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Parodie de médiation à l'EHPAD de la Charité

Le 16 juin dernier, une délégation du personnel de l'EHPAD de Lavault-Ste-Anne et leur comité de soutien rencontraient des représentants de l'ARS (Agence Régionale de Santé) et du Conseil départemental, dans le but d'explorer les pistes d'une sortie de crise dans le conflit qui secoue l'établissement de la Charité depuis plus de 9 mois (Lire ICI). C'est au cours de cette réunion que les deux organismes de tutelle avaient proposé conjointement la possibilité d'une médiation afin de réactiver le dialogue social entre les parties en conflit.

Les salariés s'étaient donc ressortis satisfaits de cette réunion, car ils avaient à maintes reprises réclamé qu'une médiation soit organisée afin de renouer le dialogue. Une partie de leurs espoirs reposait donc sur ce médiateur présenté comme un fin négociateur, rompu à ce genre d'exercice. Mais rien ne s'est passé comme ils l’espéraient, à commencer par l'organisation de la médiation elle-même, comme l'article précédent de Regard-Actu le disait déjà (lire LA).

Après avoir entendu dans un premier temps, les représentants de SUD, (l'organisation majoritaire dans l'établissement), résolument aux côtés des salariés qui luttent pour le retour de l'ancien directeur, le médiateur a fait de même avec les représentants de FO opposés au conflit. Et pour cause, la déléguée syndicale de FO est aussi conseillère municipale à la mairie de Lavault-Ste-Anne et l'une des plus fidèles soutiens du Maire qui dirige dans les faits le Conseil d'administration de l'association "Retraite à la Charité" à l'origine du licenciement de l'ancien directeur sans aucun motif valable. Avant les représentants des deux OS, le médiateur s'était également entretenu avec la Présidente de l'association "retraite à la Charité", puis avec le Directeur qui a remplacé Dominique Gillardeau peu après le licenciement de ce dernier.

C'est autour d'une table que le "médiateur" a ensuite réuni tout le monde, sans tenir compte de l'équilibre entre la délégation opposée au retour de l'ancien Directeur de la Charité (présidente, Directeur et représentants FO) et la délégation de SUD santé représentant les salariés en lutte. Bref, ce ne fut pas une médiation, mais un procès des militants SUD et une réunion qui tourna court.

D'ailleurs, les exigences de la Présidente en disent long à propos de l'état d'esprit du Maire de Lavault-Ste-Anne. D'emblée, celle-ci posa ses exigences :

-1er) Hors de question de faire revenir l'ancien Directeur.

-2em) Le personnel doit renoncer à porter des brassards et doit retirer les banderoles.

-3em) En échange de quoi elle s'engagerait à améliorer la communication.

On croit rêver. Fin de négociation et retour à la case départ.

La lutte continue

Le matin même, une trentaine de personnes se sont rassemblées dans la cour de l'établissement pour interpeller Monsieur Eudier à propos des sanctions que celui-ci s’apprêtait à prendre contre deux salariés actives dans le conflit. Sous la pression des manifestants, ce dernier a dû renoncer une nouvelle fois à ces entretiens disciplinaires et a accepté de provoquer une réunion de service, ce qu'il n'a jamais fait depuis son arrivée dans l'établissement. Preuve en est que seule la mobilisation reste efficace face à ceux qui refusent toute discussion.

Le Directeur interpellé dans la cour de l'EHPAD...
Le Directeur interpellé dans la cour de l'EHPAD...

Pendant ce temps-là, l'expertise du cabinet SECAFI continue. Les experts devraient entendre très rapidement les salariés qui se sont portés volontaires pour répondre aux questions du cabinet reconnu par le ministère du travail pour ce type d'enquête.

Mais là non plus, le Directeur n'a pas "joué le jeu". La communication pour que les salariés puissent s’inscrire, n'a pas été correctement relayée dans les services. Certains d'entre eux n'ont même pas été informés que cette expertise avait commencée. Les membres du CHSCT ont donc dû contacter eux-mêmes tous ceux qui ne l'avaient pas été, puis ont enregistré des inscriptions supplémentaires et transmis une nouvelle liste de volontaires au Directeur. Mais ce dernier a refusé de communiquer cette dernière aux experts de SECAFI. Du coup, les représentants du syndicat SUD dénoncent une entrave à cette expertise et ont saisi eux-mêmes les experts pour leur remettre la liste en question.

Le directeur peut fort bien refuser de libérer certains agents pour raison de service, mais il faudra alors qu'il justifie ses choix devant les instances du personnel qui lui demanderont des comptes par la suite.

...tente de se justifier devant les manifestants
...tente de se justifier devant les manifestants

Réunion des salariés et du collectif de soutien

Les salariés et le collectif de soutien se réuni le 29 juillet pour faire le point et envisager de nouvelles actions. L'association qui doit prendre le relais du collectif sera bientôt en mesure de déposer ses statuts en sous-préfecture. Elle pourra alors compter sur le financement de ses membres et sur des dons extérieurs.

Celles et ceux qui misaient sur le pourrissement du conflit devront se rendre à l'évidence : les salariés et le collectif entendent s'organiser pour durer et porter leurs revendications sur la place publique à chaque fois qu'ils en auront l'occasion. Le Maire devra en tenir compte, car la fin de son mandat est encore loin.

Tag(s) : #Lavault St Anne

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