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Droit de réponse : l'adjoint au maire répond à Regard-Actu

On va le dire comme ça, le Maire n'a pas apprécié l'article de Regard-Actu intitulé "Pour une éclairage public des esprits". Il estime avoir fait des économies en respectant le principe d'équité et conteste l'analyse paru dans Regard-Actu le 26 décembre dernier. Il a demandé à Jean-Pierre Moncilovic, adjoint aux finances, à l'administration générale, aux travaux, à l'aménagement urbain et au logement, de nous faire une réponse. Cette réponse nous est parvenue le 31 décembre et nous la publions aujourd'hui.

Cependant, et après en avoir discuté, nous avons décidé de mener une enquête sur plusieurs points, car même si nous ne souhaitons pas alimenter inutilement la polémique, les premiers témoignages qui nous viennent du terrain indiquent que nous avons mis le doigt sur des questions essentielles qui touchent à la solidarité, à l'égalité de traitement des usagers et au vivre ensemble.

Au-delà, il faut aussi que les élus acceptent d'entendre les critiques, sans pour autant considérer que celles-ci ont pour unique objet de déconsidérer leur gestion dans un but strictement politique. Regard-Actu n'est pas le journal de l'opposition municipale, et d'ailleurs, nous n'avons pas la langue dans notre poche quand il s'agit de dénoncer les baisses de subventions drastiques imposées par le gouvernement "socialiste" , ainsi que sur bien d'autres points.

Voici donc la réponse de jean-Pierre Moncilovic :

Droit de réponse : l'adjoint au maire répond à Regard-Actu

Réponse à l’article « Pour un éclairage public des esprits »

Droit de réponse : l'adjoint au maire répond à Regard-Actu

C’est en décembre 2014, il y a plus d’un an, que le conseil municipal a été contraint, pour palier la baisse des dotations de l’Etat, de prendre des mesures d’économie comme l’ont fait, et le font, toutes les collectivités locales.

En tant qu’adjoint aux finances, j’avoue avoir été un peu peiné par certains des propos de l’article. Alors je vais tenter, une fois de plus, d’expliquer en me disant que nous ne sommes peut-être pas très bons en communication mais que même les très bons ne sont compris que par ceux qui veulent comprendre.

Premier point :

- Ce qui ne dépend pas ne nous : le gouvernement a décidé de baisser de 28 milliards d’euros les dotations aux collectivités. Pour la ville de Montluçon, c’est une perte de 1.5 millions d’€ en 2015, et plus d’1 million d’€ par an en 2016 et 2017.

- Ce que nous avons décidé : cette baisse des dotations devra être entièrement supportée par des économies sur le budget de fonctionnement. Nous n’augmenterons pas les impôts et nous gardons un budget d’investissement qui nous permet de maintenir en état ou d’améliorer notre patrimoine tout en faisant tourner les entreprises locales.

Vous dites : « coupes sombres sans discernement, sans étude d’impact, sans concertation avec l’opposition ». Entre septembre et décembre, chaque année, j’organise plus d’une dizaine de réunions (certaines durant toute une journée) avec tous les adjoints et tous les responsables de services pour valider les propositions d’économies faites par chacun. Ces propositions sont ensuite discutées dans les commissions auxquelles participe l’opposition. Mais il est bien évident que nous ne pouvons pas suivre des gens qui disent non à tout.

Vous dites : « aucune résolution pour diminuer le budget de fonctionnement ». Nous ne faisons que ça depuis plus d’un an et nous sommes en train de réorganiser totalement notre façon de travailler pour être plus efficaces. Mais nous sommes dans la fonction publique et soumis à des contraintes et une réglementation qui font qu’il se passe du temps entre une décision et le résultat de cette décision.

Maintenant, reprenons point par point vos griefs.

- Nous faisons payer les activités périscolaires sans tenir compte des familles : faux, nous limitons les coûts à 2 enfants. A partir du 3ème, c’est gratuit… et n’oublions pas que c’est une décision gouvernementale prise sans concertation et qui est à la charge des communes pratiquement sans compensation. Pour Montluçon, le coût est de 600 000€ par an.

- Nous avons fermé l’école Maurice Carême qui était en zone prioritaire : faux, avec le nouveau découpage décidé sans concertation par le gouvernement, elle n’était plus en zone prioritaire. Il y aurait donc eu 2 régimes différents pour les enfants de Bien Assis. Aujourd’hui, ils sont tous dans une école qui a subi d’importants travaux ET QUI EST TOUJOURS EN ZONE PRIORITAIRE.

- Nous fermons des restaurants pour personnes âgées : Pouvons nous garder des restaurants dans lesquelles il y a moins de cinq utilisateurs alors qu’il faut 2 personnes pour les servir ? Nous avons fait d’autres propositions aux utilisateurs qui ont parfaitement compris la mesure et découvrent qu’ils sont finalement mieux à Jules Ferry.

- Les subventions aux associations ont diminué de 10%. Est-il choquant que chacun participe à l’effort que le gouvernement nous impose ? Mais nous n’avons pas diminué les subventions aux services sociaux !

- Nous avons supprimé des feux rouges : la sécurité a-t-elle baissé ? Y a-t-il eu plus d’accidents ? (un journaliste un peu pressé qui avait présenté un accident comme étant la conséquence de la suppression d’un feu rouge a dû reconnaître que c’était faux). D’ailleurs, si notre initiative n’était pas bonne, elle n’aurait pas été imitée par autant de villes.

- L’éclairage public : j’avais validé cette modification de l’éclairage qui est pratiquée dans de nombreuses communes… Et il n’est pas nécessaire d’aller très loin… Il s’avère que le choix technique pour lequel les services techniques avaient opté, était une erreur. Nous allons donc revenir dessus et proposer d’autres solutions nous permettant de réaliser les mêmes économies de manière plus équilibrée pour les montluçonnais.

- Et maintenant, les locaux syndicaux : Il faut savoir que les salles municipales mises à disposition des associations locales et départementales représentent 2 300m². Les syndicats à eux seuls en occupent 1 200m², la seule CGT occupant plus de 600m². Ils sont donc soumis aux mêmes contraintes que toutes les autres associations occupant les locaux municipaux : ils ne payent pas de loyer, nous leur demandons par contre de participer aux charges locatives. Toutes les associations l’ont accepté, certains syndicats aussi. Nos concitoyens comprendraient mal que nous fassions des exceptions. Quant à l’idée de faire payer toutes les communes, il appartient aux syndicats de demander des subventions à qui ils veulent (ce que aurait du sens pour les syndicats à caractère départemental). La gratuité des loyers est la subvention de la ville de Montluçon.

En fait, toutes ces mesures répondent à un seul critère : être utile au plus grand nombre de nos concitoyens. Cela implique des choix que nous faisons en conscience.

Je voudrais terminer sur une note d’optimisme en souhaitant à tous vos lecteurs une bonne année 2016 ; pour eux d’abord, pour que se réalisent leurs souhaits personnels, mais aussi pour que les jours sombres que nous venons de vivre conduisent chacun à mesurer combien il est important de chercher à se comprendre.

Jean Pierre MOMCILOVIC

Tag(s) : #Montluçon

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