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Pour le droit de mourir dans la dignité

Cette soirée pour le droit à mourir dans la dignité était prévue de longue date. Cependant, les tragiques évènements survenus à Paris le vendredi 13 novembre ont beaucoup perturbé les organisateurs qui se sont demandés un temps s'il n'était pas plus judicieux reporter cette réunion. Mais à la réflexion, il leur a semblé préférable de la maintenir, ne serait-ce que pour ne rien céder à la terreur que veulent installer les intégristes.

La soirée a donc bien eu lieu comme prévu au départ, et les organisateurs ont eu raison, car ils ont fait salle comble. Au plus fort de la soirée, Regard-Actu à compté 48 personnes dans la salle, preuve que le sujet du "choix de la fin de vie" est un sujet de société qui interpelle beaucoup de citoyens. Quelques jours plus tard, les organisateurs qui organisaient la même réunion à Vichy ont été témoins du même engouement.

Pour le droit de mourir dans la dignité

C'est que les Français sont largement favorables à la possibilité de recourir à une assistance médicale pour les aider à mourir dignement, si cette assistance médicale leur épargne de trop grandes souffrances à l'approche de leur fin. Environ 96% l'affirmaient dans un récent sondage.

l'ADMD se bat depuis de longues années pour légaliser l'euthanasie, qui signifie "belle mort" en grec, et le suicide assisté*. Plusieurs pays ont déjà adapté leur législation dans ce sens, mais il faut bien reconnaitre que "la fille ainée de l'église" comme on le dit de la France, y est beaucoup plus réticente, probablement en raison de la culture chrétienne qui imprègne surtout ses "élites" et toute la frange conservatrice dont beaucoup sont aux responsabilités. Pourtant, même dans ce milieu les choses commencent à bouger, car certains évoluent dans le bon sens.

Le but de la soirée qu'avait organisée l'ADMD (Association pour le Droit à mourir dignement) le 16 novembre, salle C26 à Montluçon, se voulait avant tout pédagogique, et visait également à expliquer quel rôle elle pouvait avoir en soutien aux malades et aux familles qui trop souvent se retrouvent abandonnés et désemparés face à la souffrance parfois extrême à l'approche de la mort, et du fait que des malades qui expriment clairement le désir d'en finir en bénéficiant d'un accompagnement ne sont toujours pas écoutés.

Durant cette soirée, il a beaucoup été question de la loi Léonétti, du nom du député Jean Léonetti qui l'a présenté au parlement en 2005. Au départ, cette loi aurait pu présenter une avancée, mais lorsqu'elle fut examinée par le Sénat dominé par les conservateurs, elle fut vidée de tous les aspects les plus progressistes, si bien que l'on est encore très loin de ce que réclament les associations qui défendent le principe de la liberté à disposer de soi- même en de telles circonstances, y compris en recourant si nécessaire au suicide assisté et à l'euthanasie.

Pour le droit de mourir dans la dignité

Les animateurs du débat ont également parlé des différentes législations en Europe, preuve là encore qu'il n’existe pas d'harmonisation par le haut sur certains sujets. La Suisse par exemple à légalisé le suicide assisté (voir plus bas). Les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique autorisent l'Euthanasie. Beaucoup d'autres interdisent l'un et l'autre.

Toujours est-il que l'ADMD fédère de plus de personnes autour de cette simple idée : que chacun puisse librement disposer de lui-même, notamment dans le cas de maladies incurables ou de grande souffrance. Ce combat s'inscrit dans le sens de l'histoire. Chacun sent bien que le législateur devra se plier un jour à cette volonté, maintenant majoritaire dans le pays. L'ADMD qui se renforce un peu plus chaque jour œuvre pour en hâter l'échéance. Ne doutons pas qu'ils y parviendront. La seule question qui demeure, c'est quand ?

*Il existe une différence importante entre Euthanasie et suicide assisté. On appelle "suicide assisté" le fait de mettre à disposition tout le matériel nécessaire pour que le patient puisse s'administrer lui-même les produits ou enclencher lui même le processus qui entraînera la mort sans intervention d'un tiers. L'Euthanasie suppose une prise en charge complète du processus par un tiers. Dans ce cas, le patient n'a rien à faire, c'est un tiers (le plus souvent un médecin) qui enclenche et supervise le processus.

Tag(s) : #Montluçon

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