice par des gratuités adaptées pour la consommation de l’eau , les transports, les cantines scolaires …
  • Combattre et diminuer le chômage
  • Elever le niveau de formation du plus grand nombre
  • - Sauvegarder le pouvoir d’achat direct et indirect (refuser les hausses de loyers et charges.)
  • Engager un processus de concertation global à commencer par l’établissement d’un budget participatif permettant des choix de gestion en rapport avec les besoins prioritaires et les moyens financiers ne conduisant plus aux emprunts toxiques. Emprunts qui dans bien des cas conduisent à des déséquilibres budgétaires lourds à supporter. De ce point de vue l’appel aux financements privés pour la réalisation de la cité administrative comme pour le centre aquatique aura des conséquences graves ultérieurement !


Partant de ce positionnement réaliste dans des choix de gestions adaptées à la situation, une évidence politique s’impose alors : rien ne pourra se mettre en œuvre de durable si les pressions nationales actuelles et les influences dramatiques européennes ne sont pas remises en cause, largement rejetées.


La question d’un changement de cap, de besoin urgent d’abandonner toute politique d’austérité ne peuvent dépendre que d’une mobilisation populaire. Une mobilisation qui dépasse les frondes « mêles tout » conduites par les représentants des forces patronales si promptes à lancer les plans sociaux et les délocalisations d’entreprises.


Le moment du refus est venu, un refus citoyen et uni des forces de la vraie gauche ambitieuses pour l’intérêt général… Pas le faux refus raciste et aventurier du FN qui oppose les citoyens entre eux et cherche à isoler notre pays pour le rendre plus vulnérable face aux attaques de la haute finance.
Au niveau municipal, l’heure du choix du bulletin de vote se rapproche et les besoins de clarification absolument nécessaires.


Priorité à l’Humain, les différences de programme se feront à partir de ce mot d’ordre. L’électorat de la gauche sociale, celui de la justice et du vivre ensemble porteront concrètement l’espoir du renouveau.


Avec les listes ouvertes du Front de Gauche s’ouvre le temps de la reconquête !


Paul Crespin : en toute citoyenneté !

Tag(s) : #Montluçon

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