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Se sortir du désastre engagé : Résister
Se sortir du désastre engagé : Résister

Un large et puissant vent de colère a soufflé sur la campagne électorale des Européennes. La tourmente politique qui grondait déjà depuis des mois a pris une puissance d’autant plus vaste que la mise en œuvre du pacte de stabilité, ses 50 milliards et plus, pris dans la poche des contribuables, a fini d’alimenter un large sentiment populaire de refus et de rejet des politiques dont l’Europe du capital est la motrice…

Le large coup de semonce des municipales n’a pas suffi pour les dirigeants socialistes, convaincus du bienfondé des politiques d’austérité et de soutien au patronat. Ils n’entendent pas les insatisfactions qui montent de partout. Pas question de changer de cap, on continue, et dans cette attitude, les dirigeants de la droite en redemandent…L’abstention massive a trouvé là matière à s’exprimer comme une large condamnation en face d’un aussi grand mépris. Comment ne pas comprendre alors le désespoir qui s’empare de vastes franges de la société, comment ne pas voir que cela facilite les manœuvres des démagogues spécialisés dans l’attitude « anti tout » et le « tous pourris ». Comment ne pas craindre le dévoiement des colères vers des impasses dangereuses. Le FN est là, qui surfe sur cette situation de pourrissement politique et en fait son beurre électoral.

La phase actuelle du rapport de force politique trop souvent ramenée à gauche-droite (PS-UMP), est en pleine réorganisation de nature explosive : conflits et décomposition d’un côté et constitution d’une forme d’opposition droitière, autoritaire et nationaliste de l’autre…

Il nous faut regarder en face la réalité d’une situation politique issue des deux dernières années! La faillite de la politique gouvernementale et les incidences européennes sont là, encrées profondément et c’est évident durablement. Le rejet des partis politiques se succédant au pouvoir atteint des sommets inimaginables. C’est une sorte de voie royale qui s’ouvre pour les tenants des thèses extrémistes que porte le parti « bleu marine », repeint allègrement en ces temps agités en parti comme les autres, voir en démocrate et républicain sincère !

Avec ses 24,85 % des exprimés, on nous parle de nouvelle donne… On nous dit que la gauche avec un grand G est disqualifiée, mise hors-jeu ! Comme si la gauche pouvait être confondue avec ceux qui exercent le pouvoir et mettent en œuvre les mesures antisociales et autoritaires actuelles ! Comme si la gauche pouvait être celle de l’organisation des scandales, celle de l’arrivisme personnel, celle d’une caste se reproduisant sur elle-même au mépris des aspirations populaires. Comme si on pouvait encore croire que la politique de messieurs Hollande et Valls était une politique de gauche. Non ! Ne trichons pas, parlons vrai !

Dans les désastres politiques, judiciaires, moraux qui touchent les partis du haut de l’affiche, il ne faut se faire aucune illusion, ce n’est pas le FN, ce ne sont pas ses 24 députés qui changeront l’orientation néo-libérale de l’Europe actuelle. Et les spéculations verbeuses sur l’accession au pouvoir de la famille Le Pen dès 2017 dans notre pays ne servent qu’à entraîner l’opinion populaire vers de nouvelles illusions destructrices de mobilisation et de construction neuve pour la recherche d’une alternative solide et durable.

Cependant il ne faut pas, a l’inverse, passer par profits et pertes la formidable avancée de nos amis grecs de la formation Syriza pleine d’enseignements et d’encouragements à caractères stratégiques pour nos luttes à venir…De fait comme l’on fait les Grecs la Gauche authentique est à reconstruire en sachant dépasser la seule référence au mot gauche!

Certes, les listes Front de Gauche sont les seules à ne pas perdre sur 2009, certes, la tête de liste la plus emblématique, Jean-Luc Mélenchon, est la plus près, en pourcentage, du score de 2012. Mais cela ne peut suffire, ne peut être satisfaisant pour engager une dynamique capable de rassembler ceux qui se disent opposés aux orientations austéritaires, réaffirmées par le tandem Hollande-Valls.

Des hypothèses de travail sont avancées et en discussion dans les rangs du Front de Gauche et de ses composantes.

Déjà, évoquons ici à titre de soutien de la démarche d’union dans un front du peuple entreprise depuis un périple de quatre ans maintenant, des réflexions en formes d’interrogations :

  • L’option mise en avant par ses leaders de travailler à un rassemblement larges des forces anti-austéritaires des opposants aux politiques Valls, peut-elle prendre consistance, alors même que la campagne des municipales a offert par la participation communiste aux listes socialistes un quitus à ce parti et à son gouvernement. Il y a là, le besoin de clarté et celle-ci doit s’exprimer dans les rangs des forces de la transformation sociale alternative.

  • La capacité du Front de Gauche à rendre consistantes et compréhensibles les notions de refus de l’Europe actuelle, celle du capitalisme financiarisé, du besoin de la transformer, d’en revoir les fondements. Cette question n’est-elle pas restée en retrait de ce que peut suggérer le mot d’ordre direct et tout autant de caractère de désobéissance que le NON à cette Europe ? De même, le débat concernant l’abandon de l’Euro comme monnaie unique n’est-il pas à poursuivre et à faire aboutir… D’éminents économistes et sociologues ont, durant cette campagne, agi et expliqué l’inéluctable fin du système en œuvre actuellement.

  • L’attente de réponses sociales urgentes pour de très nombreuses familles dans la gêne et l’incertitude ne se retrouve pas comme il convient dans la démarche générale et le contenu du programme ‘’l’Humain d’abord’’. Il y a une simplification des points d’impact du projet du FG à faire correspondre aux attentes. C’est plus un changement immédiat qui est attendu qu’un changement global. Il y a là bien des efforts de pédagogie à renouveler !

Au moment de la crise de société que nous subissons, alors que la médiatisation est devenue un élément conjoncturel de la formation des convictions, le constat d’une confusion des genres, des sigles et des mots est évident. Il devient urgent pour le Front de Gauche de sortir de cette construction idéologique qui consiste de la part des leaders politiques dominants, à mettre tout le monde à gauche dans le même sac, de laisser croire que les lepénistes sont devenus des humanistes et des républicains acceptables…

Attention à ce piège, ne jouons pas avec le feu… beaucoup de personnes rencontrées depuis dimanche ne se rendent pas compte des dangers accumulés, des impasses qui se préparent dans la politique européenne.

Dans cette Europe aux mains des partisans de Mme Merkel, rien ne peut survenir de bon si le peuple ne s’en mêle. Il n’y aura que de nouveaux mauvais coups. Ainsi du futur traité dit du Grand Marché Atlantique qui s’organise sur le dos des peuples de notre vieux continent laissés pour compte des dictats commerciaux de la puissance supranationale américaine.

Paul CRESPIN

Montluçon, le 30/05/2014

Tag(s) : #Montluçon

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