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Hommage à Pierre Semard ce matin à Montluçon

Les retraités CGT cheminots ont rendu un hommage à Pierre Semard ce matin à l'ancienne plaque tournante de la SNCF situé à l'angle de la rue Pierre Semard. La section CGT cheminots a fait le communiqué suivant :

Communiqué de presse :

Cette année se dérouleront les célébrations de la grève insurrectionnelle du 10 aout 1944 contre l’occupant nazi, ce qui valut à la SNCF, de recevoir la légion d’honneur et la croix de guerre.


Pierre Semard, secrétaire général de la fédération CGT des cheminots dés 1921, résistant, n’a malheureusement pas pu prendre part à cet épisode courageux. Emprisonné dés 1939, et livré comme otage par le gouvernement pétainiste aux allemands, il fut fusillé le 07 mars 1942.


Il n’est pas inutile de rappeler, dans le contexte politique actuel et dans certaines tentatives de réécrire l’histoire, le rôle de cet homme remarquable qui lutta contre le fascisme et donna sa vie pour la défense des ouvriers.


La section des retraités du syndicat CGT des cheminots de Montluçon, à l’occasion de son assemblée générale le 20 mars 2014 et dans le cadre de ces célébrations, tient à honorer ce dirigeant syndical et politique, elle déposera ce même jour à 11h30 un bouquet à sa mémoire, prés de la rotonde dans la rue qui porte aujourd’hui son nom, à l’emplacement de l’ancienne plaque commémorative , dérobée… quelques mois après sa pose.

Pour la section des retraités
Le secrétaire

Patrice Pajot

Vidéo enregistrée le 20 mars 2014 à 11h30

Intervention cérémonie Pierre Semard. Le 20 mars 2014

Fils d'un cantonnier des chemins de fer, et d'une garde-barrière du réseau PLM, Pierre Semard passe son enfance dans la campagne bourguignonne. Il commence à travailler en 1898, après avoir passé son certificat d'études, chez un notaire d'abord, puis chez de nombreux autres employeurs. En 1904, il se rend à Paris et exerce divers petits métiers. Puis il passe alors un examen pour entrer aux chemins de fer comme facteur aux écritures. En 1912, il entre au secrétariat du chef de gare de Valence. C'est là qu'il devient militant syndical.


En 1917, il représente la section de Valence au premier congrès de l’Union des Syndicats du PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) qui se tient à Avignon.
En 1919, il devient le secrétaire général d’une Ligue de Défense et d’action contre les mercantis et les spéculateurs. Ce groupement rassemble des commerçants et artisans et des ouvriers.


Pierre Semard est avant tout le dirigeant des cheminots de la Drôme où il déploie une activité militante soutenue en faveur du syndicalisme. Il joue un rôle plus étendu à partir de 1920, à l’échelon national. Il est révoqué des PLM pour fait de grève. Il se remarie avec une ancienne employée des PLM également révoquée. Pierre Semard devient gérant de la coopérative des cheminots pour subvenir aux besoins de sa famille.


Il s’engage alors aux côtés du PCF dans l’action commune contre l’occupation de la Ruhr. Par ces motifs, il est arrêté et emprisonné quelques mois en 1923. Il met à profit son incarcération pour écrire quelques articles pour la Vie Ouvrière. Il entre au Comité Central puis, en juin 1924, il devient secrétaire général du Parti Communiste Français.
En 1927, Pierre Semard est de nouveau arrêté pour ses actions contre la guerre du Rif au Maroc, comme bon nombre de dirigeants communistes. Il reste à la prison de la Santé jusqu’en janvier 1928. Il reprend alors ses fonctions de secrétaire général, poste qui sera supprimé en septembre 1928.


De 1932 à 1939, c’est le retour au syndicalisme


À l'automne 1933, Semard renoue avec le syndicalisme, il sera à nouveau élu secrétaire général de la Fédération des cheminots le 26 juin 1934. Lors du congrès de fusion entre la CGT et la CGTU, le 24 novembre 1935, il est élu au secrétariat de la fédération réunifiée comme secrétaire général aux côtés de Jarrigion qui représente les ex-confédérés.


En juin 1936, il fait partie de la délégation syndicale qui rencontre Léon Blum et les ministres concernés. Au nom de la CGT, P. Semard se prononce en faveur de la nationalisation à la création de la SNCF. Il soutient les républicains espagnols en s’occupant de l’acheminement de l’aide matérielle à la frontière espagnole.
Au lendemain de la grande grève du 30 novembre 1938, il est révoqué du conseil d’administration pour avoir signé des tracts appelant à la grève. Il est traduit devant le conseil de discipline et rétrogradé au rang d’employé aux écritures.

À la suite du Pacte germano-soviétique, l'unité du Bureau fédéral de la CGT vole en éclats et les ex-confédérés (CGT) décident, le 25 septembre[Quand ?], d'exclure Semard et ses camarades des fonctions dirigeantes. Arrêté à Loches le 20 novembre 1939, Pierre Semard est, une fois encore, incarcéré à la Santé par le juge d'instruction militaire sous l'inculpation de détournement de fonds et d'infraction au décret du 26 septembre 1939 concernant la dissolution du PC. En dépit du témoignage favorable lors de son procès de Marcel Bloch1, ingénieur en chef du matériel et des ateliers à la SNCF, il est condamné à trois ans de prison. Le 20 mai , il est évacué et incarcéré à Bourges. Il met à profit son emprisonnement pour écrire et entretenir une correspondance abondante avec sa femme et ses enfants, notamment sa fille Yvette. Il reste très attentif aux problèmes de sa famille. Sa femme est arrêtée en août 1941, puis sa fille Yvette, au début de 1942.


Au début 1942, Semard est transféré de Bourges au camp d'internement de Gaillon où il se retrouve avec les détenus de droit commun. Le 6 mars, on l'envoie à la prison d'Évreux. Il est fusillé comme otage le lendemain à la demande des autorités allemandes.
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.


Derniers mots de Pierre Semard prononcés le 7 mars 1942 « Je meurs avec la certitude de la Libération de la France. Dites à mes amis cheminots qu’ils ne fassent rien qui puisse aider les nazis. Les cheminots me comprendront, ils m’entendront, ils agiront !
J’en suis convaincu. Adieu chers amis, l’heure de mourir est proche. Mais je sais que les nazis qui vont me fusiller sont déjà vaincus. Et que la France saura poursuivre le bo
n combat... »

Tag(s) : #Montluçon

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