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Nouveau rebondissement à l'EHPAD de la Charité

Les élus du syndicat SUD, majoritaire à l'EHPAD de la Charité ne s'attendaient certainement pas à subir un tel déferlement de haine à leur encontre. Tous ont dû subir les foudres de la Présidente de "Retraite à la Charité" et du nouveau Directeur d'établissement, et tous, les uns après les autres ont dû faire face à une répression farouche.

Rappelez-vous. La répression anti-syndicale débuta avec la convocation de Magali , déléguée syndicale SUD, qui fut convoquée en vue d'une sanction pour une simple erreur de date sur un courrier alors que cette erreur ne lui était même pas imputable (lire ICI). Ses collègues de travail, ainsi que le comité de soutien aux salariés, s'étaient massivement mobilisés et avaient même envahi le bureau du Directeur pour que ce dernier renonce aux sanctions qu'il s’apprêtait à infliger à la représentante de SUD. C'est ainsi que le Directeur et la Présidente convoquée sur place avaient été obligés d'abandonner les poursuites, mais pas pour longtemps comme la suite le démontra.

Car, ce fut ensuite le tour de la secrétaire du CHSCT, elle aussi militante de SUD qui fut littéralement placardisée et court-circuitée dans ses fonctions de cadre infirmière. Malade et déstabilisée dans son travail, elle avait dû s'arrêter à deux reprises sur de longues périodes, alors qu'elle n'avait jamais pris de congés de maladie durant toute sa carrière professionnelle.

Puis vint le tour de la secrétaire du CE, (encore une militante de SUD Santé) qui fut mise en cause avec une autre collègue, parce qu'un résidant avait quitté l'Accueil de Jour en actionnant un bouton mal positionné, que la direction n'avait jamais changé de place, alors qu'elle avait été alertée à plusieurs reprises (Lire LA). La aussi la secrétaire du CE, ainsi que sa collègue avaient été disculpées par des preuves fournies par les élus SUD qui assuraient leur défense. On aurait pu croire qu'après les attaques avortées contre les trois élues, la Présidente et le Directeur y regarderaient à deux fois avant de se lancer dans une nouvelle procédure de manière précipitée.

Il faut croire que non puisque c'est maintenant au tour d'un des élus du CHSCT d'être mis en cause par la Présidente et le directeur, suite à une plainte qui aurait été déposée contre lui et dont les faits ne lui ont été révélés que vendredi 9 octobre lors de l'entretien préalable avant licenciement. Ainsi, cet élu n'a-t-il jamais pu s'expliquer, ni même donner sa version des faits, avant que ne tombe le couperet de son licenciement sec.

A ce stade, nous ne pouvons pas en dire plus sur l'affaire elle-même, car une enquête judiciaire est en cours et il n'est évidemment pas question d'en fausser le déroulement. Par contre, à propos de la procédure de licenciement que la Direction a enclenché dans la précipitation, le syndicat Solidaires estime que les droits de la défense n'ont pas été respectés. A ce stade, un recours judiciaire n'est donc pas exclu.

Mais il y a encore plus troublant, le même jour, la secrétaire du CHSCT reçoit-elle aussi une lettre des mains du Directeur, mais comme elle flaire un mauvais coup, elle ouvre ce dernier devant lui et d'autres témoins et en fait publiquement la lecture. C'est encore une accusation qui la vise et même si cette dernière a su et pu se faire disculper dans la même journée, il reste qu'il y avait bien là aussi une intention de lui nuire.

Si on fait la liste des militants et élus SUD qui ont fait l'objet d'attaques et de sanctions, parfois graves, de la part de la Présidente de l'Association "retraite à la Charité" et du directeur qui dirige l'établissement, on obtient la liste suivante :

- La déléguée syndicale SUD Santé (convoquée pour une sanction disciplinaire)

- La secrétaire du CHSCT, SUD Santé (placardisée)

- La secrétaire du CE, SUD Santé (convoquée pour une sanction disciplinaire)

- un élu au CHSCT, SUD Santé (plainte en cours d'instruction)

On ne peut s'empêcher de penser à la liste des personnes évoquées par le Conseil d'administration le 3 novembre 2014 comme étant les prochaines cibles : la secrétaire (Magali), l'infirmière référente (Christine) et le cuisinier (Stéphane). Depuis, tous les trois ainsi que la secrétaire du CE (Céline) ont fait l'objet de sanctions et de pressions importantes et sans préjuger des résultats de l'enquête judiciaire, on peut dire que le plan de route du Conseil d'administration est parfaitement respecté.

Extrait du Conseil d'administration du 3 novembre 2014. Les tois militants SUD sont déjà désignés comme des cibles potentielles.

Extrait du Conseil d'administration du 3 novembre 2014. Les tois militants SUD sont déjà désignés comme des cibles potentielles.

C'est dans cette ambiance que les salariés qui soutiennent Stéphane, ainsi que de nombreuses personnes extérieures à l'établissement se sont rassemblées devant l'EHPAD de la Charité par solidarité avec le chef de cuisine et pour l'aider à surmonter cette épreuve.

Rassemblement devant l'EHPAD pour soutenir Stéphane

Rassemblement devant l'EHPAD pour soutenir Stéphane

Nouveau rebondissement à l'EHPAD de la Charité

Car, sur le fond les revendications demeurent plus que jamais d'actualité. Tous exigent la démission de la Présidente, du Conseil d'administration et du Directeur ou à défaut la désignation d'une administration provisoire, le temps que l'association se réforme en profondeur et que l'ancien Directeur soit rappelé au poste qu'il n'aurait jamais dû quitter.

Mais c'est l'ARS (Agence Régionale de Santé) qui doit prendre cette décision. Et rapidement, car l'établissement est plus mal. Trois rapports en attestent, et sont entre leurs mains. Celui qui émane de leurs propres services et de ceux du Conseil départemental, celui du médiateur, et enfin celui du cabinet d'expertise SECAFI qui a réalisé une étude sur les risques psychosociaux pour le personnel.

Or, ces trois rapports sont convergents sur bien des points et mettent en évidence l'amateurisme d'une Présidente visiblement dépassée par les évènements, les lacunes du nouveau directeur pour qui il est aussi conseillé des formations complémentaires et des problèmes de gouvernance de l'EHPAD (qui fait quoi et qui dirige ?)

Le Conseil d'administration de "Retraite à la Charité" est-il en mesure d'entendre et de mettre en œuvre les recommandations qui figurent dans les rapports, lesquels sont pourtant accablants ? Le problème, et tout le monde le sait, c'est que dans cette affaire, les enjeux pour lui ne sont pas qu'internes à l'établissement. Et c'est bien là où le bas blesse, car c'est cela qui les dissuade d'agir, alors que l'intérêt supérieur des résidants le leur commanderait naturellement.

Philippe Soulié

Tag(s) : #Lavault St Anne

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