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Défendre le «  bien commun »  Faire sens dans une démarche politique d’ensemble
Défendre le «  bien commun »  Faire sens dans une démarche politique d’ensemble

Pour tous ceux qui s’intéressent à l’urgence d’une sortie d’un système capitaliste mondialisé et triomphant sur tous les continents, il y a à disposition aujourd’hui différentes manières d’analyser la réalité en mouvement et de situer ainsi des alternatives possible.

Diverses contributions ont marqué notre contexte politique 2015, dont celles ayant trait aux conséquences des évènements meurtriers de Janvier (l’attaque à Charlie Hebdo et au centre commercial cacher) comme à ceux, à caractère de masse du 13 novembre dernier en trois endroits de la capitale dont celui du Bataclan) autant de drames qui ont traumatisé l’opinion publique et donné lieu à bien des interrogation sur l’état du monde, ses rapports de force politique et les confrontations géopolitiques qui se manifestent et bien sûr de là, le surgissement de surenchères politiciennes de vastes envergures, à l’image de notre pays.

Il me faut faire remarquer ici que hors de ce que l’on peut nommer le « barouf récupérateur » des dirigeants de « l’establishment », qui sont intervenus par presse, radio, télé de manière pesante et plus que cocardière( la fameuse thèse de l’union nationale), qu’un contre travail éducatif et de prise de conscience de la réalité des faits et des enjeux de société s’est manifesté . Et cela, tant pour notre situation nationale qu’au plan d’un contexte international en pleine mutation. Les notions de bifurcations sociétales, d’évolutions stratégiques dans les domaines des relations entre les puissances capitalistes dominantes et les états déqualifiés apparaissent au grand jour. Grâce à des auteurs conférenciers idéologiquement avertis et engagés tout prend sens et large intérêt: citons ici des ouvrages et des conférences qui, il me semble, compteront dans le panorama de la politique appelant à des transformations profondes :

Alain BERTHO dont le dernier livre « l’aveuglement : une autre histoire de notre monde » éclaire de manière lucide le sens de l’histoire moderne, de ses issues possibles …

Emmanuel TOOD et son ouvrage sur « Qui est Charlie ? » qui a tant fait réagir le monde des bienpensants de l’intelligentsia bien en cours !

Christian LAVAL et Pierre DARDOT dans leur livre récemment sorti : « Commun » dont le sujet a fait l’objet d’une conférence à Montluçon ces jours derniers brillamment commenté sur « Regardactu »

Frédéric LORDON et ses commentaires aiguisés à propos des menaces terroristes et de l’état d’urgence déjà particulièrement remarquable dans ses analyses concernant les situations de « Sériza » en Grèce et de « Podémos » en Espagne.

Alain BADIOU et sa conférence à propos des crimes de masse et du contexte de mondialisation. Fidel à ses analyses à propos de « l’hypothèse communiste ».

Noémie KLEIN de passage à Paris pour la Cop 21.dont un des derniers ouvrages aborde avec de fortes démonstrations à l’appui, les thèmes essentiels du sujet environnemental et politique de pleine actualité.

Et bien d’autres dont Jean STIEGLER, Marc FERRO, Michel et Monique PINCON-CHARLOT, etc. etc.

Manifestement, il y a là comme un tout descriptif et idéologique dans des approches complexes et des plus mouvementées de la réalité d’un régime libéral à son apogée, d’un système monde - capitaliste financier et immoral – qui répand autour de lui une hiérarchisation des classes sociales dont leurs existences varient en rôles et aspirations antagonistes.

De la minorité de ceux qui s’accaparent les richesses et impriment les modes de vie et de production, à ceux qui subissent exploitation et aliénation se maintient un rapport de subordination renouvelé qui laisse de côté l’immense majorité des catégories populaires. Il n’y a alors, qu’une partie de la population se considérant à part et s’organisant en couche sociale intermédiaire nous indique fort pertinemment A.BADIOU , des couches moyennes qui se satisfont de la situation générale dite de civilisation moderne. Celle-ci se trouve le plus souvent au cœur de la situation sociétale (évolution des mœurs, défense des valeurs républicaines etc. et sont pour autant souvent les dupes des promesses des tenants des pouvoirs en place tant au plan économiques que des politiques d’imposition et de sollicitations électoralistes. Elles sont pour l’essentiel ou se considèrent comme telles les garantes d’un mode de production et d’échange qui s’établi maintenant sur la loi de l’offre capitaliste et laisse loin derrière la satisfaction des besoins réels. On trouve parmi elles les défenseurs des règles institutionnelles d’une démocratie délégatives qui court à sa perte sous les injonctions des leaders politiques de la droite classique ou de la fausse gauche libérale.

Dans toute son ampleur apparait une évidence dans la production des idées de ceux qui ne se résignent pas à commencer par les personnalités citées au départ de ce texte. Cette évidence est celle d’une réalité objective d’un rapport de force social et politique faisant les beaux jours des tenants d’une orthodoxie capitaliste dotée d’un appétit féroce et implacable. Un systématisme de classe remettant en cause tout ce qui reste des droits acquis par les mouvements populaires issus de l’état du monde bipolaire découlant des décombres de la guerre mondiale 39/45 et des séquences progressistes des trente glorieuses. Ce qui avait été possible, avant que d’une part l’Union Soviétique ne s’écroule sur l’échiquier international et d’autre part que l’influence des partis communistes et des syndicats de classe ne périclitent, par incapacité de se renouveler et,ou, d’adopter une démarche stratégique collant aux évolutions des sociétés.

Le tout replacé dans un contexte de confinement de la pensée générale délibérément inscrite dans un cadre idéologique dominé par un retour en force des théories de la fin de l’histoire ou des stratégies des chocs imposés par les idéologues du système impérial guidé par les U.S.A. La relance dès les années 90 de la nécessité de la guerre des civilisations a fait advenir la situation d’aujourd’hui dont certains pensent qu’elle est un produit naturel de la lutte du bien contre le mal, alors qu’elle n’et que la conséquence de la course effrénée à la rentabilité capitaliste poussée à l’extrême comme l’indiquait déjà en son temps les réflexions visionnaires d’un Karl MARX, témoin éclairé des développements de la société capitaliste.

Que ce soit en matière de luttes revendicatives, de besoins d’émancipations humaines ( reconnaissance de dignité, acquis des droits laïques et respect et développement de ceux des femmes, nécessaire acquisition à la connaissance et la formation tc…) ou que cela touche aux retour à l’équilibre des rapports homme-nature dans un développement harmonieux de notre écosystème, comment ne pas voir que la nécessité de changer de trajectoire consumériste et de mode de vie, se fasse plus que pressante. Que cela conduise dans certains pays ex-colonisés à des révoltes telles celles des printemps des peuples est pour le moins le témoignage du bouillonnement de la marmite capitaliste même si sa domination impériale globalisée reste flagrante. Il y a eu là et il y a encore des formes de pensées non achevées à remettre en perspective, des élaborations politiques et stratégiques pour la remise en cause de l’état des forces existantes à peaufiner.

En cela, et c’est une des faces du problème à résoudre en vue de s’émanciper de la démarche capitaliste, les analyses et suggestions de Christian LAVAL et de ses collègues sont propices à de nouvelles prise de conscience des possibles actuels. Ajoutons qu’à titre de démonstration l’organisation de vie nouvelle au plan social ou économique, au sens de l’intérêt commun, prend force de démonstration pour chacun des citoyen producteurs-consommateurs. La définition alors donnée aux mots « sens du commun » communiste de démarche et communauté de partage et de de solidarité prend ou reprend un contenu et un aspect faisant œuvre d’émancipation politique en un retour plus vrai que nature des premiers communistes attachés aux principes d’un socialisme utopique inspirateur d’un marxisme de large portée. Et c’est aussi en ce sens qu’apparait toute l’ampleur d’une hypothèse communiste que le philosophe Alain BADIOU débroussaille de la frange expérimentale d’un communisme dévoyé sur les terrains aussi différents que ceux de l’expérience soviétique stalinienne que de celle d’un maoïsme dégénérant vers une économie de marché à la pointe du monde moderne dans ses contradictions encore non abouties mais qui percent inexorablement.

Alain BADIOU et d’autres avec lui, tel Frédéric LORDON, prônent la sortie des crises répétitives et des impasses sociales s’y rattachant par l’affirmation d’une stratégie plus vaste et plus globale. Il faut sortir du cadre imposé nous suggère ce dernier ! Et cette affirmation qui peut paraitre empreinte de radicalité en soi peut et doit prendre le sens de l’évidence en regard de toute la séquence politique des derniers mois et la crise ayant secoué la Grèce dans l’étouffement mortifère que lui a fait subir le traitement de choc imposé par l’Europe politique à la dévotion des marchés financiers…

Le premier, A. BADIOU nous encourage, je le comprend ainsi, à cerner les causes des difficultés inhérentes au système actuel par la prise en compte de sa dimension mondialisée dominante par le dictat des sociétés à dimension supranationale de taille supérieure à nombre d’états et dès lors en capacité d’imposer leurs orientations économiques et politiques. Ajoutons ici que le maintien des blocs militaires sous large commandement U.S. alimente l’organisation d’une géopolitique de pressions et d’appropriation des principales ressources exploitées ou disponibles sur tous les continents. Le conflit des civilisations organisé à partir des USA repris par des gouvernements européens dont la France de Mrs Hollande-Sarkozy n’était qu’un moyen de réorganisation de secteurs entiers possédant en leur sol et sous-sol, des richesses en matières premières indispensables. Parallèlement, l’établissement de secteur de non droit « zone franche anarchique » dit A. BADIOU permet de libéraliser davantage encore de vastes secteurs de pleine satisfaction de rentabilité sans règles étatiques, sans références à quelques statuts que ce soit…

Il est donc précieux de pouvoir compter sur des éléments pertinents et argumentés par rapport aux expériences en cours, celles des différents niveaux d’action des luttes politiques et sociales, qu’elles partent du local ou du global et réciproquement ainsi que s’y référaient les premiers altermondialistes. C’est d’ailleurs un enrichissement d’ordre éducatif que de se rapprocher des apports des témoins actifs et des penseurs de notre temps. C’est forcément un plus donné à la cohérence d’une définition stratégique de nature révolutionnaire.

Déborder le cadre des institutions pro-libérales capitalistes et d’évidence l’Europe libérale actuelle de même que de s’arracher du niveau de dégradation de la Vème République atteinte actuellement (le règne de l’état d’urgence n’en est qu’un avatar) exige certes d’avoir des suggestions de programme précis et déterminant mais aussi de savoir déterminer à qu’elle étapes nous sommes, à quel niveau, celui du local, celui du national – et de là le rôle de l’Etat – celui du mondial , nous nous trouvons en toute conséquence d’inter activité politique.

L’idée communiste authentifiée reprise et relancée, hors des sentiers battus d’un marxisme tronqué et dogmatisé, n’est plus de mise. La révolution citoyenne à laquelle je crois ne peut se payer le luxe d’attendre un grand soir qui n’existera pas, pas plus que de rester figée sur des formes anciennes inadaptées de l’organisation de l’action. Mais le temps presse, comme le dit si bien Alain BADIOU dans sa conférence sur l’état du monde et les crimes de masse.

PAUL CRESPIN Montluçon le 30/12/2015

PS : Le film de Yanis YOULOUTAS recommandé par Nanou Ferrier dans sa dernière contribution est d’un intérêt certain quant à mesurer la richesse des expériences délocalisées en cours ! Cela montre que la vie et les luttes continuent malgré les temps difficiles. Je partage l’opinions de se donner les moyens de le voir, de le revoir et de le faire partager.

Tag(s) : #Billet d'humeur

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