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Départementales, d’un tour à l’autre…

Le soir même du deuxième tour des départementales, Regard-Actu publiait les résultats sur le site, grâce au remarquable travail de nos confrères d'RMB, qui tôt dans la soirée publiaient sur leur page facebook les résultats au fur et à mesure que ceci tombaient. Des résultats bruts de décoffrage, certes, mais qui permettaient déjà de se faire une idée grossière de la situation sur les cantons qui entourent notre ville.

Mais déjà, j'annonçais le soir du résultat du second tour de ces élections, qu'une analyse plus fine portant sur l'ensemble du département serait mise en ligne dans les jours suivants. Nous sommes aujourd'hui en mesure de le faire grâce au concours de Paul Crespin qui nous fait l'honneur et l'amitié d'intervenir de temps à autre dans les colonnes de Regard-Actu. Une analyse très complète qui ne manquera pas, j'en suis certain, de susciter bien des commentaires (ce qui est un peu la vocation de ce site).

À propos de commentaires d'ailleurs, nous rencontrons quelques problèmes avec l'hébergeur de Regard-Actu. Certains internautes n'arrivent pas à déposer leurs commentaires et nous le font savoir. L'hébergeur a été informé et nous espérons que ce problème sera bientôt résolu. Alors en cas de problème, n'hésitez pas à revenir de temps en temps pour réessayer. Toutes nos excuses et merci pour votre patience.

Philippe Soulié.

Départementales, d’un tour à l’autre…
Départementales, d’un tour à l’autre…

Monsieur Valls, 1er Ministre de Monsieur Hollande, n’a de cesse de répéter depuis l’annonce de la déroute nationale du PS pour les Départementales, que le problème n’est pas chez les siens, pas sur le rejet de sa politique par les français, mais que c’est la désunion à gauche qui en est la cause ! « C’est pas moi, c’est les autres », quel cynisme !

Cet homme et ses amis au gouvernement, prennent le parti pris du libéralisme à tout va, recommandé et encadré par la commission européenne et la banque centrale aux ordres de la « grande gouvernante » la chancelière allemande, Madame Merckel.

Mesures antisociales tous azimuts, soutien aux actionnaires des grandes entreprises, réductions drastiques des moyens aux politiques publiques, etc… Les oligarques font la loi et s’acharnent à détruire tous les acquis sociaux gagnés par les générations issues de l’après-guerre. Tout ce beau monde refuse d’entendre le pays qui gronde et qui d’élections en élections rejette les politiques d’austérité mises en œuvre dans toute l’Europe.

Que cela fasse plaisir ou non, le doute n’existe plus, élections nationales avec les sénatoriales perdues, élections européennes, élections départementales après les municipales perdues également, les mêmes causes produisent les mêmes effets : la voie suivie par les alliances mortifères des Merkel-Hollande, Dragui ou autre Jaroy et Renzi, à l’œuvre dans les pays voisins, ne convient pas aux aspirations des peuples, les lois du marché libre et non faussé, la soumission à la finance internationale doit être stoppée ! Les effets désastreux à tous les strates de la société touchent toutes les collectivités locales et les réformes territoriales en cours en rajoutent encore !

Soyons donc clair sur les propos du premier ministre évoquant la désunion à gauche comme directement responsable de l’échec enregistré ces deux dimanches derniers. Car enfin, c’est bien ce même homme 1er ministre qui refuse d’entendre les suggestions du Front de Gauche et des députés frondeurs socialistes à l’assemblée nationale ou au sénat ! C’est bien lui qui a évincé du gouvernement les ministres qui s’inquiétaient (pourtant timidement) de la dérive des politiques économiques et financières de Montebourg à Filipetti, de Hamon à Dufflot, et pourquoi, pour accueillir le « superman banquier MACRON et impulser alors une nouvelle étape de transfert des richesses du travail vers la finance avide de profits… Et tant pis pour les difficultés sociales qui s’étalent en grand dans nos régions et nos départements…Comme acteur de désunion on ne peut faire mieux !

Il ne sert à rien de crier « au feu » quand le fautif est un pyromane qui agit au grand jour ! D’autant plus que le même en pleine campagne des élections départementales décide de privilégier l’argumentation de la peur, évoquant la montée dans les sondages de Madame Le Pen, déjà présentée comme accédant au pouvoir présidentiel. Procéder ainsi, c’était évidemment tenter de faire oublier aux électeurs qui souffrent de la politique antisociale appliquée avec dureté, sa propre responsabilité et celle de son gouvernement. Mais c’était aussi déjà vouloir ranger à ses bottes l’ensemble de ceux qui désapprouvent sa politique actuelle. Et cette tactique n’a que peu convaincu les citoyens à aller voter et que peu empêcher le FN de s’implanter et de gagner des sièges de conseillers départementaux avec tous les risques ultérieurs pour notre démocratie que cela représente !

Les résultats sont terribles pour les hommes au pouvoir avec la Corrèze, chère à Monsieur Hollande, perdue, de même l’Essonne, le fief de Monsieur Valls, les Deux-Sèvres ‘’attaché ‘’ disent les médias à propos de Madame Royal, tout comme la Seine-Maritime à Monsieur Fabius et combien d’autres, de l’Isère au Bouches-du-Rhône et au Nord…

Ces mêmes ‘’braves gens’’ évoquaient le caractère de proximité de cette élection, sachant que les interventions à caractère social étaient utiles au service des familles, des jeunes, du 3ème âge, pour l’entretien des routes, des collèges et pour l’aide au développement économique… Mais quand les redistributions de l’état passent par des baisses de dotations financières et conduisent à des hausses des impôts locaux, alors les difficultés perdurent malgré les efforts des élus. Les bilans locaux comptent et les ayants-droits des aides les apprécient, mais sans inverser les courbes des désaveux et du ras le bol qui dans le contexte national existant, faisaient’’ le beurre’’ de la droite revancharde et du FN démagogue.

Cette situation a joué en Allier comme partout et les redécoupages imposés par le gouvernement n’ont en rien facilité la compréhension des enjeux et des positions entre autre du FG/PCF obtenus antérieurement. Il n’est que de voir le tripatouillage du nouveau canton d’Huriel ou de Gannat pour s’en convaincre… Mais à cela, s’ajoute la mise en œuvre d’une stratégie électorale assez paradoxale pour le département et surtout pour les élus de la gauche en place. Car dans un tel contexte national de rejet des politiques socialistes, gommer cet élément sensible de rejet du PS, parmi le corps électoral plutôt issu d'une gauche de résistance sociale et de luttes politiques installées de longue date, était prendre de gros risques.

Dans ces circonstances de majorité similaire pour la gauche avec un président communiste en Allier (03) et dans le Val de Marne(94), deux démarches différentes ont donné des résultats différents. La constitution de binômes FG/PC/PG et de Verts sur le Val de Marne, a positionné ces binômes en capacité d’union gagnante au second tour. Le (94) reste à gauche avec un président communiste. L’entente de premier tour en Allier entre PS et PC faisant disparaitre les appartenances au profit d’un parrainage de la majorité sortante et cela dans les ¾ des cantons, n’a pas permis de gagner le nombre de cantons nécessaires pour que la majorité soit gardée.

Certes, la différence des 48 voix au second tour se joue à très peu sur le canton de Bourbon, pourtant de tradition de gauche établie. Mais à l’inverse, le gain de Montluçon-Désertines que peu de monde envisageait, qui a permis à chaque formation de se compter au 1er tour a été payant au second.

Les redécoupages défavorables aux sortants FG/PCF à Gannat-Bellenave ou à Cusset qui plus est après la perte de la municipalité, ne pouvait être surpassé par un accord unitaire en soi dans le contexte que l’on sait.

En secteur Montluçonnais oû la stratégie d’autonomie vis-à-vis du PS a été mise en place, les résultats sont plus qu’encourageants. Gagnants pour Montluçon 2 (Désertines) et en large progression pour Commentry et Montluçon 3, où les binômes FG/PCF élargis, reçoivent la récompense escomptée et progressent à la fois sur les scores des européennes et des municipales à Commentry, par exemple c’est net ! Sans entrer dans les détails, notons que la physionomie électorale sur les six cantons du Haut Cher où toutes les formations avaient des binômes équilibrés,se présente comme suit :

  • Une UMP/URB à 36,85 % ayant dans ce secteur large de Montluçon gagné beaucoup de mairies et où pas moins de 5 adjoints au maire de Montluçon se présentaient dans leurs binômes, la baisse est notable sur 2008 et 2014…

  • Un score socialiste à 22,7% alors même que deux sortants se représentaient sur ces cantons et recevaient le parrainage « majorité départementale ».

  • Un résultat du FG/PCF élargi qui obtient 21,86 % est notable dans un contexte de renouveau total ou presque de candidatures. Seul sur Huriel un conseiller sortant se présentait avec pourtant un binôme socialiste contre lui.

  • Un FN à 21,08 % dernier venu en ce secteur où son implantation est notoire et interroge !

Dans le rapport strict du 1er tour, le rapport de force gauche/droite pour parler comme les experts s’établit comme suit sur les six cantons du Haut Cher.

Total gauche 44,7 % Total droite 36,85 %

Avec le FN à 21,08 %

C’est là une indication intéressante pour évaluer la représentativité de chacun et qui permet de comprendre l’intensité des luttes d’influence, voire de nouvelles donnes ou non de stratégies à venir.

Remarquons qu’avec le second tour, les choses bougent de la manière suivante en secteur large montluçonnais.

Tabutin,

  • Le canton d’Huriel-Cosne, verra se dérouler une triangulaire favorable au binôme de Michel conseiller général sortant avec 46,40 %. Le report des voix à gauche semble avoir normalement fonctionné avec des votes blancs et nuls supérieurs au 1er tour.

  • Les cantons de Montluçon accueilleront des duels entre gauche et droite.

  • Montluçon 1 Le binôme socialiste 59,47 %

  • Montluçon 4 le binôme socialiste 59.85 %

Deux des conseillers sortants retrouveront leur siège ayant dans le contexte précité, perdu au 1er tour des voix et en pourcentage. Le report des voix c’est là convenablement fait et l’on remarquera que les voix du FN se sont portées en proportion de 1 pour 2 à gauche et à droite, pour ceux bien sur qui sont venus voter avec là encore, de nombreux nuls ou blancs.

  • Pour Montluçon 2, celui où se trouvait enserré, la ville de Désertines, le binôme FG/PCF obtient 51,26 %. C’est ici la surprise positive à gauche pour le second tour. Le binôme que composait Mme De Gouvéa et Mr le maire Sanvoisin, recueille là à coup sûr, le fruit d’une implantation faite dans la clarté après que les socialistes se soient déjà distingués lors des municipales à Désertines.

  • Dans les reports des voix, ceux-ci semblent bons entre binômes de gauche. Les voix FN se partagent entre droite et gauche et celles de monsieur Demasse s’en vont, sans doute possible, pour part dans l’abstention…

  • Sur le canton Montluçon 3, celui du sud de la ville qui s’ouvre vers Marcillat. La droite large favorite regagne son binôme : 60,9 %. Ce qui apparait plus probant est la progression des candidats FG/PCF élargi qui passe de 21,2 % au premier tour à 39,1 % au second.

A gauche, le report de voix semble avoir été péniblement assuré, mais compensé par des voix du FN du premier tour, avec 900 exprimés en moins et beaucoup de nuls et blancs qui passent du simple au double !

  • Sur le canton de Commentry-Montmarault, le binôme des droites obtient 54,58 % pour deux postes sortants. Mais ce qui apparait plus spectaculaire est la progression obtenue par le binôme FG/PCF élargi avec 45,4 %, parti de 21 % au premier tour. Voilà qui donne l’espoir pour de prochaines échéances.

Quelles incidences sur la ville centre ?

  • Au 1er tour sur les seuls bureaux de la ville, la situation était la suivante :

  • FG/PCF moyenne 4 binômes 20,2 %

  • PS moyenne 4 binômes 21,85 %

  • Droite URB/Divers 38,13 %

  • Front National moyenne 4 binômes 19,90 %

Gauche 42,05 % Droite 38,13 %

- Au second tour sur Montluçon seul

Gauche 48,8 % Droite 51,2 %

On notera alors que l’écart se réduit sérieusement entre la gauche et la droite alors même que l’abstention est plus forte à Montluçon que partout ailleurs et que les bulletins blancs et nuls se sont multipliés d’un tour à l’autre.

En conclusion provisoire : des deux manières de faire à gauche, avec des binômes autonomes du PS ou non, la plus payante en terme politique comme électoral est celle qui ressort de la situation nouvellement créée avec le secteur Montluçon large – celui dit ici du Haut Cher.

L’alternance comme disent certains, se réalise une fois encore en Allier et pour une marge des plus que faible. 48 voix sur un canton de différence.

Sans penser un instant soulager la peine des personnes attristées et déçues du résultat, il faut effectivement savoir que ce n’est pas la première fois en Allier. Il y eut même une perte de présidence du Conseil Général en 1983, non pas pour une différence de sièges, mais pour une différence d’âge. C’est Henri Coque, élu à Souvigny, qui étant le plus âgé des élus dans une assemblée à égalité de siège gauche droite, qui priva de la présidence Henri Guichon qui pouvait se prévaloir tout comme Jean Paul Dufrègne, cette année, d’un bilan des plus correct positif en bien des secteurs d’activité.

A chacun donc de prendre en compte cette nouvelle réalité pour se situer dans le combat politique et électoral qui se poursuit malgré tout. Pour ou contre les politiques d’austérité, pour ou contre la résistance acharnée à tous les niveaux du pays y compris dans les collectivités mises à rude mal, pour au contre la mainmise des marchés financiers sur les droits sociaux et humains.

Paul Crespin Montluçon le 02/04/15

Tag(s) : #Montluçon

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