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La CGT à l'assemblée générale de la FNATH

L'assemblée générale de la section commentryenne de la FNATH (fédération Nationale des Accidentés du travail et des Handicapés) se tenait hier à Commentry. L'union locale de la CGT ne manque jamais cet évènement, ne serait-ce qu'en raison du fait que les travailleurs du secteur géographique de la commune ont payé un lourd tribut, tant par les accidents du travail que pour les maladies professionnelles. C'est ce qu'étaient venus rappeler leurs représentants à l'occasion de cette réunion publique.

Voici donc la déclaration de l'Union locale CGT, à l'occasion de l'Assemblée générale de la FNATH section de Commentry.

La CGT à l'assemblée générale de la FNATH

Intervention de l’Union locale CGT de Commentry

à l’Assemblée Générale de la FNATH Commentry le 14 février 2016.

 

Je suis mandaté par l’Union locale CGT de Commentry pour vous apporter son salut fraternel et vous souhaiter à toutes et tous, une bonne année et surtout une bonne santé, ainsi qu’une activité efficace pour votre association la FNATH

Chacun sait bien qu’au-delà des vœux, il convient de se prendre en main collectivement, car c’est encore la meilleure façon de faire face aux aléas de la vie, et aux contraintes de la vie en entreprise et au travail en général.

La santé est un bien précieux, c’est une richesse, une femme, un homme en bonne santé est plus efficace au travail qu’une personne maladive. La Sécurité sociale, dont on a fêté les 70 ans l’an passé y est pour beaucoup. Elle fût instituée par un responsable CGT par ailleurs militant politique en 1945, Ambroise Croizat, alors que la France était exsangue économiquement. Quant au grand patronat qui avait largement collaboré avec l’ennemi, ne disait-il pas en 1936, « mieux vaut Hitler que le Front populaire » il se trouvait donc à la libération en position de faiblesse pour imposer quel que dicktats que ce soit.

La Sécurité sociale a permis entre autre chose de faire évoluer la médecine et la chirurgie. Il s’agit d’une grande conquête sociale qu’il convient de préserver, de développer et d’améliorer dans le contexte actuel. L’argent de la Sécurité sociale est celui des cotisants, c’est notre argent, la gestion des caisses doit être rendue au monde du travail, ni le gouvernement, ni le patronat n’ont à y intervenir. Les cotisations (et non les charges) patronales sont du salaire socialisé.

La sécurité au travail est quant à elle une aspiration très ancienne des travailleurs. Cette question de la sécurité et de la santé au travail doit donc mobiliser les salariés. Derrière cette question se cache en fait la réalité des conditions de travail, qui se dégradent au nom du profit immédiat et de la satisfaction de l’appétit des actionnaires au détriment des travailleurs qui sont les seuls créateurs de richesse. Cette détérioration des conditions de travail, le recours à la main d’œuvre intérimaire et précaire conduit à une recrudescence des accidents du travail. En 2013 les accidents du travail déclarés avec arrêt ont été de 618 263 dont 541 morts. J’évoque ici les accidents déclarés, car le patronat use de tous les artifices, y compris le chantage pour que les salariés victimes d’accidents du travail ne les déclarent pas, et qu’ils soient ainsi considérés en maladie.

Quant aux maladies professionnelles, notamment en ce qui concerne l’amiante nous dénombrons 2200 nouveaux cancers par an et 1700 décès, nous sommes ici confrontés à un véritable génocide. Bien évidemment ni le pouvoir, ni les grands médias aux ordres n’en parlent.

Chez Adisseo, nous dénombrons 40 cancers du rein déclarés dont 13 décès, malgré cela, la direction refuse toujours de modifier le processus de fabrication de la vitamine A c'est-à-dire sans C5, en clair revenir à l’ancien procédé qui est actuellement utilisé par tous les autres producteurs de vitamine A.

Elle est ici la vraie violence, celle du capitalisme, celle des actionnaires qui veulent se goinfrer toujours plus.

La campagne orchestrée par le gouvernement, par le patronat et les médias au sujet d’une ou deux chemises déchirées par des salariés et militants qui défendaient leur outil de travail, leurs emplois et le service public à Air France est indigne, scandaleuse. La violence c’est quoi : celle de 1900 emplois supprimés, ou de deux chemises déchirées ???

Nous assistons à une criminalisation du syndicalisme militant, de celles et ceux qui luttent pour conserver leur outil de travail, pour conserver les emplois, à l’instar des salariés de Goodyear, dont huit d’entre eux viennent d’être condamnés à 2 ans de prison dont 9 mois de prison ferme, alors que les plaintes des dirigeants de l’entreprise ont été retirées. Il s’agit d’une première dans le droit français, pour le pouvoir en place, pour le Medef et Monsieur Gattaz en particulier, il convient de criminaliser le mouvement syndical et les mouvements contestataires afin d’avoir les mains libres pour mener leur politique antisociale et de déstructuration du vivre ensemble dans la société française. Dans notre bassin industriel de Montluçon-Commentry, il en va de même, c’est ainsi que le secrétaire général de l’Union départemental CGT de l’Allier et la Secrétaire générale de l’Union locale de Montluçon sont régulièrement convoqués au commissariat, pourquoi : pour avoir dénoncé et informé sur les pratiques industrielles dangereuses pour la santé des travailleurs de l’entreprise « environnement recycling », là encore les pouvoirs publics ferment complaisamment les yeux, alors que cette usine perçoit de l’argent public… Tous complices en quelque sorte.

Les atteintes à l’intégrité du monde du travail se multiplient, pour preuve, ils disent vouloir « moderniser » le Code du Travail, et ceux qui en parlent, ainsi que ceux qui y travaillent ne connaissent rien à la vie en entreprise. L’épaisseur de ce document tient essentiellement aux rappels des différentes jurisprudences, le Code du travail serait trop épais par rapport à certains pays, dixit Mr Bayrou, mais il y a aussi des pays qui n’ont pas de Code du Travail !!! Voilà où ils veulent en venir. « Dites-nous ce dont vous avez besoin, et l’on vous dira comment vous en passer ».

Nous assistons à une violation du droit du travail, conquête sociale obtenue de haute lutte pas nos anciens. Notre devoir et notre intérêt collectif est de s’y opposer résolument.

Les libertés syndicales ne vont pas bien en France, nous assistons à une multiplication d’atteintes au droit syndical, pourtant il n’y a pas de conquêtes sociales sans libertés syndicales.

L’Etat d’urgence que le Président de la République et son 1er ministre veulent inscrire dans le marbre de la constitution concourt à une grave atteinte aux valeurs de la République incarnées par la Liberté, l’Egalité et la Fraternité, atteinte doublée une supercherie, ce n’est pas cela qui mettra fin aux attentats terroristes, le seul but de cette mesure est d’empêcher toutes contestations sociales dans ce pays. Déjà de nombreuses bavures ont été commises, et des personnes ont été assignées à résidence, alors qu’elles étaient innocentes de tout acte délictuel. Les conséquences sont terribles car d’honnêtes citoyens ont perdu leur emploi, il s’agit là des résultats d’une enquête officielle. Cet état d’urgence est doublée d’un état d’urgence médiatique, ce qui permet aux médias d’envoyer de fausses informations dans le but de faire peur, des preuves de cette mystification de l’information sont en ligne dans l’émission « là bas si j’y suis », à voir absolument pour une désintoxication de la pensée unique dont nous sommes abreuvés quotidiennement.

Mais soyons optimistes, le Peuple doit reprendre ses prérogatives et il le fera, c’est une question de temps, le monde du travail doit s’opposer à ces reculs de civilisation, car il en est la principale victime, il doit proposer d’autres solutions notamment à travers la réappropriation des outils de production, du contrôle citoyen des mouvements financiers et des plus hautes fonctions de l’Etat. Ne dit-on pas que l’Etat c’est nous.

Il convient aujourd’hui de refaire du commun.

Karl Marx disait : « Le temps de la lutte doit toujours être celui de la pensée », quant à Jaurès, il évoquait, je cite : « qu’est-ce que l’action sans la pensée ? C’est la brutalité de l’inertie ».

C’est à méditer, le pouvoir du Peuple ne peut être efficace qu’à la condition que le Peuple soit éduqué, informé, et acteur de sa destinée.

Merci de votre attention et de votre patience.

Tag(s) : #Commentry

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