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Élection départementale ?
Élection départementale ?

Les 22 et 29 Mars, c’est-à-dire dans moins de soixante jours, se dérouleront les élections départementales, ex élections cantonales ! Et si l’on sait qu’une réforme est passée par là quand à la restructuration formelle des cantons et des candidatures possibles, on ne sait que très peu de choses sur les questions de la gestion des affaires départementales, ses influences sur le mieux-vivre des habitants. On ne sait rien ou si peu sur les programmes des candidats mis en place par les groupes d’élus, on remarque par contre que surviennent des refus, des interrogations persistantes à faire acte de candidature !

Alors après avoir pris connaissance des derniers bulletins d’informations du Conseil Général, de ses groupes majoritaires, je suis de ceux qui peuvent dire que la compréhension des enjeux n’a pas beaucoup progressé. Et ce ne sont pas les déclarations faites au meeting départemental du PCF sur le sujet qui ont éclairé la lanterne des électeurs. Même le journal La Montagne, toujours bien informé se perd en hypothèses peu assurées et spécule à partir des résultats des scrutins passés !

D’abord à propos de la réforme : décidée en haut lieu, après qu’aient circulé des idées aussi folles que la disparition des assemblées départementales, le gouvernement en est revenu à son maintien dans des conditions plus qu’anti-démocratiques, permettant de satisfaire des intentions politiques peu convaincantes, telle que celles des économies dans les gestions publiques ou que celle d’une meilleure représentation démocratique !

Placés devant un fait accompli évident, certains groupes d’élus en Allier, ont d’abord osé quelques protestations de pure forme avant que toute récrimination cesse si ce n’est l’affirmation par sondage choisie que les habitants étaient plutôt favorables au maintien en l’état des choses… Dès lors vont être reconstruites de nouvelles bases cantonales où cohabiteront d’anciennes localités chef-lieu qui auront à se repositionner sur un territoire plus large.

Les situations nouvelles des secteurs des grandes agglomérations ne vont rien gagner à ce type de réformes par le haut, où les appréciations populaires ne se seront aucunement manifestées ! Dans ces secteurs mixtes d’habitat rural et urbain, les changements ressemblent plus à des services rendus aux formations du PS-MRG et de l’UMP-URB, qu’à autre chose.

Une mixité de candidature : Présenter des équipes de candidats à la mixité obligatoire, un homme une femme, plus des suppléants va bien évidemment renouveler une partie du personnel politique élu, mais ces renouvellements seront exclusivement des choix fait par les partis politiques et s’établiront exclusivement en interne… Plus même, les arrangements entre élus aux affaires vont se mettre en place au nom d’un réalisme électoral et de la règle de 12 % obtenus au premier tour (en regard des inscrits) pour se maintenir au second tour.

Sans que les choix stratégiques ne soient clairement affichés, on peut s’attendre à quelques positionnements à géométrie variable d’un canton à l’autre. On a connu cela au moment des municipales avec la volonté hégémonique du PS et les illusions de certains élus communistes mal récompensé : Domérat reste de ce point de vue à méditer…On sait par ailleurs (par le journal l’Humanité) que dans le Val de Marne, autre département à présidence communiste, les équipes de candidats annoncées le sont sous l’étiquette du Front de Gauche élargi aux écologistes et à des personnalités locales. Cela ne semble pas du goût des communistes bourbonnais, s’en remettant au parrainage de la présidence sortante !

Tout cela pour quoi faire, dans quels intérêts ? Comment dans la situation politique nationale et européenne actuelle avec ce qui est imposé aux collectivités locales vont s’élaborer les programmes à soumettre aux électeurs ? Les coupes sombres d’ordre financières grèvent déjà les budgets locaux, alors même que les difficultés sociales grandissent, à commencer par le chômage et le pouvoir d’achat! Et là, il ne faudra pas sur fond de libéralisme de marché, se présenter en prétendant être porteur d’un bilan à toute épreuve. C’est d’avenir qu’il faudra parler car c’est ce qu’attendent les gens qui vont être appelés à voter pour ces élections dite de proximité, mais de fait soumises aux influences nationales libérales.

Dans ce cadre comment présenter une clarté, une originalité d’orientation parlant à tous ceux qui aspirent à des changements qui s’inscrivent en faux des politiques impulsées par les élites qui se succèdent et s’arrangent entre elles… Défense des services sociaux, reconquêtes industrielles, politique sociale du logement, de l’enseignement dans les collèges, respect des droits à se soigner, à vivre correctement sa retraite, etc… tout cela est-il compatible avec la loi MACRON que s’apprêtent à soutenir et voter les élus socialistes et radicaux de gauche, mais que disent refuser ceux des communistes Front de Gauche et des Ecologistes !

Le respect des citoyens est une condition du soutien populaire ! Le désir établi par la majorité actuelle, d’une reconquête de la ruralité, pourra-t-il survivre aux tergiversations du gouvernement Valls. Se féliciter d’une écoute gouvernementale sur cette question ne peut s’arrêter à la mise en place de commissions ou d’ateliers où les ministres socialistes viennent faire passer leur bilan national de recul social. N’est-ce pas la triste réalité vécue lors de la venue de deux ministres socialistes, Najat Vallaud-Belkacem et Sylvie Pinel en septembre 2014 sur le département ?

Les candidats mis en avant avec l’acquiescement des partis vont-ils parler vrai et clair et en ce sens relier comme il se doit les préoccupations du local au global. Vont-ils dire leur manière de se positionner sur les questions fondamentales des politiques nationales et européennes qui encadrent le développement des politiques sociales aux différents échelons de notre société. Réorienter la politique à des fins humaines ne peut se suffire de compromis qui se rendent trop souvent à l’avantage des possédants qui laissent au bord de la route tant et tant de nos citoyens.

Rendre clair les enjeux suppose des choix hors la bataille électorale en est à ses prémices et l’opinion a du mal à situer les enjeux que certains s’ingénient à considérer comme locaux… et en ce sens, on va voir s’affirmer des stratégies électoralistes se situant assez loin des besoins de mieux disant social et de reconquête environnementale.

- Celle de la présidence sortante à composition de « gauche plurielle », qui entend affirmer un bilan de réalisation de bonne tenue… Bilan que vont se partager élus communistes et élus socialistes majoritaires. Pourront-ils évoquer les jours d’après, la réponse aux besoins de redressement social démocratique et écologique sans risque de se contredire en regard de la situation générale du pays ?

- Celle de la droite UMP-centriste regroupés dans une entente dite Union Républicaine qui a tant et tant validé les orientations sarkoziennes de remise en cause des acquis sociaux, de soumission à la finance, de despotisme de gestion et participé ainsi à la dégradation de notre situation départementale classée parmi les plus en délicatesse encore aujourd’hui.

- Celle du Front National qui ne cesse d’opposer les français entre eux et qui fait preuve d’une démagogie populiste enfermant notre pays dans des frontières sociales et xénophobes dangereuses. Surfer sur les ingérences renouvelées des représentants de l’UMP et du Parti Socialiste en matière d’économie, de finance, de chômage et de faillites des politiques européennes, ne suffira pas à créer une dynamique créative de renouveau départemental.

Affirmer donc ici que les élections départementales ne seront pas une parenthèse dans le contexte politique du moment est nécessaire : rien ne peut plus être considéré dans notre démocratie à refonder sur les valeurs de la République Française issue « des lumières » et de la révolution, comme un combat à part. Dans la même année 2015 se tiendront en regard des restructurations du territoire, deux élections qui se renforceront l’une l’autre, d’abord la Départementale puis la Régionale en cours d’année.

En regard de cela, c’est de la capacité à répondre aux préoccupations des français que dépendront ou non les avancées d’un intérêt général bien compris.

Paul CRESPIN

Montluçon, le 28/01/2015

Tag(s) : #Le département

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