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Démonstration de force de la CGT devant la communauté d'agglomération

C'est une véritable démonstration de force à laquelle la CGT s'est livrée ce mardi 17 mars devant la communauté d'agglomération, rue des Conches à Montluçon.

Ils étaient probablement plus de 200 agents à s'être rassemblé devant la cité administrative pour protester principalement contre les méthodes de management très contestables du Directeur général des services (voir à ce propos l'article de regard actu du 13 mars (c'est ICI).

Pourtant, le Maire de Montluçon n'a prévu de recevoir une délégation du syndicat que le 14 avril et pas avant. Est-ce en raison d'un calendrier trop chargé ou bien d'une mauvaise volonté de sa part ? Le dessus, les avis sont partagés. Pourtant, la situation se dégrade d'une manière très visible et plusieurs agents ont confié leur malaise durant ce rassemblement.

Les agents n'ont pas apprécié non plus le message de Jean-Pierre Moncilovic sur sa page Facebook. À la lecture de celui-ci, les manifestants ont sifflé et hué l'élu, car beaucoup se sont sentis humiliés par cette provocation.

Démonstration de force de la CGT devant la communauté d'agglomération

C'est dans une ambiance quelque peu tendue que le secrétaire de la CGT communaux a lu une déclaration pour exprimer le ras-le-bol des agents

Démonstration de force de la CGT devant la communauté d'agglomération

Déclaration de la CGT Communaux le 17 mars devant la cité administrative :

Comme nous l’avions fait en 2013, nous sommes une nouvelle fois contraints de cesser le travail aujourd’hui pour exprimer nos inquiétudes et notre raz le bol et pour dire « stop aux pressions et faire respecter notre dignité au travail ».

Nos inquiétudes et notre colère, nous les avons exprimées lors de l’Assemblée Générale du personnel le 03 mars 2015 et ensemble nous avons décidé qu’il était temps de mettre un coup d’arrêt à l’escalade et d’appeler à ce mouvement de grève.

Par ce que nous refusons la diminution de notre pouvoir d’achat qui rend notre quotidien de plus en plus compliqué :

  • blocage du point d'indice depuis 5 ans ;
  • augmentation des cotisations sociales ;
  • situation économique qui se dégrade avec une aggravation du chômage qui touche nos enfants, voire nos conjoints.

Et comme si cela n’était pas assez difficile à vivre, le Maire de Montluçon, Président de la Communauté d’Agglomération a décidé que le personnel serait la variable d’ajustement pour répondre aux baisses de dotations de l’Etat.

Il déclare sans sourciller que je cite « le blocage du point d’indice est une bonne nouvelle qui permet de réduire le budget du personnel », ces propos ont d’ailleurs été repris dans la presse, vous pouvez facilement le vérifier.

Réduire les budgets de personnel à tout prix quelles qu’en soient les conséquences pour les agents, c’est l’unique logique. Cela se traduit par :

  • la mutualisation de services au pas de charge et sans concertation,

  • des avancements de grades et d’échelons qui sont aujourd’hui le seul moyen de voire améliorer notre salaire, réduits au minimum.

La politique du personnel dans nos collectivités est régie par un système à deux vitesses avec des fonctionnaires sous statut qui voient leur salaire stagner et des agents contractuels pour lesquels tout est possible, soit la précarité à outrance et les fin de contrats pour des collègues qui travaillaient dans nos services depuis de longues années, soit les largesses pour ceux qui sont les mieux considérés.

Cette politique a aussi des conséquences pour les usagers, puisqu’on réduit le Service Public : fermeture des Points d'accueil des quartiers, regroupement et fermeture d'écoles et de foyers de Personnes âgées (singulièrement dans les quartiers les plus en difficultés).

En parallèle, on voit dans la dernière période un retour en force et une accentuation des méthodes autoritaires dans la gestion du personnel entrainant des conditions de travail délétères et le non respect des agents.

Ce sont ces méthodes que nous avions déjà dénoncées en début d'année 2013 auxquelles nous sommes aujourd'hui de nouveau confrontés.

Rien n’a changé, les acteurs sont les mêmes.

Les mesures d'intimidation se multiplient :

  • Menaces de sanctions envers des collègues sous prétexte de « bavardages » dans le hall de la Cité, alors qu'elles se saluaient à la veille d'un week-end de vacances.
  • Provocation de la part d'un chef de service qui dérobe la caisse à outils d'un agent, dans un véhicule à proximité d'un chantier, afin de motiver une sanction pour non respect des procédures de sécurité.
  • Reproches et menaces à l'encontre d'agents qui apportaient leur aide à des citoyens sur la voie publique.....
  • Remise en cause voire refus des renouvellements de temps partiel qui n'ont jamais posé de problème majeur jusqu'à aujourd'hui.

Ces faits s'accompagnent d'une généralisation de pressions au quotidien visant à détériorer la vie dans la collectivité et les rapports entre les collègues.

Nous avons depuis notre appel à la grève pour aujourd’hui vécu des pressions sur les agents qui voulaient se déclarer grévistes, notamment dans les écoles.

Par ailleurs, nos collègues accidentés en Inde se voient aujourd'hui refuser la prise en charge des heures nécessaires aux expertises et examens médicaux. Pourtant, Monsieur DUGLERY s'était fait l'écho dans la presse de son soutien sans faille aux victimes.

Aujourd’hui, nous disons STOP, ca suffit !!

Nous sommes des adultes responsables et nous refusons d’être sermonnés comme des enfants dans une cours d’école.

Nous demandons le respect qui nous est du. Il s’agit aujourd’hui de défendre notre dignité.

Il nous faut agir et à discuter avec nos collègues qui ne sont pas là aujourd’hui, soit parce qu’ils n’ont pas perçu l’urgence, soit parce qu’ils ont tout simplement peur.

Nous devons dire haut et fort que nous ne nous laisserons pas faire car plus on courbera l’échine plus grandes seront les chances de prendre des coups. Plus que jamais, il nous faut être solidaires et ne pas prêter main forte aux tentatives de division du personnel.

Nous attendons du Maire/Président qu'il mette un coup d'arrêt à ces pratiques autoritaires dignes d'un autre temps, qui ne correspondent ni aux aspirations des agents, ni à leur conception du service public et des rapports humains au travail.

Nous lui avons demandé un rendez vous en urgence dès le 3 mars au soir. C’était un souhait des collègues lors de l’Assemblée Générale.

Le moins que l’on puisse dire c’est que nous n’avons pas la même définition de l’urgence puisque nous aurons rendez vous le 14 avril, soit un mois et demi après notre demande.

D’ici là, nous ne baisserons pas la garde. Nous vous invitons à rester mobilisés et à nous faire connaître toute pression ou intimidation dont vous aurez connaissance, mais aussi individuellement à refuser le mépris.

Nous vous informerons du contenu de l’entretien avec le Maire et s’il le faut, nous serons amenés à nous mobiliser ensemble pour faire respecter nos droits et notre dignité et obtenir des relations de travail normales et sereines.

La prise de parole de la CGT communaux

Démonstration de force de la CGT devant la communauté d'agglomération

C'est ensuite en délégation de masse qu'ils se sont rendu dans la salle des commissions pour être reçus par Bernadette Vergne, première adjointe au Maire en charge entre autres des ressources humaines. Après avoir écouté les uns et les autres l'élue a promis de faire remonter les demandes auprès du Maire, mais sans pour autant proposer de sortie de crise.

La CGT ne devrait pas en rester là, car certains agents se disent à cran. Le Directeur général des services aura-t-il compris le message ? Rien n'est moins sûr, surtout si ce mode de management poursuit un but précis. Mais dans ce cas, lequel ? On ose imaginer que ce qu'à dit Jean-Pierre Moncilovic sur sa page Facebook puisse se traduire dans les faits par des incitations à des départs volontaires, puisque selon lui, le travail continuerait à se faire. Mais on se demande bien comment !

Tag(s) : #Montluçon

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