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Libérez Oleg Sentsov, Alexandre Koltchenko et Guennadi Afanassiev.

Le vendredi 2 octobre, à Moulins (Colisée, en face du parking du conseil général), à 19h 30 aura lieu une réunion-débat publique sur la situation en Ukraine, Russie, Europe centrale et orientale, dans le cadre de la campagne pour la libération de trois prisonniers politiques ukrainiens en Russie : Oleg Sentsov, Alexandre Koltchenko et Guennadi Afanassiev.

Oleg Sentsov est un cinéaste reconnu internationalement – Ken Loach, Pedro Almodovar, Wim Wenders, Bertrand Tavernier … appellent à sa libération – arrêté (le terme exact serait « kidnappé ») en Crimée au printemps 2014 et accusé par les tribunaux russes d’être un « fasciste de Pravy Sector » (extrême-droite ukrainienne) qui aurait voulu poser des bombes un peu partout en Crimée.

Alexandre Koltchenko est un militant anarchiste, antifasciste et écologiste très connu en Crimée, objet depuis longtemps de menaces de morts de groupes néonazis, pourtant accusé par les mêmes tribunaux, après avoir été kidnappé dans les mêmes conditions, d’être l’auxiliaire du groupe « fasciste » conduit par Oleg Sentsov.

Guennadi Afanassiev était le témoin à charge, cuisiné par les « services », ayant d’abord servi à accabler Sentsov et Koltchenko. Puis, lors de leur procès public, il a courageusement raconté comment on l’avait, pendant des jours, suspendu la tête en bas coincée dans un sac en plastique après lui avoir administré des vomitifs, tout en le frappant et en l’électrocutant … Le juge de Rostov-sur-le-Don (où le procés fut délocalisé pour éviter des manifestations à Moscou) a refusé de prendre en compte son témoignage !

Le premier a pris « 20 ans de camp à régime sévère », le second 10 ans, le troisième 7 ans (mais avant qu’il ne revienne sur son faux témoignage extorqué sous la torture).

Un procès stalinien grotesque, donc : les accusations relèvent carrément du folklore et de la fantasmagorie. Mais les accusés l’ont tourné en ridicule tout au long du procès et ont défié les juges, ce que ne faisaient pas les victimes des procès staliniens de 1937. En fait ils se sont comportés comme les victimes plus anciennes des procès tsaristes, faisant du tribunal leur tribune. C’est donc la faiblesse d’un pouvoir dictatorial engagé dans une fuite en avant qui est révélée ici.

Sentsov et Koltchenko riant de leurs juges

Sentsov et Koltchenko riant de leurs juges

Le Comité Koltchenko Allier à l’initiative de cette réunion-débat associe la FSU, Solidaires, Alternative Libertaire, Ensemble ! (Front de Gauche), l’OCL-Moulins, et la Ligue des Droits de l’Homme, qui a pris position nationalement, est intervenue à nos côtés. Il a naturellement vocation à s’élargir.

Voici maintenant un an et demi qu’une explosion révolutionnaire, démocratique, submergeait l’Ukraine. Elle n’a pas abouti : si vous connaissez un pays ou cela aboutit d’un coup, dites-le ! Elle a inquiété Poutine au point de l’engager dans une réaction violente, en Crimée puis par une « guerre hybride » dans l’Est de l’Ukraine. Le gouvernement ukrainien, pro-occidental et pro-européen, ne représente pas réellement le mouvement populaire qui a renverse le gouvernement précédent, corrompu et violent. On parle beaucoup de l’extrême-droite : l’extrême-droite russe ou prorusse est au pouvoir avec l’aide des tanks russe, à l’Est de l’Ukraine, dans le Donbass, et l’extrême-droite ukrainienne cherche à tirer partie de la situation mais, contrairement à ce que racontent ceux qui s’imaginent qu’à partir du moment où on ne dit pas ce que disent les médias occidentaux on dit juste, elle n’est pas au pouvoir.

La réunion de ce vendredi permettra de débattre de ces questions et de donner une information rare, de première main, à celles et ceux qui viendront. Je me permets de vous assurer que la qualité et l’intérêt y seront. Car nos invités, Dan Gallin et Hanna Perrekhoda, savent de quoi ils parlent et représentent une histoire.

Dan Gallin, né en 1931, a été un jeune socialiste de gauche américain avant d’être expulsé (il était originaire de Roumanie) sous le mac-carthysme, et, devenu citoyen suisse, il a animé l’UITA, Internationale des Travailleurs de l’Alimentation. Il fut la bête noire de Nestlé et Coca-Cola. Son intervention portera sur le syndicalisme dans les anciens pays du bloc soviétique, particulièrement en Russie où la KTR, centrale syndicale indépendante qui revendique plusieurs millions de membres, l’a récemment invité.

Hanna Perrokhoda est jeune, étudiante, et native de Donetzk. Sa famille se trouve en zone occupée. C’est une militante de gauche, anticapitaliste, antiraciste et féministe, qui représente la recherche de la jeunesse de l’Est d’une issue politique, démocratique, sans haines nationales.

En espérant vous avoir alléchés, et suscité votre envie de venir à cette réunion-débat, il me faut répondre à une question naturelle : comment se fait-il que la FSU de l’Allier, particulièrement, soit motivée, au fin fond de nos provinces, à organiser des actions et des débats sur l’Ukraine dont on parle peu et dont on ne comprend pas bien ce qu’il s’y passe ?

Il est vrai que ce sont au départ mes articles, actions et connexions personnelles qui ont conduit à cette initiative. Mais justement, il faut retourner la question : comment se fait-il que dans toute la France, le mouvement ouvrier et syndical ne soit pas à l’initiative de telles actions et de tels débats ? Le voila le vrai problème !

Il faut nous ressaisir de ces questions. Le monde est mis de plus en plus à feu et à sang par le capitalisme et les politiques impérialistes (nord-américaine, russe ou française …). A l’âge d’internet, il devient coupable de répéter toujours la géopolitique d’il y a 30 ans. Mais dans le cas de la Russie il y a plus : tout au long du siècle passé la Russie était l’obsession, pour le meilleur et pour le pire, de toutes celles et tous ceux qui voulaient changer le monde. Un espoir certain a accompagné l’amorce de transformation de l’URSS vers 1989. Puis, plus rien : c’était trop triste, occultation. Une pratique de transformation sociale ne peut pas vivre avec un cadavre dans le placard. Il faut ouvrir le placard, reprendre contact avec la jeunesse et les syndicalistes russes et ukrainiens, avec tout le monde de derrière l’ancien rideau de fer, surtout au moment où un régime comme celui de Orban en Hongrie veut en refaire un ! C’est vital pour nous. Et plus encore dans notre vieille terre rouge de l’Allier !

Vincent Présumey (secrétaire départemental de la FSU, Allier).

Réunion publique sur la situation en Ukraine à 19h 30 vendredi 2 octobre, à Moulins (Colisée, en face du parking du conseil général)

Tag(s) : #Moulins

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