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Front de Gauche : Un outil politique à disposition du peuple !
Front de Gauche : Un outil politique à disposition du peuple !

I/ Une situation en pleine effervescence.

Dans l’ensemble de la mouvance de ce que l’on peut encore appelée communément «la gauche », le parti socialiste compris, surviennent des évolutions de situation et de comportement, le tout assorti de débats et polémiques qui transforment assez sérieusement le paysage politique issu de la présidentielle de 2012.

Celles-ci ne peuvent pas concerner en soi que chacun des partis et leurs états-majors, elles agissent forcément sur la compréhension et les attitudes des militants et des citoyens confrontés aux enjeux de la lutte que se livrent actuellement les forces sociales et politiques. D’un côté celles qui concernent les intérêts populaires à défendre et de l’autre, celles du libéralisme qui impulsent les grandes orientations d’une société malade des crises du capitalisme conduisant la société vers le pire…

C’est à partir de cette réalité politique que comme citoyen engagé, je me sens concerné d’autant que sans être adhérent à aucun parti, je suis partisan du Front de Gauche tel qu’il s’est constitué dès 2009, tel qu’il a marqué l’opinion en 2012, et tel qu’il se positionne actuellement dans la campagne des élections pour une Europe à rebâtir !

Que se passe-t-il donc depuis la nomination de M.VALLS ?

Dans le parti du président Hollande, irrémédiablement classé social-libéral, les dissidences se multiplient – 41 députés viennent de refuser d’entériner la politique d’austérité gouvernementale, le plan de 50 milliards d’économie et de cadeaux fiscaux aux entreprises ne passe pas…

Pour le MRC de Jean-Pierre Chevènement, hier fidèle des fidèles, c’est le rejet pur et simple des orientations « austéritaires » du nouveau premier ministre Valls, particulièrement adulé par la droite. Trois députés MRC ont refusé de voter en faveur du pacte de solidarité Présidentiel !

Pour les Verts de madame Duflot, c’est une sortie spectaculaire du gouvernement et une volonté d’affirmer haut et fort le besoin d’une politique écologique conséquente avec en tête de pont, une réorientation sérieuse de la production énergétique hors du nucléaire. Cela fait des remous parmi ses députés et cela déplait aux tristes politiciens que sont devenus Cohn-Bendit et José Bové. Ce dernier se présentant dorénavant comme le meilleur défenseur des traités de l’Europe libérale.

Doit-on rajouter ici les soubresauts continuels dans les formations de la droite UMP-UDF. Les longues séances de « je t’aime moi non plus » entre les ténors héritiers du sarkosysme comme Copé et Fillion qui en disent plus que de longues explications…Des dissidences s’annoncent dans le soutien des listes U M P.

Il n’est que le Front National qui y trouve son compte et se présente comme le recourt… sur les décombres des crises qui se succèdent et s’approfondissent.

On pourrait penser en regard de cette situation de grande dépression, que cela va profiter à la gauche de la gauche. Penser qu’il y a là matière à se féliciter d’avoir vu juste en appelant au sursaut républicain et à la résistance face aux politiques austéritaires qui se suivent et s’alourdissent.

Eh bien contre toute attente, c’est le moment que choisissent « des communistes » pour se distinguer et faire peser le doute sur leurs réelles intentions de prendre en compte cette réalité : « Des communistes pour une refondation ambitieuse du Front de Gauche » titrait ces jours derniers le journal « l’Humanité » Etrange prise de position dans un moment de turbulences économiques politiques fortes, de mesures antisociales et antipopulaires conséquentes et alors que se déroule une campagne électorale européennes. Campagne ou le Front de Gauche présente des listes unitaires devant les électeurs après les trouble d’orientations de la municipale et les résultats désastreux des alliances avec le PS. Moment électoral pouvant permettre au FG de regagner des points !

Mais pourquoi une telle démarche maintenant ?

A la lecture des textes ainsi publiés sur deux pages, on ne peut s’empêcher de se dire que « décidemment dès que percent des éléments de clarifications et de capacité de lutte rassembleuse et ainsi de nouvelles capacités à éclairer le chemin d’une alternative possible, il en est qui se distinguent, s’inscrivant en faux des initiatives initiées par le Parti de Gauche pourtant partenaire à part entière, sans omettre de charger abondamment J.L Mélenchon de bien des maux. Le Front de Gauche perdrait de la crédibilité par son attitude, son volontarisme, ses critiques sur le gouvernement etc. etc. Lisant cela on croit rêver ! De telles jugements sur le seul candidat de gauche réelle (depuis le temps déjà si loin de G.Marchais) ayant rassemblé 4 millions de voix sur un programme renouvelé et sur son nom aux élections présidentielles : il faut le faire !

Comme si au moment de la fin du siècle dernier, les repositionnements du PCF n’avaient pas sombrés dans un marasme idéologique et politique, se satisfaisant de reconstituer une démarche d’union de la gauche – dite de gauche plurielle – qui au fond, se satisfaisait de participer à la mise en œuvre d’une politique restant au service des puissants de la finance et de l’industrie productiviste… Avec le tremblement de terre des présidentielles de 2002, puis de la baisse régulière de l’influence communiste aux élections suivantes, il fallut attendre le sursaut populaire du référendum pour la constitution libérale européenne et la victoire du NON pour comprendre, qu’une autre voie était possible : celle de la mise en marche d’un Front de Gauche dès 2008/2009 !

Qui alors parmi les communistes encartés ou non, ne s’est pas senti solidaire de l’état d’esprit de reconquête engagée. Qui n’a pas compris le grand intérêt d’un renouvellement possible, d’une alternative ambitieuse à la situation existante de disparition des valeurs d’une gauche véritablement ancré à gauche ? Marie-Georges Buffet, secrétaire du PCF et Jean-Luc Mélenchon rassemblant les forces de la gauche de combat, ouvraient alors un autre chemin. Franchement, que tout à ce propos, soit passé par-dessus bord est pitoyable !

Dans le court laps de temps qui nous sépare du moment que nous vivons, le cheminement du F de G a marqué l’espace politique français. Le formidable déroulement de la campagne présidentielle de 2012, le rôle incomparable et irremplaçable du candidat a surpris bien du monde, bien au-delà d’un score de retour à deux chiffres. Dans ce résultat, c’est l’impact du nouveau fondement de caractère politique transformateur qui a marqué tout le champ politique français et au- delà. Ce renouveau d’une gauche de combat a fait bondir d’inquiétude les ténors du libéralisme social ou autoritaire, du PS ou de l’UMP sans laisser sans réaction le FN et son caractère de recours pour tous ces gens de pouvoir.

Que convergent donc contre le Front de Gauche et son candidat, des attaques, des critiques, des coups montés médiatiques multiples et répétitifs, ne peut qu’étonner les naïfs ou tous ceux qui sous-estiment la teneur des enjeux posés par la crise du système…On sait comment les forces de l’argent s’y prennent pour mobiliser leurs soutiens afin de sauvegarder les dogmes du capitalisme financier ? S’il le fallait il suffirait de se repasser le film de la campagne du candidat Hollande !

Qu’un des principaux leaders de ce Front soit particulièrement visé par ses ex amis et par les tenants du régime libéral en émoi est de la nature même des choses de la bataille politique. Mais ce qui n’est pas acceptable, c’est quand apparaissent de l’intérieur du même camp des querelles politiciennes que certains appelleront « querelles de personnalité », d’autres de « querelles de leadership » comme actuellement révélées par le journal l’humanité.

Ainsi avancés les différents sont-ils acceptables ?

Ne faut-il pas plutôt voir là de réelles différences d’analyses et de perspectives présentes dès le moment du choix des candidats à la présidentielle. En effet dès ce moment, au PCF existait une opposition assez ferme ayant comme volonté de vouloir faire du PCF le maître du jeu et des orientations dans ce Front de Gauche allant livrer des batailles décisives. Il y avait déjà là, qui s’agitaient, nombre de signataires des textes récents du journal l’Humanité. Parmi eux, ceux qui ne souhaitaient pas la montée en charge de Jean-Luc Mélenchon et du PG considéré par eux comme, trop écologiste, trop anti-productiviste, trop anti-nucléaire et au bout du compte, trop radical dans l’analyse du capitalisme et du rôle dangereux de la sociale démocratie.

On a bien vu à la lumière de l’échéance électorale municipale que certains dirigeants du PCF parmi des élus en place, n’avaient pas abandonnée leur conception d’alliances prioritaires avec le PS. Parmi eux, les anciens soutiens de R. Hue pour l’union au sommet, ou les adeptes d’un positionnement autonome des groupes d’élus par rapport aux partis ou au Front, se sont affirmés !

Il ne peut échapper a personne que certain rêvent donc d’un retour en arrière pourtant impossible ! Le mouvement populaire social, associatif, éducatif, défenseur des droits humains, politique, n’attend pas cela, il est preneur de réaction positives, d’engagements de résistance de constructions alternatives de gauche…

Front de Gauche : Un outil politique à disposition du peuple !

II/ Différence d’analyse ou divergence stratégique ?

Le constat à faire semble-t-il, est donc plutôt celui de divergences dans le Front de Gauche, divergences portant sur une analyse politique adaptée aux mutations sociales et aux mutations des conditions de la production et des échanges. De là apparait une sous-estimation de l’urgence de la bifurcation écologique à faire en liaison avec les besoins de justice sociale et d’affirmation d’un intérêt général humain. La difficulté à appréhender le réel de notre société et du monde en mouvement, ne fait que retarder la capacité du Front de Gauche à capter l’attention des jeunes générations et à mobiliser large pour dénoncer les conceptions colonialistes des alliés du camp de l’OTAN et des faiseurs de guerres géopolitiques. Ce qui se passe en Ukraine est un exemple qui peut devenir tragique.

Pourtant, il existe une base solide d’accords pour une transformation de notre société, celle que contient le programme « l’Humain d’Abord ». Il est étrange de constater le peu d’engouement suscité à propos d’un besoin de confirmation de son contenu et d’une nécessité de complémentarité de projet transformateur au niveau des rapports économiques, productivistes ou non, financiers avec le rôle des banques nationales ou centrale européenne, de l’Euro fort ou de sa transformation, du fédéralisme européen et du projet de grand marché transatlantique qui en est l’assise …

Le concept d’éco-socialisme lancé par les amis de Jean-Luc Mélenchon –assez largement d’ailleurs dans de plus en plus de pays- fait partie de ce vaste mouvement utile de la réflexion théorique à propos de la marche en avant sociale d’ailleurs adopté lors du dernier congrès du Parti de la Gauche Européenne présidé par P Laurent. Ce concept a subi il y a quelques temps de la part de membres du PCF, dont le député A. Chassaignes, une critique que l’on peut appeler de « basses eaux » peu ou pas repris depuis… Que ces critiques aient lieu, pourquoi pas si elles veulent constituées du neuf mais qu’elles restent aussi pauvres est dommageable pour tout le monde…

Ne pas perdre le cap de la transformation sociale…

Il serait formidablement constructif dans le Front de Gauche que des apports multiples se rejoignent avec ceux de l’éco-socialisme. On pourrait comme cela est déjà apparu dans quelques textes, entendre parler d’un ECO-COMMUNISME, ou pour le dire tout autrement qu’avec la formule souvent employée de « communisme des nouvelles générations », voir se développer des options enrichissant « le projet ou la visée communiste » évoqués au PCF il y a trop longtemps !

Marqué par cette réalité de besoin de projection idéologique, un philosophe bien connu, Alain Badiou, a expliqué déjà à sa manière, le besoin de voir évoluer « l’hypothèse communiste ». Ainsi des réflexions sur les expériences développées dans cette démarche de transformation faite au nom du communisme au travers de notre histoire sociale. Ainsi de la critique et du bilan de la révolution française dans le cheminement de ses acquis démocratiques passant par la Commune de Paris et pénétrant jusqu’en Russie avec la révolution d’Octobre. Ainsi de l’interrogation née du développement de la Chine faite par le parti communiste chinois à la tête d’un pays émergeant qui bouleverse la donne de la mondialisation faisant vivre un capitalisme développant de plus en plus des conflits de classe ?

On a besoin de grands projets mobilisateurs autant au plan économique et social qu’au plan civilisationnel. Et le communisme en ce sens est considéré comme une idée neuve, pas seulement en Europe… et beaucoup de soutien du Front de Gauche considèrent que Jean-Luc Mélenchon et le PG ne s’inscrivent pas en faux de ces intuitions nées au siècle de Marx.

Des enrichissements de la pensée et de l’action communiste sont absolument nécessaires et on pourrait penser que ceux qui sont ainsi organisés s’en fassent une nécessité et un devoir permanent sans rien abandonner de la nécessité d’être présent sur le terrain des luttes sociales concrètes, luttes de résistances rassembleuses. Hélas, ce n’est pas ce que l’on voit avec cette opération de communication telle que développée dernièrement à partir de l’Humanité. A cette place, comme on aimerait trouver encore et toujours des textes sur un communisme renouvelé approfondi… Quelques choses qui relance les thèses ou analyses sur les notions de valeurs, de richesses et de coût de la production individuelle et sociale… qui reviennent sur le concept plutôt enterré de nos jours de la propriété comme vol social et sociétal, sur l’urgence des transformations institutionnelles, etc, etc..

Au moment où tant et tant de coups sont portés aux acquis du programme national de la résistance, avec ce qui en suivi de modèle social à la française, on aimerait trouver dans l’expression du parti qui se réclame du communisme, bien plus que des critiques acerbes à l’égard de l’état actuel du Front de Gauche et des épithètes utilisés à l’encontre de l’ancien candidat à la présidence de la république.

Toute invective telle que : « bobos , gauchiste, sectaire, bonapartiste, etc… » - hélas remise au goût de la défiance est à bannir si l’on veut travailler à faire gagner le rassemblement d’une réelle politique de gauche. Et dans cet esprit, concentrer la réflexion sur les formes d’organisation du Front – qu’il soit populaire ou du peuple – en revient à minimiser les besoins de perspectives concrètes intéressant le plus grand nombre de nos concitoyens.

Le débat nécessaire dans le Front de Gauche, sur adhésion directe ou non, sur fédéralisme d’organisation ou globalisation par fusion, ne peut être précipité ! Déjà existe des constats d’accords sur la démarche stratégique et l’organisation du Front signée par tous en Janvier 2013. S’y référer actuellement ne serait pas inutile.

En même temps, considérer que les aspects de stratégie électorale doivent pouvoir être redistribués en fonction des intérêts de chacun des partis ou des organisations formant le Front lui-même, autonome alors en soi, est plus que contradictoire avec le besoin d’une audience productive de sens commun ou de clarté politique du projet commun. Contrairement à ce que les mêmes signataires ont fait durant les élections municipales d’ailleurs sans succès, pratiquer l’autonomie de démarche politique par rapport au parti socialiste de Monsieur Hollande Ayrault Valls est un besoin absolu du même type que celui de l’exigence de la lutte de classe ou de reconnaissance de son camp politique !

Terminons donc ce double propos par cette question de l’autonomie à la manière de l’historien communiste Roger Martelli qui nous dit : « Le Front de Gauche est à la fois une réalité installée (qui a bien subi l’épreuve du feu à l’élection présidentielle « reine »), une grand espérance (un début de convergence dynamique après un long éparpillement meurtrier) et un objet hybride. Il s’est fait sa place, de façon autonome. L’autonomie a été sa force. A condition, bien sûr, de ne pas oublier que l’autonomie ne vaut rien, si elle tourne à la solitude. L’autonomie n’est pas une fin ; il n’en reste pas moins qu’elle est un moyen, une médiation incontournable. Le but est le rassemblement le plus large ; il passe par la conquête de l’hégémonie au sein de la gauche ; il suppose donc, de façon continûment visible, l’autonomie à l’égard du PS. »

Partageant cette appréciation tout à fait pertinente, il est possible d’en faire un bien commun de la bataille actuellement engagée pour les élections européennes.

Paul CRESPIN

Le 06/05/2014

PS : Une rencontre semble-t-il s’est tenue très récemment entre P.Laurent et J.L Mélenchon puisse-t-elle être annonciatrice d’un calme revenu et d’une réelle volonté de travailler ensemble !

Tag(s) : #Billet d'humeur

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