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la CGT porte plainte contre Environnement Recycling.

Le 28 mars 2013, l'Humanité publiait un dossier explosif sur Environnement Recycling (lire ICI). La CGT qui était à l'origine de ces révélations avait alerté les médias à propos des conditions de travail particulièrement dégradées et les risques qu'encouraient les salariés pour leur santé. Presque un an et demie plus tard la situation ne semble pas s'être beaucoup améliorée. C'est la raison pour laquelle l'Union départementale de la CGT Allier a décidé de déposer une plainte contre l'employeur et fait tout pour que le dossier ne soit pas refermé.

C'est à la suite de l'intervention de la CGT Allier que l'entreprise avait procédé à l'installation d'un extracteur de fumée. La vidéo ci-dessous que la CGT a envoyé aux médias montre que la fumée envahissait les lieux.

dégagement de fumée à à environnement Recycling avant l'installation d'un extracteur de fumée.

Le 5 juillet dernier, un incendie éclatait à l'extérieur des bâtiments d'environnement Recycling (lire LA). Cela pose donc aussi le problème du stockage es déchets à l'extérieur de l'usine directement contre le bâtiment comme le montre la photo prise par nos confrères d'RMB. Même si on a affaire à deux sujets différents, la direction doit tout de même répondre sur deux questions essentielles que sont les conditions de travail des salariés d'une part et la sécurité pour les salariés et les riverains d'autre part.

Le 5 juillet dernier un incendie éclatait à Environnement Recycling à l'extérieur des bâtiments. Les déchets étaient entreprosés contre la facade ( photo RMB)

Le 5 juillet dernier un incendie éclatait à Environnement Recycling à l'extérieur des bâtiments. Les déchets étaient entreprosés contre la facade ( photo RMB)

la CGT porte plainte contre Environnement Recycling.

L'Union départementale de la CGT tiendra une conférence presse vendredi 5 septembre à laquelle regardactu se rendra. Dans un communiqué qui a été transmis très largement à la presse, la CGT fait le point sur la situation. Des personnalités reconnues pour leur expertise dans le domaine seront présentes lors de cette rencontre avec les journalistes.

Communiqué de ppresse de l'Union Départementale de la CGT Allier :

Il y a 1 an ½ la CGT intervenait afin de faire connaitre les conditions de travail dans l’entreprise Environnement Recycling (entreprise de recyclage) ZAC de Maupertuis à Domérat dans l'Allier. Les médias locaux ainsi que certain médias nationaux (l’humanité voir article ci-joint, France Inter, France 3 ,Hesa Mag magazine de l’institut syndicale européen ainsi que la NVO et Ensemble journaux nationaux de la CGT ) ont traité le sujet

L'activité de cette entreprise est scindée en trois unités (EVE, RECYCLEA et Environnement Recycling) :

  • RECYCLEA (Entreprise Adaptée pour travailleurs handicapés) : gestion de fin de vie des matériels informatiques et électroniques -audit et effacement des données, recyclage de parc informatique et électronique, reconditionnement-
  • EVE -Entreprise d’insertion- (1) : manutention et destruction (cisaille) du petit électro-ménager.
  • ENVIRONNEMENT RECYCLING - Atelier ANDELA(2) - (Entreprise d'insertion) : Traitement des Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques (DEEE/D3E) dont les tubes cathodiques : Démantèlement / Broyage / Granulation.

Par les témoignages que nous avons recueillis, les images que nous avons pu visionner (voir vidéo ci-joint), nous ne pouvons que constater que le procédé utilisé dans l'atelier Andela a pour conséquence une diffusion massive de poussières.

Or, il s'avère après des analyses que nous avons faites faire, que les poussières qui sont respirées par les salariés contiennent un nombre important de métaux lourds (28 métaux lourds tels que le plomb, le baryum, l'antimoine etc. ont été isolés). Nous sommes donc en présence d'une poly exposition des salariés, qui n'est pas sans conséquence sur leur santé.

Par ailleurs plusieurs témoignages convergent sur le fait que de nombreux salariés sont victimes de saignements de nez, de toux d'irritation, de maux de tête, de crachat de sang, de fatigue anormale, tous les signes d'une intoxication à l'antimoine.

Les analyses du taux de plombémie que nous avons en notre possession sont préoccupantes. On peut observer que le taux en 6 mois de temps triple ! Le résultat des analyses que nous avons varie entre un taux de 260 mg et 400 mg ce qui nécessite une surveillance médicale importante. Qu’en est-il des salariés qui ont quitté l’entreprise ? Sont-ils suivis ? Ceux qui ont eu des taux supérieurs à 400 mg ont été écartés de l’atelier mais cela aurait dû entrainer un arrêt de la chaine et les employeurs auraient dû immédiatement engager des analyses précises avant toute reprise de l’activité.

S'ajoute à l'empoussièrement anormal tous les accidents liés à la manutention et au démantèlement : les appareils (comme les machines à laver) sont empilés sans palette (nous savons qu'un salarié a reçu une machine sur l'épaule), les frigos chargés dans les camions dégagent des vapeurs d'ammoniaque, éventration, coupures profondes lors de la manutention ou du démantèlement des écrans sont à rajouter à cette triste liste !

Nous savons également que les inspections des organismes de contrôle ou les visites officielles sont anticipées. Les machines sont arrêtées ou ralenties et les salariés doivent balayer les ateliers afin que l’empoussièrement n’apparaisse pas.

Les pouvoirs publics (agglomération, Conseil Général, Conseil Régional, Europe, Etat) ont financé des sommes considérables pour permettre l'implantation, ou pour contribuer au fonctionnement (aides aux contrats aidés) et à l'investissement de cette entreprise.

1 an ½ après notre intervention, et heureusement que nous sommes intervenus, la situation s’est certes légèrement améliorée, mais de façon bien insuffisante pour nous permettre de relâcher la pression sur les dirigeants de cette entreprise.

En effet, les derniers témoignages que nous avons récoltés, font état d’un empoussièrement encore important et cela malgré un système d’aspiration qui devait tout régler au dire des employeurs. Les nouveaux témoignages font état de taux de plombémie de près de 200 mg pour un salarié présent dans l’entreprise depuis seulement deux semaines, et d’un autre salarié ayant un taux de 450 mg.

De toute évidence, les salariés sont encore exposés de façon importante à ce cocktail détonant, et malheureusement, ni l’employeur, ni les élus politiques du bassin, ni les services de l’Etat n’ont pris la mesure de la situation, ou peut-être, pire, ne veulent rien faire !

Face au cynisme des employeurs l’inaction des pouvoirs publics, nous nous voyons donc une fois de plus obligés d’intervenir sur ce dossier.

Nous sommes en train de déposer des dossiers prud’hommes au titre du préjudice d’anxiété, mais nous pensons qu’il est indispensable d’aller plus loin, afin que les salariés de cette entreprise, mais plus largement l’ensemble des salariés de cette filière, cessent de risquer leur santé, voire leur vie en travaillant dans ces entreprises.

Nous avons donc décidés de déposé plainte au pénal à l’encontre de la SARL EVE.

Afin de faire le point sur ce dossier et de faire connaitre les raison qui nous ont conduis à cette démarche, nous avons décidés de tenir une conférence de presse le vendredi 5 septembre 2014, celle-ci se tiendra à l’Union Départementale CGT de l’Allier à 14 h , 18 Avenue Jules Ferry 03100 Montluçon.

Cela sera l'occasion d'expliquer, plus précisément la situation, mais aussi de pointer les responsabilités de tous les acteurs, dirigeants de l’entreprise, rôle des politiques et partenaires économique, services de l’état concerné sur ce dossier.

La CGT n’est pas seule sur ce dossier, puisque plusieurs associations sont à nos cotés dans ce dossier, l’association Henri Pézerat, l’association des Malades de la Chimie (AMC).

Participera à la Conférence de presse : Annie THEBAUD-MONY , directrice de recherche honoraire à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et présidente de l’association Henri Pézerat , Christian MICAUD président de l’AMC , Maitre Dominique MACHELON avocat conseil au TGI de Clermont Ferrand, Gérard Barrad médecin du travail en retraite, Elena BLOND secrétaire Général Union locale CGT de Montluçon, , Laurent Indrusiak secrétaire Général Union Départementale CGT de l’Allier.

Tag(s) : #Montluçon

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