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Le Parti socialiste rend hommage à Marx Dormoy

Le Parti socialiste a rendu hommage aujourd'hui à Marx Dormoy, comme ils le font chaque année depuis l'assassinat de cette grande figure montluçonnaise.

C'est à l'avenue qui porte son nom que les militants se sont retrouvé devant le gisant de l'ancien Maire de Montluçon pour se recueillir. Nicolas Brien, le nouveau chef de file du Parti socialiste sur le département de l'Allier a lu une intervention qu'il nous a fait passer et que nous reproduisons ci-dessous.

Jean-Michel Guerre, vice-président du Conseil Régional, était aussi présent lors de cette cérémonie.

Le Parti socialiste rend hommage à Marx Dormoy

HOMMAGE A MARX DORMOY 26-07-2015

Nous sommes aujourd’hui assemblés, rassemblés, unis pour un hommage à un grand socialiste, un grand maire, un grand politique.

Depuis 74 ans, chaque année, le 26 juillet, les hommes et les femmes de progrès ont commémoré l’assassinat de Marx Dormoy par les fascistes. 74 ans après, certains peuvent se demander pourquoi Marx Dormoy continue de marquer l’imaginaire. Pourquoi Marx Dormoy, plus qu’un Paul Constans ou un André Southon ? Quand on regarde notre Ville aujourd’hui, on a du mal à se rendre compte à quel point Marx Dormoy a pu la marquer de son empreinte. On a du mal à comprendre que Marx Dormoy, ce n’est pas une légende de papier d’archives, c’est une autre façon de faire de la politique.

Aujourd’hui, alors que nous vivons la crise la plus importante depuis 1929, la Mairie juge « misérables » les emplois aidés pour les jeunes des quartiers populaires. Autrefois, à la moindre fermeture d’usine, Marx Dormoy faisait tourner à plein régime les ateliers municipaux, les ancêtres des emplois aidés.

Aujourd’hui, le principal investissement de la Mairie consiste en un boulodrome démesuré. Autrefois, sous Marx Dormoy, le principal investissement consista en la construction d’un pavillon de chirurgie, le plus moderne de France, accessible gratuitement aux plus démunis.

Aujourd’hui, la Mairie de Montluçon multiplie les aides aux grandes surfaces, qui écrasent les agriculteurs. Autrefois, au milieu de la crise agricole des années 1930, Marx Dormoy cassait les monopoles. Il mettait en place un Office Montluçonnais du Blé, unique en France, pour garantir le juste prix aux consommateurs ouvriers et aux producteurs paysans.

Aujourd’hui, la Mairie de Montluçon supprime l’école des enfants de Bien-Assis. Autrefois, en pleine crise des finances de la Ville, Marx Dormoy ordonnait la construction de trois écoles : Emile Zola pour les enfants de Dunlop, Paul Lafargue pour les enfants de la Ville Gozet et Anatole France pour les enfants du Diénat.

Aujourd’hui, Montluçon est le premier bassin de chômage d’Auvergne. Autrefois, sous Marx Dormoy, Montluçon était la première ville industrielle du centre de la France. Ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est le légendaire Edouard Herriot, qui, devant l’Assemblée Nationale, décernait à Montluçon le titre de « ville parmi les plus vivantes et les plus prospères du centre de la France ». Aujourd’hui, est ce que le Maire de Lyon serait encore capable de situer Montluçon sur une carte ?

Aujourd’hui, Montluçon a un maire qui parle beaucoup de Marx Dormoy, mais qui agit peu comme Marx Dormoy.

Je pourrai continuer cette énumération avec beaucoup de nostalgie, mais je m’arrêterai là.

La nostalgie ne sert à rien. Ce qui importe aujourd’hui, ce n’est pas de parler de Marx Dormoy, c’est d’agir comme Marx Dormoy. Lourde responsabilité qui est la nôtre, qui est la mienne.

Marx Dormoy a toujours suivi son étoile socialiste, dans les moments de doute. Marx Dormoy devint premier secrétaire fédéral du PS de l’Allier en 1924, à une époque où le socialisme était déserté, abimé par une expérience gouvernementale (le Cartel des Gauches) et tiraillé par les divisions de la Gauche. Toute ressemblance avec une situation connue ne serait que fortuite.

Au milieu de son action politique, dense, je veux que nous tirions ensemble deux enseignements pour l’avenir :

Ne jamais oublier d’où nous venons :

Nous venons du peuple. Orphelin de père dès l’âge de 10 ans, Marx Dormoy a du travailler dès l’âge de 15 ans. Après son apprentissage d’ajusteur, il sera embauché à la manufacture de machines à coudre, à Blanzat. Pourchassé pour ses engagements socialistes et syndicaux, il sera mis au banc de l’industrie montluçonnaise par le patronat et n’aura d’autre choix que de se tourner vers le petit commerce, pour devenir successivement employé dans un magasin de la Rue Grande, commercial pour les Verreries du Centre, puis représentant pour les Charbons du Bourbonnais. « Le calicotage mène à tout à condition d’en sortir », disait Paul Constans.

A un moment où nous vivons partout la professionnalisation de la politique, où nous vivons la chasse aux indemnités et la recherche des honneurs, l’exemple de Marx Dormoy est le plus riche enseignement que la politique doit se pratiquer sur le terrain, pour le peuple et par le peuple.

Le deuxième enseignement est beaucoup plus politique : nous n’avons qu’un adversaire, la droite et qu’un seul ennemi, l’extrême droite.

Marx Dormoy l’avait compris très tôt : alors que les affrontements entre socialistes et communistes pouvaient à l’époque devenir physiques, Marx Dormoy prônait l’Union des forces de gauche dès 1934.

Plutôt que de se perdre en querelles stériles au sein de la famille de gauche, il engagea une lutte farouche contre l'extrême droite, y compris dans son propre camp. Premier Secrétaire Fédéral de l’Allier, il lutta contre les partisans de Marcel Déat et les partisans du « néo-socialisme », qui flirtaient avec le Fascisme. Ministre de l’Intérieur, il révoqua Doriot et combattit le réseau complotiste de la Cagoule.

Enfin, Marx Dormoy avait compris, avec Léon Blum, que la République, quand elle est attaquée, ne suffit pas. La République ne sort d’une crise que lorsque la République est sociale.

A la fin du XIXème siècle, les tentations putschistes du général Boulanger face aux Républicains ont donné les premières lois sociales : liberté de la presse, droit de grève, liberté d’association, journée de 8H.

Au début du XXème siècle, les ligues fascistes face aux Radicaux ont donné le Front Populaire, les congés payés, la réduction du temps de travail, l’école jusqu’à 16 ans. Marx Dormoy a donné les fournitures scolaires et repas gratuits.

Je me tourne vers les uns et les autres : notre République, sans cesse attaquée par les extrémistes, ne se réveillera que lorsqu’elle répondra à la crise sociale, avec de nouveaux droits humains et de nouveaux progrès sociaux. On ne grandit pas la République en fustigeant l’assistanat ou en remettant en cause les droits sociaux. On ne grandit pas la République en se faisant complice de populistes prêts à vendre leurs convictions pour un bol de lentilles du Puy.

Plaque dans l’entrée du Ministère de l’Intérieur :

« A Marx Dormoy Au Ministre de l’Intérieur qui lutta avec un courage et une ténacité indomptables contre les ennemis de la République et qui mourut victime de leur vengeance »

Le 26 juillet 1941, à Montélimar, Marx Dormoy paiera de sa vie son engagement pour la République, contre la Cagoule. Alors que l’extrême droite porte partout ses discours de haine, le courage de Dormoy doit partout nous inspirer.« Les Morts ne veulent pas qu’on les pleure, ils veulent qu’on les continue ». Ne pleurons pas Marx Dormoy, continuons Marx Dormoy. Pour Montluçon, pour la France, pour la République.

Tag(s) : #Montluçon

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