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Informer ou bien manipuler ?
Informer ou bien manipuler ?

C'est la toute première fois que regard-Actu assistait à une conférence organisée par le cercle Condorcet à l'Espace Boris Vian. Et dieu sait que le sujet abordé cette fois-ci était sensible puisque les participants étaient invités à s'interroger sur le contenu de l'information qui circulent dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Pierre Gironde, tout jeune retraité du groupe Centre France était l'invité de la soirée. Ce journaliste qui a commencé sa carrière en 1970 exerça son métier à Thiers, à Issoire, à Clermont-Ferrand, puis à Brioude avant de rejoindre l'équipe locale de la Montagne à Montluçon où il arriva un soir de janvier de 1979 par un temps de bruine. C'est pourtant dans notre ville qu'il passera les plus belles années de sa carrière. Dès 1984, il est nommé sous-chef d'agence pour en devenir le principal responsable en 1989. En 1994, il est nommé responsable du réseau des correspondants à Clermont-Ferrand, puis responsable des agences, avant de devenir secrétaire général de la Montagne, puis Directeur général délégué du groupe à la tête d'une équipe de 550 journalistes.

Mais quand on est journaliste, on le demeure toute sa vie. Pierre Gironde explique qu'il passait entre 12 et 15 heures par jour au travail. Difficile ensuite de décrocher, même une fois à la retraite. Aujourd'hui, il continue à donner de son temps et devrait probablement être nommé vice-président de la presse nationale en mai prochain. L'homme a donc acquis une indéniable expérience dans ce domaine et a été le témoin de l'évolution du métier de journaliste avec notamment la multiplication des supports et l'émergence des réseaux sociaux.

L'information doit être sur-vérifiée.

Pierre Gironde est un ardent défenseur de la presse traditionnelle et reste persuadé que le statut de journaliste est un gage de déontologie. Pour lui, l'information doit être vérifiée, et même "sur-vérifiée" comme il le martèle. "Il vaut mieux rater une information plutôt que de livrer une fausse information" ajoute-t-il, et on ne saurait lui reprocher cette approche prudente. Mais, ce n'est pas le reproche principal qui émerge lorsque l'on interroge ceux qui n'achètent plus la presse classique. C'est plutôt que les lecteurs lui reprochent sa trop grande porosité aux idées libérales, le manque d'enquêtes et le quasi-abandon du journalisme d'investigation. D'ailleurs, le succès de Médiapart qui renoue avec cette tradition n'est pas un hasard.

Ne pas rompre les équilibres sociétaux

À toutes ces critiques, Pierre Gironde répond que les journalistes doivent veiller à ne pas rompre les équilibres sociétaux et que l'on ne peut pas tout dire. C'est pourtant tout le pari qu'a fait Madiapart en faisant sortir quelques grandes affaires retentissantes, telle que par exemple, l'affaire Cahusac, ministre du budget qui fraudait lui-même le fisc. Il ne faut donc pas chercher plus loin la désaffection pour la presse classique qui est trop souvent absente lorsque qu'éclatent de telles affaires. Du coup beaucoup de personnes se tournent vers les réseaux sociaux afin de diversifier leurs sources d'informations, raison pour laquelle d'ailleurs les grands médias eux-mêmes se sont installés sur la toile afin de s'adapter à cette nouvelle manière de consommer l'info. Mais cela suffira-t-il à assurer leur pérennité ? Pas si sur, car changer de support ne suffit pas lorsque l'information elle-même reste aseptisée. Une chose est sure, un tel débat mériterait une suite, car l'essentiel n'a semble-t-il pas été dit.

La Montagne était également présente et a publié un article à ce sujet que vous pouvez retrouver LA

Pierre Gironde se présente et introduit le débat

Tag(s) : #Montluçon

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