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La Maire de Montluçon refuse d'entendre la rue
La Maire de Montluçon refuse d'entendre la rue

Plusieurs organisations syndicales et des parents d'élèves de Bien-Assis s'étaient associés pour lancer un appel à manifester hier devant la Mairie, pendant le Conseil municipal sans le but de faire entendre leur voix et sauver leur école maternelle Maurice carême. Mais leur appel n'a pas été entendu par les habitants de Bien-Assis, pas plus d'ailleurs que par les enseignants d'une manière générale.

Seule une poignée de parents irréductibles et de militants convaincus se sont rassemblés pour protester. Tout au plus une cinquantaine de personnes, parfois accompagnées de leurs enfants, tenaient à exprimer leur colère et parfois même leur désespoir de voir leur quartier se vider de tous les services publics de proximité.

Dans l'article précédent consacré à l'appel à la grève du 17 mars prochains, les agents de la communauté de communes dénoncent les nombreuses fermetures d'annexes qui seront bientôt effectives. Pratiquement toutes concernent les quartiers défavorisés (lire ICI).

A Bien-Assis, cela prend des proportions considérables. Plus de bureau de Poste, plus d'annexe de Mairie, plus d'annexe de bureau de police, plus de point d'accueil pour les personnes âgées à quoi il faut rajouter la fermeture de nombreux commerces de proximité. Et voilà qu'on annonce aux habitants qu'en plus, on leur ferme une école maternelle de quartier au prétexte qu'elle reviendrait trop cher en entretien et en chauffage. On peut comprendre le désarroi que cela peut susciter chez certains.

Sur les marches de la Mairie, les habitants de Bien-Assis ont disposé des pancartes sur les marches pour interpeller les élus qui passent par là pour se rendre au Conseil municipal

Sur les marches de la Mairie, les habitants de Bien-Assis ont disposé des pancartes sur les marches pour interpeller les élus qui passent par là pour se rendre au Conseil municipal

Le rassemblement devant la Mairie n'a pourtant pas empêché le Conseil municipal de se réunir. Pour parvenir à l'étage où ce dernier se tient d'habitude, il faut montrer patte blanche aux policiers qui montent la garde dans l'entrée tels des cerbères. Placés en arc de cercle, ceux-ci interdisent toute intrusion collective.

Dans la salle du Conseil, les esprits s'échauffent. Le Maire comme à son habitude répond avec véhémence au seul conseiller municipal qui lui tient tête. Nicolas Brien du groupe PS tente avec calme d'argumenter autour de 4 points qui a ses yeux devraient inciter le Maire à réviser sa position :

  • On ne ferme pas une école dont les résultats sont très satisfaisants
  • Cette fermeture ne permettra pas de réaliser des économies, car dans le même temps il faudra effectuer des investissements pour accueillir de nouveaux enfants à Desnos Aymé;
  • L'implantation d'un nouveau lotissement pavillonnaire devrait amener de nouveaux enfants dans la zone concernée par la fermeture.
  • Puisque le projet de rapprochement entre les écoles Jean Rostand et Henry Vallon semble remisé dans les cartons, pourquoi s'écharner sur la fermeture de Maurice Carême ?

Daniel Dugléry n'entend pas qu'on le mette ainsi en cause et il se défend. La rénovation de ces quartiers, c'est lui qui les a mis en chantier, alors il n'accepte pas qu'on lui fasse le procès de vouloir les abandonner. Et puis, le Maire n'aime pas être contredit et il hausse le ton comme il le fait à chaque fois qu'il veut mettre fin à une polémique et passe à l'examen de l'ordre du jour, car dit-il "il y du boulot". Aucun autre conseiller municipal n'osera réagir, pas même ceux du Front de gauche qui pourtant sont présents sur le terrain aux côtés des habitants. Incompréhensible !

Le Maire de Montluçon reste ferme et ne cède rien sur Maurice Carême

Le Maire de Montluçon reste ferme et ne cède rien sur Maurice Carême

Dehors, ce sont les femmes de Bien-Assis "qui tiennent le crachoir". Elles se relaient au micro pour expliquer pourquoi elles luttent contre la mort de leur cité. On les sent déterminées. Mais que faire en l'absence de mobilisation réelle ? Elles le savent, mais elles au moins ont tenté de créer les conditions de cette mobilisation et elles n'ont rien à se reprocher.

L'une d'elles va même lancer un cri d'alarme pour tenter d'alerter les élus sur les risques et les conséquences de cette politique qui consiste à laisser des quartiers entiers à l'abandon et les populations déshéritées livrées à elles-mêmes. Pour la première fois depuis longtemps cette mère de famille a vu réapparaître des inscriptions sur les murs. L'une d'entre elles disait "nique la police ", et cela l'inquiète beaucoup sur les risques de radicalisation de la jeunesse qui se sent abandonnée, méprisée et au final reléguée dans des zones de non-droit.

Cela nous rappelle une vérité éternelle. La nature a horreur du vide. Quand la république abandonne ses enfants, l'obscurantisme y prend racine et le pire peut en sortir comme on l'a vu tout dernièrement encore.

La vérité aussi, c'est qu'il ne sert à rien de faire la rénovation urbaine, si derrière on détruit toutes les structures qui organisent le lien social et permettent le vivre ensemble. Or le maintient de l'école maternelle Maurice Carême répond à un besoin réel exprimé par les habitants. On peut ignorer leur avis, mais on n'évitera pas l'avenir peu glorieux que cela nous réserve.

Ce sont les femmes qui se succèdent au micro pour interpeller les élus

Ce sont les femmes qui se succèdent au micro pour interpeller les élus

Certaine photos sont de Didier Ciancia : © Didier Ciancia, tous droits réservés.

La Maire de Montluçon refuse d'entendre la rue
La Maire de Montluçon refuse d'entendre la rue

Le Mépris . Par Nanou Ferrier :

En Démocratie , il est banal, usuel de demander aux Citoyen(ne)s de s'engager afin de faire vivre ce pouvoir du Peuple qui, depuis un bail, a été kidnappé et instrumentalisé ....au nom du peuple souverain et de la démocratie .

Hier soir siégeait un Conseil Municipal . Ce Conseil Municipal qui a décidé que pour faire économie suite aux baisses de dotations décidées par le Gouvernement, qu'il fermerait une école de quartier populaire (entre autres puisque toutes les économies seront supportées par les plus fragiles et précaires) .

Dans ce quartier , Bien Assis, des parents se sont mobilisés pour défendre leur école, l'Ecole Maurice Carême . Magnifique cet élan citoyen, cette volonté de vouloir préserver, l'ECOLE ! La compréhension du fait que l'Ecole est fondamentale pour leurs enfants . Exemplaire de conscience et de courage, dans cette société où tout se défait si paisiblement .
Et ils ont tenu, manifesté, expliqué, rassemblé autour de "Maurice Carême" leur école !
Hier, ils étaient rassemblés devant la mairie pour porter plus loin et haut leurs revendications, pour dire l'insupportable, pour défendre l'ECOLE, expliquer leurs conditions de vie, de logement, de misère . Pour crier : "NON ! çà suffit!"

La police sur place avant même les parents n'empêcha pas une délégation de monter dans la salle du conseil et de dire ce qui était à dire, dire leur désarroi .
Accueillie avec mépris , cette délégation a senti plus encore qu'ils n'existaient pas . Ils sont trop pauvres pour exister . Et encore j'euphémise .

Quant à moi, j'ai été choquée par la morgue et le mépris du Maire tant vis-à-vis de ces parents mobilisés que de son opposition qu'il a rapidement et dictatorialement fait taire . Rien que çà interroge sur la possibilité d'opposition qu'il nous reste . Elle ne peut plus guère s'acter dans des conseils où tout est joué d'avance et où finalement tout combat apparaît comme un jeu, une semblance obligatoire pour faire illusion démocratique .

Choquée aussi par cette impossibilité à nous fédérer pour SOUTENIR ceux que dans les propos nous défendons , seulement dans les propos. Absence et indifférence citoyennes aux combats de cette "France d'en bas" qui souffre toujours un peu plus , qui crève toujours un peu plus . Ecoeurant . Bravo la Démocratie .

Nanou Ferrier;

"Le fascisme, c’est le mépris. Inversement, toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme."
Albert Camus - 1913-1960 - L'Homme Révolté - 1951

Tag(s) : #Montluçon

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