Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Une conférence sociale qui accentue les clivages.
Une conférence sociale qui accentue les clivages.

C'était la conférence sociale de trop. Celle qui a mis en évidence un gouvernement à la botte du MEDEF, un MEDEF triomphant et l'impuissance des organisations syndicales réformistes. Car rien n'aura été épargné aux dirigeants de la CFDT, de la CFTC, de l'UNSA et de la CFE-CGC, pas même le reniement de l'engagement portant sur la reconnaissance de la pénibilité qui a été abandonnée en rase campagne par le Premier ministre avant même que ne se tienne cette grande messe de duperie sur-médiatisée.

Une des grandes idées qui fut évoquée lors des débats consistait à ouvrir l'apprentissage aux séniors. Voici à quoi en sont réduits les esprits féconds qui prétendent réduire le chômage par de tels expédients. C'est dire à quel niveau nous en sommes rendu.

Quatre organisations ont refusé de s'associer à cette vaste comédie. Solidaires qui a décliné l'invitation dès le départ, suivie de la CGT et de FO qui ont quitté la conférence directement après le discours d'introduction de François Hollande et enfin la FSU qui a claqué la porte au deuxième jour de cette farce médiatique.

Pourtant, le Premier ministre a déclaré dans son discours de clôture que cette conférence était un succès alors que tout démontre le contraire. Mais comment s'en étonner, puisque le scénario était écrit à l'avance pour donner l'impression que la formule du dialogue voulue par le gouvernement aboutirait forcément à un consensus entre toutes les parties.

Le résultat est pourtant tout autre. La fracture profonde entre les syndicats est définitivement consommée et les salariés savent maintenant que les solutions à leurs problèmes passent forcément par une mobilisation générale et unitaire de leurs luttes sans laquelle rien ne sera jamais possible.

Mais il faut dire que l'agrégation des luttes relève d'un alchimie improbable et imprévisible que nul ne peut prédire et encore moins organiser. Il faut surtout que les organisations syndicales qui se placent naturellement et résolument du côté des salariés qui luttent, favorisent les rapprochements entre les secteurs d'activités qui subissent les attaques conjuguées du gouvernement socialiste, du patronat et de la finance. C'est ainsi et seulement ainsi qu'elles tireront leur légitimité pour les représenter à l'avenir.

Philippe Soulié

Tag(s) : #Actualité sociale

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :