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2ème tour Régionales, prendre en compte les enjeux politiques
2ème tour Régionales, prendre en compte les enjeux politiques

Entre deux tours d’élections, c’est toujours les mêmes processus qui se déroulent dans les états-majors politiques et dans les médias. Chacun se répand en déclarations multiples à la gloire des leaders des écuries électorales. Quand on est bien placé, c’est grâce à « sa gestion ». Quand ça s’annonce difficile, alors la litanie des promesses repart à vitesse grand V ! Et d’en appeler aux abstentionnistes tout autant qu’à l’union pour battre celle-ci ou celui-là… Et dans le moment présent avec le bouleversement du paysage politique qui s’accélère en France, il y a vraiment de quoi faire.

Savoir faire ressortir les enjeux des scrutins est toujours délicat dans le tumulte des intentions et des promesses formulées. Les impacts de la situation générale de crise majeure de notre société (économie et sociale, sécurité et attentats, environnement et développement migratoire, etc…) ne comptent plus pour beaucoup. C’est pourtant les préoccupations majeures des français, des salariés, des chômeurs, des retraités qui n’en peuvent plus des politiques d’austérité et de l’autoritarisme ambiant qui conduisent le corps électoral à alimenter le camp de l’abstention. C’est aussi sur ces terrains là que s’expriment les thèses sectaires, racistes, xénophobes, isolationnistes et dangereusement provocatrices du Front National.

Car, c’est évident, l’abstention et les votes lepénistes ont, que cela plaise ou non un caractère éminemment politique, de conséquence politique. Ils font évidemment référence à la nature politique du ras le bol pour nombre de français et de nature provocatrice et illusoire pour beaucoup d’autres. Au bout du compte, c’est de la faillite des élites politiques en place depuis trente ans qu’il s’agit. C’est l’écrasement de tous par les gestions libérales et financières favorables aux franges des possédants s’accaparant les richesses qui ne passent plus. Déception, colère, désorientation alimentent les états d’esprits et enchainent les réactions populaires.

Combien de fois, devant la gravité de la situation du pays, de ses collectivités locales, et nous y sommes enfermés comme jamais, n’a-t-on vu évoquer en période électorale de second tour, les nécessités du vote utile face au « danger réactionnaire ». Combien de fois l’évocation d’un « sursaut démocratique » pour contrer les possibles succès de l’extrême droite qui progresse d’élection en élection. Cette fois-ci encore, on y coupe pas, ce n’est pas de faire évoluer les politiques inégalitaires et dangereuses pour la sauvegarde de nos libertés en pleine période « d’état d’urgence » que l’on s’explique, non, ce qui compte, c’est la définition des tactiques électorales… Et l’on voit ainsi les uns jeter des exclusives, les autres, évoquer des retraits contre nature. Le premier ministre lui-même demande le retrait de ses listes pour faire battre dans le Nord et le Sud-Est les listes du FN. Hier, c’était du « Tous contre Sarkosy » qui a permis d’élire Hollande, aujourd’hui, du « Tous contre la famille Le Pen » ? Ces tractations politiciennes trahissent l’affolement des dirigeants déjà engagés dans la préparation des présidentielles de 2017. Mais cela est-il du goût de tous les militants, voire de tous les candidats qui tiennent à leur place au Parti Socialiste comme dans l’autre gauche?

Mais pourquoi ne veut-on pas voir que la situation de chaos politique qui se concrétise, est d’abord et avant tout le produit et le résultat des échecs des orientations libérales austéritaires communes aux sociaux-libéraux au gouvernement et à leur opposition de droite, les Républicains qui se succèdent au pouvoir et épousent les thèses mortifères d’une Europe à la dérive.

Pourquoi ne pas reconnaitre que les institutions du pays héritées du pouvoir personnel si cher à la droite gaulliste d’hier – voir d’avant-hier – ne peuvent plus correspondre aux besoins démocratiques de notre peuple. La démocratie électorale actuelle est en lambeaux et risque fort de conduire les candidats extrémistes de la droite au plus haut du pouvoir national avec ce que cela comportera de difficulté pour sauvegarder la paix civile…

Et dans ce cadre de délitement politique généralisé, il faut bien reconnaitre que les espoirs soulevés par les propositions d’alternative à la crise et à ses effets sur la vie de nos concitoyens, comme l’indiquaient à la fois le NON au référendum constitutionnel européen et les résultats électoraux de 2012 du Front de Gauche n’ont pas été suivi d’effets.

Depuis dimanche soir, à l’intention des formations du Front de Gauche et des écologistes EELV, les appels du pied ne manquent pas. Les belles paroles de l’union plurielle et des capacités de l’union renouvelée face aux dangers des extrêmes ne se ralentissent guerre, les heures de pourparlers initiés par les dirigeants du PS non plus. Que faut-il attendre de cela ? Certes, de ci de là, des recompositions de listes incorporent des nouveaux candidats. Mais pour quels engagements de renouvellement politique comme attendus par les français dans le pays et dans les régions ? Si peu de choses pour ne pas dire rien, à telle fin que des candidats du parti de gauche (FG) ou d’EELV ne participeront pas aux exécutifs régionaux en cas de victoire de ces nouvelles listes dites d’union…

Pour sortir des impasses dans lesquelles ils se trouvent, les têtes de liste socialistes sont prêtes à bien des manœuvres qui irritent en cela bien des électeurs de la gauche sociale et démocratique. Au PCF et au Front de Gauche, certains reprennent les slogans maintes fois utilisés : « savoir ne pas se tromper d’adversaires ».

Mais de fait, ce n’est pas seulement de ces gens de droite qu’il ne faut rien attendre de bon, c’est de la politique qu’ils soutiennent et qui hélas, est celle que poursuivent les dirigeants et élus socialistes à tous les niveaux de notre pays. C’est la politique libérale, antisociale et économiquement favorable aux actionnaires financiers des grandes sociétés qu’il faut battre et cela demande un rassemblement populaire de type différent aux pratiques politiques actuelles…

Ne doit-on pas en examinant le choix du vote ou du non-vote à produire au second tour, se poser la question du… ET APRES.

Et là alors, la décision de chacun prendra tout son sens, car pris en conscience d’un intérêt général bien compris…

Paul CRESPIN

Montluçon, le 08/12/15

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Tag(s) : #Elections

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