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Fermes sur nos valeurs, mais dans le respect de nos différences
Fermes sur nos valeurs, mais dans le respect de nos différences

Regard-Actu donne régulièrement la parole à des militants engagés et acteurs du mouvement social ou bien à des personnes "qualifiées" qui peuvent apporter un éclairage et une expertise sur tel ou tel domaine sans que cela soit considéré comme étant la vérité révélée. Ces interventions sont presque toujours liées à l'actualité du moment. Par exemple dans la période actuelle, les élections départementales qui se profilent, donnent lieu à des échanges parfois vifs mais nécessaires pour avancer dans le bon sens. Regard-Actu est un lieu d'information différent, car ce sont souvent ceux qui vivent l'actualité qui en rendent compte par la suite. C'est un lieu aussi où les militants issus de sensibilités différentes, échangent et confrontent leurs arguments.

Certains pensent qu'on ne devrait pas étaler ainsi nos différences, voire nos désaccords. D'autres, dont je suis, pensent au contraire que c'est le passage obligé pour trouver une voie consensuelle et partagée par tous. En tout cas, moi, je veux y croire, car nous n'avons pas d'autres choix que de nous entendre, puisque nous partageons sur le fond les mêmes valeurs communes d'égalité et de progrès social. N'ayons donc pas peur des débats, puisque c'est notre marque de fabrique et que c'est ainsi que nous pouvons faire barrage à l'obscurantisme alimenté par la haine distillée par le FN et combattre le libéralisme qui est la négation de tout progrès social.

S'il devait y avoir un symbole capable de rassembler toutes les sensibilités de cette gauche, dite "radicale", ce serait la Commune avec un grand "C". Durant cette brève période d'immense progrès social, des militants de toutes sensibilités participèrent à cette aventure. Des communistes, des communalistes, des anarchistes, des socialistes, des jacobins, des Francs maçons se côtoyèrent et collaborèrent (non sans s'affronter parfois vivement) pour voter des lois, qui toutes contribuèrent à briser les chaînes d'une exploitation inhumaine.

Aujourd'hui encore, tous se réclament de la commune. Il nous faut donc penser cette période comme un instant "magique" au cours duquel les révolutionnaires et les progressistes, poussés par le peuple de Paris, durent dépasser leurs différents et travailler ensemble pour modifier concrètement les conditions de vie des électeurs qui leur avaient confié des mandats impératifs.

Parfois, quand je lis les commentaires que je mets en ligne, j'ai peur des dégâts qu'ils peuvent produire par la suite et du fossé que cela peut creuser entre nous et je me demande : "Si les conditions d'une nouvelle commune étaient créées, saurions-nous en capacité de dépasser nos divergences, comme l'ont fait les communards de 1871, pour faire voter les lois de progrès social, ou bien passerions-nous notre temps à nous foutre sur la gueule ?"

Cette question peut paraitre incongrue. D'abord parce que les conditions, de toute évidence, ne semblent pas réunies pour que cette gauche accède aux responsabilités. Ensuite parce que le libéralisme a triomphé dans la majorité des pays industrialisés et surtout financiarisés. Le pouvoir de la finance a tout verrouillé et on ne voit pas comment redonner du sens au mot "démocratie".

Raison de plus pour resserrer les rangs et ne pas hésiter à débattre sans pour autant se jeter des anathèmes. Par exemple le débat autour des élections départementales est essentiel. Il faut impérativement prendre en compte le souhait qu'expriment certains qui consiste combattre toute confusion entre le PS et la gauche radicale. Mais cela ne signifie pas que ceux qui se réclament de "la majorité départementale" aient trahi ou soient passé dans le camp des réformistes. C'est pourquoi je dis à mes camarades du Front de Gauche et du PC du troisième canton que c'est une erreur de se revendiquer de la majorité départementale alors que cette même majorité départementale soutient la liste PS sur le quatrième canton face à une liste Front de gauche.

Disant cela, nous n'affirmons rien de moins que le besoin de clarification vis-à-vis de celles et ceux qui de toute façon ne veulent plus voter pour une liste dans laquelle figureraient des socialistes, (y compris au second tour), après avoir enduré les plus forts reculs sociaux depuis la mise en place du programme du Conseil national de la résistance, même si par ailleurs en local, certains élus socialistes n'ont pas démérité dans l'accomplissement de leur mandat. je pense notamment à Bernard Pozzoli qui contrairement à d'autres a été un élu de terrain apprécié.

Nous voyons bien aussi que nous sommes pris dans des contradictions que nous n'avons pas voulues. C'est la confusion dont certains élus socialistes sont à l'origine qui rejaillit sur nous. Parfois proches des citoyens en local, ils n'en approuvent pas moins par leur silence assourdissant, la politique de régression sociale au niveau national. Et s'ils étaient réélus, le pouvoir socialiste n'hésiterait pas utiliser leur succès pour affirmer que les électeurs plébiscitent la politique d'austérité imposée par le gouvernement. Et de cela, il n'en est évidemment pas question !

Tous ces débats transpirent dans les commentaires publiés ces derniers temps sur Regard-Actu. C'est sûr que nul part ailleurs dans la presse locale, il n'existe de lieux de confrontation des idées équivalents, sauf peut-être sur les réseaux sociaux. Nous n'avons pas à en rougir, pourvu que nous soyons capables ensuite de nous retrouver dans les luttes et les actions de résistance pour construire ensemble d'autres alternatives à la pensée libérale dominante, au communautarisme qui en est le corolaire et au final au fascisme qui s'impose comme une suite logique du rejet et du mépris des autres.

Philippe Soulié, Montluçon le 26 février 2015

Tag(s) : #Billet d'humeur

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