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Logement social (3)  Comment ça va…. mal !
Logement social (3)  Comment ça va…. mal !

Dans la sphère d’état voire de ses correspondances départementales, l’agitation est devenue une seconde nature. Ainsi en va-t-il des préoccupations du logement et des quartiers populaires généralement affublés de qualificatifs comme : délicats, prioritaires, dégradés etc.

Du gouvernement nous sont parvenues des prises de positions sans appel : le refus d’une situation rejetant « l’apartheid social » comme y insiste le 1er ministre à propos de ce qui se passe en « quartiers sensibles ». Des quartiers où se concentrent nombre de familles fragilisées.

Et depuis ces déclarations, il y a quelques semaines, le ministère du logement a repris l’antienne connue des rappels maintes fois fait par ce ministère de vouloir coute que coute faire appliquer la loi SRU ! Cette loi qui déclare donner obligation aux municipalités de construire au moins 20 % de logements sociaux pour l’ensemble de son habitat. Ainsi pour l’Allier sont actuellement mis à l’index des villes comme Vichy (13 % de ce type de logements) et bien d’autres comme Domérat, Yzeure, Avermes, Cusset, etc… qui restent en dessous du pourcentage imposé depuis près de vingt ans. Et il résulte de cette situation que ces communes risquent fort de se trouver pénalisées en étant soumises à des prélèvements spécifiques financiers (sauf en cas de situations économiques et démographiques dégradées et reconnues !). De là à subir de nouvelles difficultés pour établir à l’équilibre leur budget passablement touché par les réductions des dotations de l’Etat, il n’y a qu’un pas !

Montluçon ne sera pas concerné par la loi SRU mais le sera immanquablement par d’autres incidences locales de sa politique logement rendue délicate par l’existence dans son parc de logements vides, d’ impayés de loyers, de dégradations et vieillissement de cités … L’INSEE indique le chiffre de 2500 logements vacants sur le périmètre d’action de l’Office Public de l’Habitat. Alors que l’on sait que la baisse démographique continue et que la crise économique perdure… Pour les animateurs politiques et techniques de l’Office, le mot d’ordre lancinant reste donc : démolir, démolir encore même si certains logements abattus sont aux normes et sortis du poids des emprunts, abaissant d’autant le prix des loyers pratiqués !

Après avoir été fort convenablement réhabilités, aérés, rééquipés depuis plus de vingt ans, bien avant la venue des équipes Dugléry, Bien-Assis et Fontbouillant sont encore dans la visée et d’autres cités doivent suivre, celles de Pierre Leroux, de République-Ville Gozet où se projettent des déconstructions lourdes. On ne peut pas penser que ces actions faites « à la despérado » ne règleront les problèmes, ni ceux des locataires en situations délicates, ni ceux d’un Office plein d’incertitudes pour ses constructions budgétaires prochaines à l’équilibre.

Déplacer les populations d’origine ouvrière des cités anciennes vers l’extérieur de la ville avec des coûts de construction au plus bas, ne peut que déplacer les problèmes et rester loin des exigences de mixité et de renforcement des services sociaux publics… Construire en bande des pavillons et y installer les mêmes gens n’est pas la bonne solution, on sait depuis plusieurs décennies que cela est contre-productif de lien social et de mieux vivre ensemble ajoutant à ces éléments une incohérence écologique majeure dans l’occupation des espaces…

L’Etat entend poursuivre la même politique de réaménagement urbain, compléter les opérations diligentées par l’Agence Nationale de Renouvellement Urbain si chère à Mr Borloo, ex-ministre sarkozien… Une ANRU dont le maire de Montluçon explique à qui veut l’entendre qu’il a obtenu de 2004 à 2012 quelques 160 millions de crédit. Disons ici une nouvelle fois que le chiffre annoncé est la somme totale des travaux entrepris pour l’ensemble des interventions urbaines pour la même période. Ajoutons que la moitié de cette somme est due à la contribution de l’Office de l’Habitat en tant que réalisateur des opérations et en ce sens à sortir de la participation financière ANRU comme l’indiquent les documents officiels publiés par le Conseil Economique Social et Environnemental. Documents produisant le texte appelé Bilan et perspective du PNRU…

Cette participation de l’Office – conséquente et courte dans le temps – expliquant pour part ses difficultés financières actuelles. Mais il y a plus encore à craindre en regard des annonces de l’Etat pour la nouvelle tranche ANRU dont voudrait bénéficier les élus en place à Montluçon. En effet, la totalité de l’enveloppe annoncée par le 1er ministre lui-même est de 1 milliard d’euro sur trois ans et pour 146 sites répertoriés sur le territoire… On voit déjà ce que cela représente par site c’est-à-dire assez peu, alors même que Montluçon n’y est pas inscrit ! Il y a, à craindre le pire dans les politiques d’austérité que Mr Valls et Macron vont poursuivre pour restreindre encore les enveloppes. Et on le sait ces hommes-là visent les dépenses publiques !

De fait le danger est grand de voir se produire ce que l’on pourrait appeler la double peine pour les locataires : d’abord, se voir privé de travaux d’entretien et de compléments d’équipements dans une majorité de cités de l’agglomération et ensuite, de devoir subir des hausses de loyers et de charges pour reconstruire suffisamment de fonds propres à l’Office. Dans le cadre actuel des vives incertitudes existantes, les dernières prises de position des élus CNL au plan local sont significatives d’un « flop » d’importance pour la gestion de l’Office de l’Habitat. Ces élus de terrain proposent des mesures urgentes de grand intérêt général.

1- Qu’un audit financier de l’établissement public soit réalisé. Et pourquoi ne pas engager une procédure spéciale par la Caisse de Garantie du Logement Locatif Social (CGLLS)...

2-La renégociation des emprunts auprès des organismes prêteurs dont la Caisse des Dépôts et Consignations…

3-L’obtention d’une dotation exceptionnelle de redressement, pour des investissements permettant des gros travaux d’entretien dans les cités oubliées par l’ANRU initiale.

A cela devrait bien évidemment s’ajouter une intervention coordonnée de toutes les parties gestionnaires de l’Office, y compris des locataires, auprès du ministère pour faire valoir un droit à l’aide d’urgence, compte tenu de la situation générale en région Montluçonnaise. Dans le contexte actuel, plus que jamais la transparence est nécessaire !

Madame la Ministre du Logement en date du 15 avril dernier, vient de faire connaitre ses intentions en regard de la politique actuelle du logement. Il est dommage que n’apparaissent pas les engagements des coûts financiers à prévoir pour redresser la barre. Notons pour clarifier la position du gouvernement ses propositions principales à découvrir dans le texte remis à la presse le même jour de sa conférence. Ce qui n’engage pas à l’optimisme !

1-Mieux répartir les logements sociaux sur le territoire national et se satisfaire de répéter les recommandations de la loi SRU. Mais là ne suffiront pas les vœux pieux !

2-Proposer de réformer les attributions de logements sociaux en instaurant partout une gestion de ceux-ci au plan intercommunal avant d’être généralisée par une loi (sic! encore une). En attendant, ce sont Messieurs les Préfets qui seront priés de faciliter les décisions. De même ces derniers auront comme rôle de veiller : « à ne plus reloger dans les 1500 quartiers prioritaires des villes, les personnes en dessous du seuil de bas revenus ! » quand on sait à quelle vitesse se dégradent les revenus. On ne peut qu’être consterné par tant de légèreté du propos, voire d’insensibilité sociale

3-La ministre propose aussi de réformer la politique des loyers avec « la mise en place de loyers sociaux qui pourront être fixés en fonction des objectifs de mixité sociale ! » Une instruction sera envoyée aux préfets pour adapter les loyers au cas par cas encore en insistant sur le « relogement des personnes défavorisées hors des quartiers prioritaires des villes » !!!

C’est sans doute à lire de tels engagements que l’on mesure la volonté de s’attaquer aux injustices et à la nécessité de donner à tous un droit égal au logement ! Mais qui donc peut encore nous parler de « dé ghettoïsation » ou de refus d’ « apartheid social ».

Affaire à suivre…

Paul CRESPIN Montluçon le 18/04/15

Tag(s) : #Montluçon

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