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Nous ne voulons pas être sauvés !

La coordination des intermittents IDF nous a fait passer le texte suivant :

Alors que le Medef déclare que les patrons ne sont en rien redevables des 30 milliards que le gouvernement leur a donné, le ministre de l’emploi ne se prononce pas sur les mesures justes et adaptées aux intermittents proposées par un grand nombre des principales personnes concernées [1], sous prétexte de ne pas brusquer des « partenaires sociaux » supposés en décider seuls.


Pourtant, le Medef préconise que l’Etat compense la perte de droits résultant de la suppression des annexes 8 et 10 de l’Unedic. L’objectif de l’organisation patronale est clair : tous précaires et sans droits sociaux. Et cela au nom de l’équité ! Ce que l’on risque c’est, comme souvent par le passé, qu’au nom du « déficit », on prétende « sauver le régime » en enfonçant/déglinguant ceux qui en dépendent.

 

Selon nous, toute personne a droit à des conditions d’existence dignes. Or, aujourd’hui, si l’on excepte les nantis, seuls ceux qui bénéficient d’emplois stables et durables avec des salaires corrects et de bonnes conditions de travail, sont dans ce cas…


L’objectif du Medef est d’instaurer une flexibilité généralisée, en rognant et en cassant les droits de ceux qui alternent chômage et emplois, afin de disposer d’une main d’œuvre corvéable à merci. Le Medef s’emploie tout bonnement, depuis 20 ans, à supprimer les annexes 8 et 10 car, par delà tous les arguments comptables, il s’agit, pour eux, d’en finir avec l’idée même qu’une protection sociale un tant soit peu adaptée aux caractéristiques de l’emploi soit possible.

 

Les néolibéraux ont un projet de société bien défini [2] qui leur permet de penser les choses sur la durée et de manière stratégique : séparer les artistes et techniciens en 2003 n’avait d’autre objectif que de préparer la sortie des techniciens du régime de l’intermittence. Après les attaques répétées de la cour des comptes, la mise en place de l’ANI (Accord sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi), la CGPME (un des trois syndicats d’employeurs représentés aux négociations) a fait le premier cette proposition. Le Medef la radicalise en réclamant purement et simplement la suppression des annexes 8 et 10. Comme de coutume, ce train risque d’en cacher un autre. Les soit-disant « négociations » en cours montreront bientôt à quoi une telle provocation est destinée à préparer la voie… Au vu de la politique d’austérité actuelle, il se pourrait bien que l’on cherche à rogner les droits de l’ensemble des « chômeurs en activité à temps réduit », de plus en plus nombreux, et pas ceux des seuls intermittents du spectacle.

 

De deux choses l’une, soit nous sommes gouvernés par des aveugles, soit les socialistes sont totalement hypnotisés par l’idéologie néolibérale et sa société de concurrence. Nous osons encore espérer qu’il n’en soit pas ainsi. Et si tel était néanmoins le cas, nous n’aurions d’autre choix que de tout faire pour l’empêcher.


Ce n'est pas la richesse qui manque. Les salariés à l’emploi discontinu ne doivent pas subir les effets d’une crise dont ils ne sont pas responsables, mais bénéficier d’un régime d’assurance chômage correct afin de pouvoir vivre, travailler, se projeter dans l’avenir.
Le Medef a ouvert le bal. Oui les contrats courts et la discontinuité ne sont pas limités aux intermittents du spectacle, 80% des embauches actuelles s’effectuent en CDD, l’intermittence estaussi le quotidien des chômeurs et précaires. Et pendant ce temps... la Bourse de Paris vient d'établir un nouveua record à 4419,13 points, le plus haut depuis la crise des subprimes en 2008.

 

Avec les réformes actuelles sur la flexibilité et l’assurance chômage le gouvernement est confronté à un choix historique : laisser les stratégies néolibérales se déployer à grands renforts des préconisations caricaturales de l’OCDE (selon eux « la France doit inciter les seniors à travailler » ), ou bien opter pour une autre société que celle de « la guerre de tous contre tous », une solidarité permettant à la fois de vivre au présent et de penser le futur. Après des décennies de précarisation, il est tout simplement indispensable d’obtenir un système juste et mutualiste pour les intermittents du spectacle et de refonder les droits sociaux de tous les chômeurs et autres salariés à l’emploi discontinu.

 

Le rapport de force semble défavorable à la solidarité. Mais, des printemps arabes et québécois au soulèvement ukrainien, se vérifie le fait que jamais un ordre social inique ne pourra être assuré d’éviter sa mise en cause, voire son effondrement.

25 février 2014

Coordination des Intermittents et Précaires (idf)

Faites passer le mot, aux collègues, amis, voisins, partout !
Soyons nos propres média
!

Informez-vous autour de vous sur les nombreux rdv proposés en régions ce jeudi 27 février afin d’y être présents.

Appel à rejoindre
la mobilisation unitaire
pour défendre nos droits sociaux
le 27 février 2014

Vendredi 17 janvier se sont ouvertes les négociations UNEDIC, qui se clôtureront le 13 mars 2014. Dès le début, les propositions formulées par le Medef ont été inacceptables, attaquant les droits des travailleurs précaires, notamment les intermittents et les intérimaires.


L’objectif du Medef est avant tout de limiter le droit des travailleurs à l'assurance-chômage, au nom d’économies financières : dégressivité des aides, allongement de la durée de cotisation nécessaire à l'ouverture de droits, durcissement des critères de la « recherche active d'emploi », suppression des annexes concernant les intérimaires et les intermittents du spectacle...

L’UFISC et ses organisations défendent un régime d’assurance-chômage fondé sur le principe de solidarité interprofessionnelle, redistributif et mutualiste, plutôt qu’assurantiel et s’élèvent contre la marchandisation du système de protection sociale.

A ce titre, l’UFISC est impliqué dans le comité de suivi de l’intermittence, déjà rejoint par plusieurs parlementaires, dont les revendications principales sont les suivantes :

L’UFISC et ses organisations membres s’inquiètent des volontés de régression sociale qui monopolisent le débat, là où devrait se tenir une réflexion globale, de fond, sur le développement d’une économie de la redistribution plus juste basée sur le partage des richesses.

Elles appellent à rejoindre la mobilisation unitaire du jeudi 27 février pour défendre un système d’assurance chômage plus solidaire, mutualiste, et plus juste, dans toute la France.

Pour plus d’information et pour connaitre les prochaines mobilisations, rendez-vous sur le site de l’UFISC, de la CIP-DF.
Une prochaine mobilisation aura lieu le 12 mars – nous vous tiendrons informés et vous donnerons rendez-vous également à cette date, dans un prochain communiqué.

L’UFISC - Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles - et ses organisations membres : Actes If, CD1D, CITI, FAMDT, FRAAP, Fédélima, Fédération nationale des arts de la rue, RIF, SMA, SCC, SYNAVI, THEMAA, Zone Franche, Férarock.

 

 

Tag(s) : #National

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