Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas Paul Crespin, il suffit de rappeler qu'il fut Président de l'OPHLM lorsque Pierre Goldbeg était Maire de de Montluçon.

Paul Crespin a accepté d'apporter sa contribution à regardactu afin de nous éclairer sur la ,provenance des 160 millions d’euros de l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine (ANRU) que le Maire sortant, Daniel Duglery affirme avoir obtenu pour rénover les logements sociaux. Son expertise comme ancien Président de l'OPHLM a pour objet de nous permettre d'y voir plus clair sur la répartition des financements de ces 160 millions.

Renouvellement urbain, Parlons vrai…

Le Maire actuel répète à qui veut bien l’entendre qu’il a obtenu 160 millions d’euros de l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine (ANRU). Il évoque cela, sans nuances, fier de dire que c’est grâce à ses relations avec les anciens ministres De Robien et Borloo, tous deux hommes de droite centriste affirmés.


Cette somme annoncée représente certes, le coût des travaux d’ensemble entrepris depuis 12 ans, mais c’est aussi et avant tout, la globalisation des engagements financiers multiples de ce genre d’opérations contenues dans ce qui s’appelle le Plan National de Renouvellement Urbain affecté aux interventions logement social et d’équipement des quartiers considérés sensibles ou en difficultés. Suite logique entre autres des contrats de ville DSQ (Développement Social des Quartiers) ; HVS (Habitat et Vie Sociale) et autre ORU (Opération de Renouvellement Urbain)… Autant d’opérations et de financements nationaux dont a bénéficié Montluçon dans les années 80-90. Appréhendé d’abord pour huit années, ce plan a été prolongé souvent en maints endroits pour aller au bout des programmes.


A Montluçon, évalué à 123 millions d’euros au départ, il a été prolongé au-delà des huit ans prévus en raison du chevauchement des interventions de démolitions mal programmées, celles-ci soumises à de la résistance de nombreux locataires. Voyons bien à ce propos que, non seulement les compléments d’équipements sociaux ou commerciaux tardent à se concrétiser mais que la fin des réalisations pavillonnaires telles celles prévues en lieu et place du Bât H déconstruit tardivement, risque de ne pas voir le jour ? La société de construction «Foncière Logements » annoncée au départ comme réalisatrice, a disparu ! Société fantôme ou leurre, on ne sait pas !


Pour comprendre le processus employé pour réaliser ce plan national PNRU et le rôle de l’ANRU cher à M. Dugléry, il est possible de consulter le rapport public dernièrement appelé « Bilan et perspective du PNRU », texte officiel produit par le CESE (Conseil Economique Social et Environnemental). Que dit ce rapport dès son introduction :

« L’ANRU a mobilisé des financements importants venant de la contribution des entreprises aux efforts de construction et les partenaires sociaux sont directement impliqués au sein de l’ANRU. Les bailleurs sociaux apportent eux aussi avec les collectivités locales, des financements importants. » Page 7. Il est évident que les propos du Maire énonçant la somme des financements obtenus n’entendent pas faire de détail. Le coût total, pour lui compte seul et ainsi s’approprie les efforts partagés par tous.


Pour Montluçon comme partout ailleurs, sur les 384 projets étudiés par le comité national de validation, les sources de financement sont plurielles et complémentaires et cela doit être dit. Sans l’engagement des collectivités territoriales telles que le Conseil Régional à présidence socialiste ; sans la volonté du Conseil Général à présidence Front de Gauche - communiste, sans l’intervention lourde de l’OPHLM, aujourd’hui devenu Office de l’Habitat et donc l’utilisation des deniers des contribuables et des locataires, rien de ne se serait fait. C’est ce que confirme le rapport du CESE déjà cité. « Les bailleurs constituent de loin les principaux financeurs du PNRU, leur part atteignant à elle seule 43 %. L’ANRU vient ensuite pour 29 %. Les collectivités locales contribuant pour leurs parts, toutes collectivités confondues à hauteur de 21,2 %. » Page 34.


L’Etat, qui pourtant détient la responsabilité nationale du logement social, n’intervient pratiquement plus à ce niveau-là, il se contente de récupérer la TVA juteuse des travaux réalisés !!! Faut-il dès lors en dire plus ? Suite à cette activité durant toutes ses années prise en charge par l’Office de Montluçon, sa direction a fait savoir que ses fonds propres avaient fondu sérieusement, qu’il fallait refaire de la trésorerie… Souhaitons que ce besoin de trésorerie ne se reconstruise pas par sollicitations des loyers et des charges ! Souhaitons même que ne soit pas écartée la nécessité des mises aux normes des cités anciennes, que soient élaborés de larges plans de travaux pour des économies d’énergie.

Paul Crespin
Montluçon, le 20/03/2013

Tag(s) : #Montluçon

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :