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J’ai mal à ma nationalité

Je suis née française, et n’en suis pas responsable. J’ai eu cette chance, même si la vie ici n’est
pas celle idyllique et hollywoodienne, décrite dans ce texte qui fleurit sur les réseaux sociaux : « La France incarne tout ce que les fanatiques du monde détestent : la joie de vivre par une myriade de petites choses : le parfum d’une tasse de café et des croissants le matin, des belles femmes en robes souriant librement dans la rue, l’odeur du pain chaud, une bouteille de vin qu’on partage entre amis, quelques gouttes de parfum, les enfants qui jouent dans les Jardins du Luxembourg, le droit de ne croire en aucun dieu, de se moquer des calories, de flirter, de fumer, et apprécier le sexe hors mariage, de prendre des vacances, de lire n’importe quel livre, d’aller à l’école gratuitement, jouer, rire, se disputer, se moquer des prélats comme des politiciens, de ne pas se soucier de la vie après la mort. Aucun pays sur terre n’a de meilleure définition de la vie que les Français. » New York Times.

C’est beaucoup plus chouette qu’en bien des endroits dans le monde. La France que j’aime c’est celle de Jean Ferrat. Pas la France colonialiste en Afrique et en Asie où sont encore en activité des entreprises françaises pilleuses des richesses de leur sous sol. Ce sont ces entreprises que l’armée de mon pays défend dans ces pays, pas les populations, les beaux discours servis pour justifier ces guerres n’ont jamais pu me convaincre du contraire. Et moi je me sens complice car je me sers de l’électricité produite à partir de l’uranium extrait au Mali.

Samedi, en réaction aux horreurs perpétrées à Paris la veille Facebook a proposé ce filtre tricolore à ses utilisateurs français. Ceci a-t-il été fait après chaque attentat au Liban, en Tunisie, en Libye, en Syrie, en Irak, en Afghanistan ? Là bas aussi, ce sont des civils qui sont massacrés.

Annie Soulié

J’ai mal à ma nationalité

Beaucoup de mes amis ont coloré leur profil en bleu blanc rouge, je ne les critiquent pas, je les crois tous de bonne foi, pas soupçonnables de repli identitaire. Moi, ça ne me convenait pas, ce filtre tricolore représente à mon sens un nationalisme édulcoré, gentil, mais nationalisme quand même. Cependant je ne crois pas être moins solidaire, moins horrifiée, moins attristée qu’eux. Alors tant qu’à changer ma photo de profil, j’ai préféré me déclarer terrienne.

J’utilise Facebook et continuerai de le faire, pour autant je garde à l’esprit la nature mercantile de FB et reste méfiante face au risque de formatage des cerveaux. Manifestement je ne suis pas la seule puisque ce matin je découvre les articles ci-dessous, partagés par des amis ou amis d’amis.

“Les flux d'actualité de 689 003 personnes, choisies au hasard, ont ainsi été modifiés pour faire apparaître soit davantage de messages positifs, soit davantage de messages négatifs. Et les messages postés par les utilisateurs « surveillés » étaient ensuite décryptés pour savoir s'ils étaient influencés par l'humeur ambiante.” (en savoir plus). “Désormais, même si vous ne cliquez sur rien, le temps que vous passez à lire certains messages sur Facebook sera analysé par le réseau social pour tenter de comprendre vos centres d'intérêts, et donc aussi vos opinions intimes que vous n'osez déclarer publiquement.” (en savoir plus). La lecture de ces textes a confirmé mes doutes et m’a convaincue d’écrire ce billet.

Annie Soulié

Tag(s) : #Billet d'humeur

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