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Municipales 2014 : Des enseignements à approfondir !
Municipales 2014 : Des enseignements à approfondir !

Parmi les 44,8 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales, plus de 36 % se sont abstenus au premier tour de scrutin. C’est près de 18 millions de personnes en âge de voter qui ont exprimé un refus de vote, un refus de choix. Mais pas d’expression étant entendu que parmi ces non exprimés, se trouvent un nombre de plus en plus important de personnes choisissant sérieusement ou de s’abstenir par mécontentement ou de mettre un bulletin nul ou blanc. Pour l’Allier et sur l’agglomération montluçonnaise, les constats sont du même ordre légèrement inférieur. Pour l’Allier, 32 % d’abstentions avec une différence marquée entre les trois grandes agglomérations et le secteur rural. On vote plus dans les territoires non urbains. C’est là en 2014, le taux de non-participation le plus fort depuis trois à quatre décennies. Pour être précis, à titre d’exemple, Montluçon 43.3 % et Moulins 46.9 %. Les élus seront désignés par 25% ou moins des inscrits.

Cette participation sérieusement rétrécie des électeurs est en soi l’expression d’une crise de la démocratie électorale et la démonstration d’une rupture de confiance entre le peuple et sa représentation électorale et politique. La Vème République vit des moments difficiles, cela c’était vu dans la conduite de la gestion de l’Etat prisonnière des orientations et décisions d’une Europe libérale de plus en plus austéritaire et cela se concrétise par des refus de vote alors que le pays s’enfonce dans une crise aux multiples rebondissements. Au-delà de ces considérations d’ordre générales, un tel niveau d’abstentions de votes nuls et blancs, apparaît bien la démonstration que plus aucune phase électorale, contrairement à ce que pouvait en dire les partis au pouvoir, ne peut être considérée comme appartenant aux élections locales en soi ! Toutes les élections prennent consistance à partir de faits politiques locales, départementales, régionales, nationales et européennes, se recoupant toutes et se conjuguant à partir des mêmes ingrédients : ceux de la finance, ceux de l’économie et du social, ceux de l’environnement et des échanges, ceux de la formation et des équipements. Tout se conjugue ou presque à partir du choix suivant : Tout pour la rentabilité de la finance ou tout pour l’Humain et son environnement d’abord ! C’est en ce sens qu’il convient de prendre en compte les résultats de ces élections et d’en tirer analyses et enseignements. Avant le second tour du dimanche 20 mars, on peut cerner plusieurs grands postes de réflexion.

Premier poste : le désaveu !

Oui un vaste désaveu populaire des politiques gouvernementales. C’est là un effet de haute intensité qu’il est impossible de passer sous la table ou de sous-estimer. Pour le parti du président et pour ceux qui le soutenaient, le divorce est majeur avec les électeurs : perte de villes dès le 1er tour, chute d’influence générale allant de 10 à 20 et 30 %. La gauche libérale qui formait des listes allant du MRG au PS, au PCF, aux écologistes y laisse « des plumes » partout. Des plumes qui pèsent comme du plomb ! Cela fait plus de trente ans qu’un tel fiasco n’avait pas eu lieu !

Comment aurait-il pu en aller autrement quand la politique délibérément organisée par les Hollande-Ayrault-Duflot frappe aussi directement les travailleurs, les sans-emplois, les jeunes, les retraités et tous ceux qui vivent de leur travail. Un travail devenu difficile à protéger et à développer dans les communes, les petites entreprises de services publics de toute sorte. L’austérité à la mode européenne ne passe pas et cela s’est exprimé largement. Le gouvernement en place a tourné le dos dès son entrée en fonction à ses engagements, et n’a de cesse de favoriser les intérêts de grandes entreprises et de leurs actionnaires. Les dirigeants du PS ne voient plus la France réelle, ne savent pas écouter les français, refusent de satisfaire les besoins essentiels. C’est le règne de l’offre capitaliste et non plus celui de la demande utile, c’est-à-dire du développement social. Certains syndicats, certaines forces politiques situées bien à gauche avaient mis en garde sans être pris au sérieux. Retraites à 66 ans, pacte de solidarité et cadeaux royaux à la finance sont parmi les repères les plus significatifs ajoutés aux drames du chômage. Les lepénistes s’en pourléchaient les babines, imités par la droite UMP avide de revanche après 2012, les présidentielles et législatives. Dans le reste de l’appareil politique, il y a bien évidemment beaucoup d’amertume. Un sentiment de mal-être dans certaines franges du parti du président mais qui ne conduit pas pour autant cette « aile gauche » à affirmer une volonté de rupture et de remise en ordre… et pour une large majorité de cadres socialistes, un silence coupable indiquant le fossé qui les séparent de la masse des électeurs de la gauche traditionnelle qui se réclamait des valeurs sociales laïques et républicaines.

Le message envoyé est pourtant assez simple à détecter. Tous ceux qui avaient voulu renvoyer le clan Sarkozy à ses chères études se sont rendu compte de la trahison de ceux qui assurent leurs places au pouvoir et appliquent la même politique que leurs prédécesseurs. Dès le soir du premier tour des municipales assez cruel pour les candidats sociaux-libéraux, la reprise insistante de remaniement est venue occupée le terrain des analyses de résultats. Un remaniement gouvernemental pour quoi faire ? Pour poursuivre les réformes antisociales et de soutien aux entreprises du CAC 40 ou pour instaurer une nouvelle orientation tournant le dos aux injonctions libérales d’une Europe toute dévouée à la finance internationale ? Ensemble Jean-Marc Ayrault et Michel Sapin, ces héros des dirigeants du MEDEF, ont alors réaffirmé la nécessité de poursuivre sur la même voie. On va dans le mur, mais on continue. Les électeurs envoient un message qui dit clairement, ça suffit et le pouvoir social-libéral dit, on continue… à des insatisfactions nettes du peuple de gauche, la réponse est fondamentalement une réponse de droite.

Deuxième poste : on peut se le demander :

à qui profite le crime ? Dès avant le 1er tour, des sondages savamment calculés annonçaient les difficultés à venir du parti socialiste et de ceux qui l’accompagnent au pouvoir. Pour autant, les médias n’oubliaient pas de faire jouer les peurs soit en soufflant au maximum sur les possibles gains du FN, soit en parlant de « vague bleu horizon de la droite » celle de la percée irrémédiable des listes UMP et UDI ! Les sirènes de l’apocalypse faisaient leur travail aux ordres. Une fois encore, le Front de Gauche était passé aux oubliettes. Au-delà des premiers enseignements offerts par la montée de l’abstention avant tout constaté parmi l’électorat de gauche, il faut regarder de plus près les résultats pour le FN, pour la droite et pour le Front de Gauche. Tout cela en parallèle de la chute terrible du PS. Alors y-a-t-il en regard des percées déjà connues du FN, par exemple aux municipales de 95 et plus récemment le score de Mme Le Pen aux présidentielles, une si grande avancée que cela, à ce premier tour du scrutin. Mme Le Pen elle-même, a annoncé le dépôt de listes dans 585 villes étendues non plus à des territoires visés mais étendues à toutes les grandes régions. Le résultat global du FN est de 16,50 % soit un niveau inférieur de 1,40 % sur 2012 mais bien sûr supérieur à 2008. Sans doute la raison en est des situations de crise sociale et financière de nombres de villes mal gérées et aussi en raison de la multiplication des listes du FN qui forcément compte… Pour être clair, sachons comprendre que les résultats en hausse sur 2008 du FN font partie des conséquences des politiques libérales de Messieurs SARKOSY et HOLLANDE. Qu’une ville lui soit tombé dans l’escarcelle dès le 1er tour est bien triste, mais c’était prévisible à Henin Beaumont la démonstration des incompétences du PS doublée de l’attitude plus qu’équivoque du PC ne pouvait conduire à autre chose !

Les triangulaires du second tour et les renoncements de la droite classique à se mobiliser pour faire barrage au FN rejoignant le positionnement sectaire du PS à l’égard du Front de Gauche favorisera sans doute une nouvelle percée du Front National. Dans notre région, la situation du Front National est plus délicate. Sur les trois arrondissements de Moulins, Montluçon, Vichy, c’est sur le troisième que comptait le plus le FN. Faute de candidats suffisant sur l’agglomération de Montluçon, ne sont apparues que peu de listes. Indéniablement, cela a fait le jeu de la droite libérale autoritaire et démagogique dans nombre de villes tenues par la droite. Citons Montluçon bien sûr mais également Néris, Lavault … Les bons résultats de la droite départementale, les 63% de P.A Périssol à Moulins, les 53 % de D. Dugléry à Montluçon, ne peuvent s’expliquer autrement sachant bien sûr la voie royale, lassée là par les déconfitures des listes d’union de la gauche PS/PC en particulier à Moulins. Sur le secteur vichyssois, le FN a réussi encore à perturber le rapport gauche-droite entre autre à Cusset où la liste FN peut troubler l’influence grandissante de la droite. Etrange recours pour cette dernière, que l’attitude d’un dissident PS. Mais c’est vrai qu’il s’agit là de « casser » du maire communiste ! Les pertes de chefs- lieux de cantons comme Varenne ou Bourbon, celle de Cosne font partie des difficultés à se renouveler dans les rangs du PCF et à sortir des schémas électoraux vieillissants.

Troisième poste : rassemblement et alliance

A quoi servent encore les alliances de premier tour PS/PC et autres écologistes ou radicaux. Dans la confusion développée à partir de la région parisienne, on peut s’interroger ? Le contre-pied pris par la direction du PCF de laisser libre cours à des choix de liste avec le PS comme à PARIS ou d’en rester à la constitution de liste Front de Gauche autonome n’a perturbé que les militants qui s’étaient tant donnés au moment des présidentielles mais rendu confus et inaudible la démarche d’opposition de gauche aux politiques libérales mortifères pour le plus grand nombre. La responsabilité des dirigeants communistes visant à sauvegarder leur patrimoine d’élus au détriment d’une philosophie de reconquêtes politiques par des projets alternatifs est énorme. On voit bien au lendemain du premier tour que cette tactique opportuniste rompt avec l’essor entrepris d’un Front de Gauche en capacité de concurrencer utilement, et le PS repositionné en force libérale au service de capital et le FN qui apparait pour ce qu’il est : le supplétif à la mission de faire peur pour sauver le soldat Hollande vers l’échéance présidentielle de 2017 ! Il faut dire la vérité à propos de la démarche des dirigeants communistes sortant dans les faits de la pratique du Front de Gauche et de ses expériences de transformation sociale-écologique.

Au plan national, le Front de Gauche n’a pas poursuivi sur les traces de la présidentielle. Aucune campagne politique commune et générale, des options par ses composantes différentes, au PC avec des alliances à la carte d’union de la gauche plurielle et pour le Parti de Gauche et Ensemble une composante du FG, des compositions de listes autonomes du PS élargies à la citoyenneté locale. Dans de nombreuses localités de 20 000 habitants et plus jusqu’aux grandes métropoles du pays, le PC a fait délibérément le choix de rejoindre le PS dès le 1er tour dans des conditions de confusion et de volonté électoraliste au possible. Oubliés les acquis des présidentielles, et renouées « hardiment » les alliances pour garder des sièges et s’assurer des places de sénateurs ! Un journaliste proche de la gauche radicale du journal « Regard » écrivait au lendemain du premier tour la chose suivante à propos de ces attitudes des dirigeants communistes. « Sans aller jusqu’à dire que dans ces villes (où l’alliance s’est faite au 1er tour PS/PC), les communistes ont eu, et le déshonneur et la défaite, une règle s’impose : le choix du PS se paie comptant. Le choix de préserver ses élus à tous prix est allé de pair avec une sous-estimation du discrédit du gouvernement par la direction communiste ».

Ce dernier ajoute : « Dans les villes qui seront ou sont déjà gagnées par la droite, se cumulent donc, absence de cohérence politique et disparition de l’essentiel des élus (communistes). Pire, quand dans quelques grandes villes – Rennes, Poitiers – Grenoble ou des alternatives crédibles aux maires socialistes existaient, les sections PCF ont systématiquement choisi de préserver leur alliance traditionnelles. » Ils vont même jusqu’à refuser de coexister sur des listes fusionnées telles qu’à Grenoble, à Toulouse, Paris et combien d’autres encore, en région parisienne au risque de laisser la droite conquérir ces villes ! Pour notre propre région, cette attitude peu sérieuse, irresponsable, a failli jouer un bien mauvais tour à Clermont-Ferrand où le député communiste A. Chassaignes a mené bataille contre la liste Front de Gauche autonome emmenée par le docteur Laffont. Les représentants de la liste Front de Gauche ont menacé de se maintenir si l’accord ne donnait pas sa juste place à chacun… respectant pour chaque formation l’indépendance de vote au conseil. Le PS à du obtempérer et le député PC a dû avaler son chapeau… et c’est bien ainsi. Le Front de Gauche s’inscrit en faux des prétentions de la droite et du FN.

Autre attitude néfaste que celle du député socialiste à Commentry qui se vantait de regagner pour le PS la ville perdue en 2001 au profit de la droite. Arrivé derrière la liste autonome soutenue par le Front de Gauche voilà que le député PS refuse de fusionner et refuse de donner une consigne de vote pour le 2ème tour. Les résultats sont pourtant imparables, 16,02% pour le PS et 25,08% pour le FG. Que devient la pratique du désistement républicain.

Heureusement de multiples exemples au plan national démontrent que malgré ces entraves sectaires et opportunistes à la fois, de bons résultats percent tout de même. Citons Grenoble où la liste EELV-PG et diverses peut et va gagner contre la droite et le PS/PC qui se maintient. Citons Chevilly la Rue, dans le Val de Marne, parmi des dizaines d’autres villes. Le parti de gauche a fait connaître un premier bilan du Front de Gauche autonome à partir des 600 listes ayant concouru au premier tour. 308 d’entre elles ont fait plus de 10 % jusqu’à être élus à 50 % et plus. Celles-ci sont au nombre de 67. La moyenne générale de ces 600 listes se situe à 11,42 %, c’est-à-dire à + 0,32 % du résultat de la présidentielle avec l’apport et le soutien du PC au candidat JL Mélenchon des résultats prometteurs obtenus dans un contexte difficile où le désastre des politiques d’austérité touche bien au-delà des rangs des électeurs socialistes. Même si de nombreux électeurs de gauche n’attendaient rien de bon du PS, pour autant le martelage idéologique médiatique a développé une fatalité mauvaise conseillère. Se rebeller avec l’abstention n’aide pas à renforcer l’alternance que propose le Front de Gauche version Mélenchon.

Quatrième poste : les conséquences locales préjudiciables au mouvement populaire.

La complexité des situations d’alliance et de composition de liste a rajouté des inconvénients de mobilisation et de compréhension pour l’électorat communiste et de la radicalité de gauche laissé pour compte trop souvent. A Moulins, ville préfecture, la direction du PC apporte sa caution au PS et prend part au recul engendré par la politique nationale de rejet en bloc ! Seulement 31,4 % pour 40,5 % en 2008. A Yzeure à côté, 6ème ville d’importance en Allier, la liste Front de Gauche autonome de J. Chabanne résiste aux pressions et fait une campagne offensive. Résultat, 29 % alors que la liste du PS sortante fait 47,8 % , elle obtenait 76% % en 2008. Pour le second tour, la liste Front de Gauche à Yzeure se maintient après avoir été éconduite par les élus socialistes. Ces derniers refusent de reconnaitre la liberté de vote au conseil et rejettent une représentation proportionnelle sur les listes fusionnées !

Sur le bassin Montluçon-Commentry, rien de facile. Le moins que l’on puisse remarquer, c’est le positionnement du PC sur Domérat prônant une liste d’union PC/PS dès le 1er tour. Attitude conforme aux souhaits des directions nationales et régionale. Le leader local tente d’appliquer les consignes… C’est un rejet pur et net du maire de Domérat PS qui obligera les camarades domératois à se lancer dans une liste à part du PS, le leader de cette liste indiquant publiquement après la méprisante réponse du PS, que « sa porte restait ouverte pour une liste d’union » !!! Résultats des courses, le maire sortant PS est réélu dans un fauteuil avec 62,8 %, c’est sans doute une des rares exceptions d’élections socialistes à ce niveau. La liste PC autonome obtient 17,6 % recule sur 2008 de 13,6 % et de 761 voix. Pour une ville gérée par un maire communiste jusqu’en 2008, c’est sans doute le plus mauvais résultat enregistré. C’est là d’un effondrement qu’il faut parler. Tout ou presque tout est à revoir : stratégie politique, intelligence de propositions de gestion, changement de candidature, filiation réelle avec un Front de Gauche autonome novateur et dynamique.

Pas simple de mener campagne sur Montluçon non plus. Non seulement l’héritage du bienfait d’une ville gérée 24 ans par des équipes d’union n’a pas été faite de quelque manière que ce soit depuis treize ans, mais pour troubler un peu plus les électorats de la gauche radicale – Front de Gauche – les candidatures socialistes et EELV se réclament de la politique nationale ont tenté d’enfermer toute la gauche dans le fameux théorème « Tous contre Dugléry » comme on disait en 2011/2012 «Tous contre Sarkozy ». Les silences du parti communiste, pourtant seule force structurée du Front de Gauche, ne permettent pas de mobiliser ce qui reste de l’électorat communiste sur le terrain concret des quartiers, hélas en difficultés sociales. L’ex maire et député hormis pour se plaindre d’avoir entendu utiliser son nom par la droite et le PS, n’a pas jugé utile de mener politiquement la campagne qui convenait pour aider les nouveaux venus de la liste du Front de Gauche, n’ayant pas pu remonter les handicaps de notoriété sciant à de jeunes ou nouvelles candidatures. S’engager dans une reconquête progressive des forces de changement social au plan électoral comme au plan des luttes supposera de revoir la cohabitation dans le Front de Gauche des différentes structures qui le sous-tendent. Chacun à sa place en capacité de proposition et de mobilisation et chacun respectant l’autre dans ses différences. Que la liste Front de Gauche recueille seulement 12,5 % soit - 9,1 % et moins 2 100 voix sur 2008 est un échec lourd qui se doit d’être étudié en fonction des abstentions et des modifications sociologiques de la ville.

Ainsi faut-il remarquer à l’examen des évolutions électorales dans les bureaux de la ville que toutes les listes (excepté Lutte Ouvrière) perdent des voix par rapport à 2008. Certes avec un taux d’abstention aussi élevé, cela s’explique déjà en soi. Mais les différentes évolutions ne conduisent pas aux mêmes conséquences :

  • La liste UMP de D. Dugléry gagne globalement en % mais perd en voix soient - 1412 voix sur son score de 2008.

  • La liste arrivée en second de F. Kott, socialiste MRG et vert perd globalement en % et perd en voix – 1455 voix sur 2008. Remarquons que cette perte en voix est plus élevée que celle de la droite.

  • La liste Front de Gauche perd en % et en voix – 2100 voix sur la liste de l’ancien maire en 2008. C’est un résultat sans doute un peu attendu mais l’ampleur est considérable.

  • La liste Diallo, nouvelle venue, prend des voix un peu partout et ne peut être comparée à 2008 ni à la liste Casilla (Alternance à gauche en 2008) ni à une liste centriste de quelque sorte.

Il y a bien à Montluçon une redistribution des cartes politiques et des conséquences à tirer de cette nouvelle réalité électorales.

Sans conteste, l’examen des bureaux par quartiers, par composition sociale indique déjà bien des évidences.

Remarquons que dans les bureaux généralement favorables à la droite, D. Dugléry reste largement en tête. Il perd des voix mais moins que ses adversaires direct. Observons une perte de voix plus large en proportion sur les bureaux de l’hôtel de ville – 100 voix sur 800 inscrits que sur des bureaux plus populaires comme celui de Marie- Noël à Fontbouillant. Dans ce cas, - 32 voix pour D. Dugléry dans un bureau qui vote très peu, 64 % d’abstentions et avec 156 électeurs de moins qu’en 2008. Pour Bien-Assis, nous mesurons des éléments semblables … c’est là que l’on s’abstient le plus à 65 %. Ce qui signifie pour Fontbouillant et pour Bien-Assis, tête de pont de la mise en œuvre de l’ANRU, que globalement, ces habitants ne souscrivent pas à la bonne parole de Mr. Dugléry et à son ANRU et s’abstiennent en masse. Cette abstention a une incidence positive en pourcentage pour Monsieur Dugléry. Le score bas de la liste FG est très remarqué dans tous les bureaux de la ville. Il n’y a plus de bureaux favorables à l’influence communiste, influence de caractère très populaire. Sans doute en regard de la présence nouvelle du Front de Gauche, faut-il comparer ce qui peut l’être. Par exemple sur les scores en voix et pourcentages obtenues par Jean-Luc Mélenchon en 2012 et par Luc Bourduge également en 2012. Mais il reste que cette campagne municipale a sa propre considération à faire apparaitre. Au-delà du contexte national, la multiplication des cas de figure des listes Front de Gauche, celles de Domérat, de Désertines recherchant l’union avec des finalités différentes, celles de Montluçon et Commentry assez engagées Front de Gauche, ne pouvaient vivre en cohérence ou en appui de réciprocité. Pourtant, les communautés de communes ou d’agglo faisaient bien partie de la même donne électorale.

Il y a eu objectivement des freins disposés sur la route du rassemblement populaire par certains dirigeants du PCF, il faut le dire clairement… Ainsi la venue du secrétaire départemental pour soutenir au nom du PCF, la liste Front de Gauche à Montluçon alors que lui-même prône la recherche d’accord PS/PC et qu’il participe à une telle liste à Moulins ! Ajoutons à cela, la présence d’une camarade communiste sur la liste socialiste et le tour sera fait, ajoutant encore à la confusion créée par le ralliement de R. Casilla à la droite UMP ultra libérale. Il y a eu des obstacles à surmonter qui n’ont pas reçu l’assentiment de tout le monde dans les franges Front de Gauche et dans les anciens militants du PCF, voire d’élus de ce parti. En contrepartie de ces éléments plutôt restrictifs, il faut féliciter le nouveau maire de Désertines C Sanvoisin pour sa magnifique élection dès le premier tour de scrutin, malgré les surenchères socialistes.

Cinquième poste : premières conclusions

La caractéristique principale de cette élection municipale est bien celle d’un rejet politique de la politique néolibérale qui sévit aux quatre coins de l’hexagone. De par la globalité de l’abstention jamais atteinte à ce niveau depuis trois décennies et de par les scores en baisse considérables et quasi générale des listes socialistes – avec ou sans le PCF comme soutien – c’est une aspiration à de vrais changements qui s’est exprimée avec force. Certes, la droite bénéficie de cet état de fait mais comme pour le moment des présidentielles, c’est une fois de plus par défaut que les électeurs s’expriment. Le Front National tire son épingle du jeu et se sert de cela pour tenter de se propulser sur l’avant-scène, se disant prêt à la relève des faillites gouvernementales alternées depuis SARKOZY et son successeur HOLLANDE.

Sans percer vraiment, les démarches des écologistes EELV obtiennent plutôt de bons résultats. Dans beaucoup de villes importantes, les listes autonomes vertes obtiennent un score dépassant 10 %. Dans le cas des listes regroupant PS/EELV et autres formations de gauche classique, la sentence est alors pour les écologistes de partager les rejets de la politique nationale à laquelle ils participent comme membre du gouvernement social libéral. Dans les circonstances délicates des débats internes au Front de Gauche, une situation apparaît porteuse d’enseignements positifs, celle de Grenoble où l’alliance avec le PG, le parti de JL Mélenchon, démontre une bonne manière de se poser en alternative des politiques libérales. Une dynamique nouvelle peut prendre forme là à condition de se multiplier. C’est sans doute une excellente manière de surpasser les malices opportunistes et de tentation hégémonique du PCF dans le Front de Gauche. Autant à Rennes avec 15,09 %, qu’à Poitiers avec 15,29 %, qu’à Grenoble avec 29,4 % et la possibilité de gagner au second tour, un chemin nouveau se trouve ouvert et porteur de nouvelles capacités alternatives à gauche. Ce type de rassemblement qui casse les vieilles habitudes unitaires dépassées du PCF seront-il une image de renouveau du paysage politique à gauche avec les élections européennes qui se profilent ? Il reste, c’est évident, un profond travail de clarification à fournir tant que les écologistes soutiendront la politique gouvernementale. Mais posons nous aussi la question qui fâche : le Front de Gauche a-t-il un avenir ?

On peut, on doit s’interroger à son propos sachant que l’espérance née des élections présidentielles – les plus de 2 millions d’électeurs rassemblés sur le nom de J.L Mélenchon et le programme l’Humain d’Abord – cette espérance a été contre carré par les mésententes à propos des élections municipales qui viennent d’avoir lieu. La France a besoin de voir se renouveler à la fois des projets à caractère social évident et à engagement écologique maximal. Le Front de Gauche nouvelle facture peut être un artisan premier de cela. Passer d’un certain front du refus et de la colère à un front de la suggestion et de la proposition alternative permettra de rassembler une nouvelle majorité sortant des griffes du libéralisme financier et parasitaire. Voilà le chemin qui ne nous éloigne pas des enseignements des municipales d’autant que par expérience nous savons que les seconds tours confirment et amplifient très souvent les tendances des premiers !

Paul CRESPIN, le 28/03/2014

Quelques éléments factuels depuis le second tour :

  • 171 villes de plus de 9 000 habitants perdues par le parti socialiste
  • 62% des conseillers municipaux seront issus des listes de droite
  • 1 200 conseillers Front national font leur entrée dans les Conseils municipaux.

C’est bien d’une débâcle pour la majorité gouvernementale du Président de la République. Les échéances électorales qui se présenteront seront particulièrement influencées. Les sénatoriales vont en être particulièrement impactées et favorable à la droite antisociale. Les élections européennes seront marquées immanquablement, de même que les élections régionales et cantonales à venir. Que faut-il attendre dès lors des mesures présidentielles qui se préparent, remaniement ou non ? La question qui préoccupe les français est celle d’un changement de cap. Le respect de la démocratie ne peut se satisfaire de demi-mesures ou de nouvelles fausses promesses.

Tag(s) : #Montluçon

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