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Reconstruire ? Quoi ?

Chacun tente de cerner ce qui découle de ces régionales et de l’assise électorale renforcée d’un FN qui, s’il n’a pas remporté de direction de région, entre néanmoins en force dans leurs instances, s’affirmant comme une donnée permanente de la vie politique Française. Les choix politiques et sociaux désespérants de la bien nommée UMPS, par le rejet populaire qu’ils suscitent, constituent le terreau essentiel du développement de notre droite extrême.

Par ailleurs, les guerres de Sarkozy, Hollande et de l’Occident, nourrissent le terrorisme, l’émigration de masse, entraînent l’utilisation d’un discours sécuritaire et anti islamiste faisant le lit des extrémismes fascisants. Les divisions et « absences » de la gauche dite « radicale », confortent ce phénomène par le discrédit qu’elles suscitent.

Gérard Mauger, directeur de recherche au CNRS indique dans une tribune libre de l’HQ, que l’idée profane « La gauche et la droite, c’est pareil » a fait capitaliser au FN le monopole de l’opposition au système. De même, l’expérience grecque rappelait à ceux qui en doutaient encore qu’il n’y a pas de gauche possible dans le cadre de l’Europe des traités porteuse à terme d’une Europe fédérale ultra capitaliste pro américaine. La désespérance en résulte.

Voir une fois encore la « gauche de la gauche » appeler à prendre au second tour le train d’une UMPS qui la piétine en toutes occasions montre sa vassalisation. Cela apparait comme un renoncement supplémentaire. Les mêmes causes, les mêmes renoncements démocratiques produisent partout les mêmes effets : des Usa aux tréfonds de l’Europe, l’ombre brune s’étend. Le prétendu « sursaut démocratique » du deuxième tour n’est que le fruit de manipulations de masse honteuses par la classe politique responsable de cette situation. Un vote « contre » de plus qui lui permet de se maintenir aux affaires.

Que se prépare-t-il maintenant ? Quelles options ?

Ce qui s’annonce est une recomposition politique sans principes au service des mêmes objectifs sociétaux. Elle ne peut qu’assoir les phénomènes engendrant la désespérance. Sarkozy, fidèle à ses positions, renforce avec Vauquier sa garde rapprochée d’extrême droite fascisante et concurrence le FN sur son terrain. L’opération politique essentielle est menée par ses congénères de droite avec le PS autour d’une solution de centre droit nous enfonçant toujours plus avant vers l’Europe libérale et ses traités liberticides.

Le PS (et ses médias) aujourd’hui ancré bien à droite, ayant nourri l’extrême droite, a tout fait pour marginaliser la gauche non socialiste : Il y est arrivé. Le PCF de Pierre Laurent se soumet à la sociale démocratie cherchant avant tout à maintenir ses rares élus. Son obstination à donner de celle-ci une image de gauche (voir les unes de l’huma entre les deux tours) montre qu’est abdiquée toute réelle velléité de rupture quant aux logiques en cours. Elle illustre le niveau d’abandon auquel il est arrivé. Décrédibilisé, il nourrit le même genre de confusion, de déshérence intellectuelle vis-à-vis d’une Europe dirigée par un patronat tout puissant, dont il prétend changer ou faire évoluer les choix ; L’exemple grec (avec un autre soutien populaire) montre quelle foi accorder à ces attentes.

De parti révolutionnaire de masse, le PCF est aujourd’hui transformé en un groupuscule sans idées, intégré au système qu’il prétend combattre. La « verte » Cécile Duflot, alliée privilégiée de Mélenchon se déclare dès le lendemain de l’élection, prête à resservir la soupe au PS dans un parcours sans principes qui illustre la ligne sociale- démocrate de son parti. Il lui faut exister envers et contre tout. Mélenchon, interdit d’antenne comme ses congénères, s’est vu savonner la planche par le PC. Si son discours est plus clair que celui du PC vis-à-vis du PS, il ne développe cependant pas la vue d’ensemble ni n’éclaire les aléas auxquels se trouverait confrontée la population dans l’éventualité d’une situation de rupture avec les logiques en cours.

Nous sommes donc dans une situation ou une gauche digne ce nom est à construire. Droite, PS et leurs médias, évidemment, répètent à l’envie que ce qui ne va pas dans le sens du service privilégié du patronat est inconséquent, radical, populiste, nationaliste, porteur de catastrophe. Ce discours suffit à instrumentaliser les quelques 30% d’exprimés nécessaires au maintien de leur emprise sur la vie politique nationale. Ils édifient une Europe dans laquelle les états ne sont plus en mesure de s’opposer à la volonté des forces économiques. L’aboutissement politique en étant l’Europe fédérale antidémocratique sous domination allemande.

La forme parti garde une crédibilité pour eux et leurs objectifs. Pour ce qui concerne les groupuscules disséminés, cette forme parti serait à proscrire au nom de la démocratie. Ceux-ci ne s’entendent ni pour proposer un outil politique ou électoral, ni pour élaborer des logiques sociétales en rupture avec ce qu’ils critiquent. A plus forte raison ils sont incapables d’imaginer, de solliciter ou d’accepter le contrôle que les citoyens pourraient exercer sur leurs actions. Il y a là un véritable bug : Si le concept « démocratie » est à préciser (la visée), ce qui est d’abord à construire, ce sont aussi et en même temps, les marches pour y accéder. Des marches qui n’empruntent pas cependant le même chemin ni les mêmes logiques que celles du capital et nous préservent des intérêts partisans abusifs autant que de l’Europe qui se profile.

Il y a urgence à agir si l’on ne veut pas que les choses soient définitivement bouclées. Est-il utopique d’attendre de ces groupuscules, mouvements ou prétendus partis, l’honnêteté, la clarté, l’engagement qu’ils nous ont refusé jusqu’ici ? Qu’ils se regardent. Qu’ils dépassent leurs comportements et leurs petites visées électorales habituelles, leurs intérêts de chapelle ! Qu’ils ne nous parlent pas de communisme ou d’humain en en trahissant l’idée ! Qu’en resserrant leurs liens sans exclusive, ils fédèrent les énergies pour l’édification d’un monde vivable et plus juste !

Qu’ils comprennent enfin que cela ne peut se faire qu’en rupture avec les visées actuelles, en protégeant le peuple des appétits illimités du patronat. De la régulation, du mieux vivre sinon du bien vivre, du bornage, un sens, c’est cela qu’il nous faut d’abord. Plus tard, nous aviserons quant aux avancées ultérieures. Alors, au travail pour mobiliser les 70% de votants qui échappent encore à l’adversaire !

Richard GRES. Le 28/12/2015

Tag(s) : #Politique

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