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Les colères grondent et les temps changent...
Les colères grondent et les temps changent...

Comment ne pas se rendre compte de l’accélération des événements politiques et sociaux, de ceux qui alimentent notre actualité… Les échecs répétés des politiques d’austérité en Europe, les entêtements fautifs de la « gauche » gouvernementale, dépositaire présente de dérives libérales, éclairent les processus désastreux qui touchent bien des secteurs vitaux de notre Nation.

La débâcle permanente des politiques imposées dans le cadre des institutions européennes est bien visible : avec le retrait durable de la croissance, ses conséquences sur le chômage, le niveau de vie dégradé ne sont que triste réalité. Les cadeaux financiers aux grands groupes industriels (41 milliards chaque année) ne servent en rien la relance et la création d’emploi. Il n’est qu’une chose qui marche bien, allant de pair, les profits capitalistes et les placements financiers. Notre pays est de plus en plus inégalitaire !

Dans ce cadre inepte et contraint, les campagnes médiatiques déversées par l’Élysée et Matignon, ne réussissent pas à convaincre nos concitoyens du bienfait des réformes imposées au pas de charge. La colère est largement présente partout et prend de l’ampleur avec la proposition délirante du projet de loi dit « Droit du Travail ». La vision mortifère du tout pour la finance exige pour les gens d’en haut de s’en prendre aux droits des salariés par des surenchères aliénantes, pour allonger le temps de travail, baisser comme ils disent le coût du travail et les salaires et prestation sociales, les charges sociales des entreprises par la même démarche etc… etc…

En bref, c’est un recul de nos civilisations sociales et démocratiques qui s’avance et qui fait dire à beaucoup que ce que Chirac et Sarkozy n’ont pu faire, Hollande – Vals – Macron, veulent le réussir !

Comment dès lors ne pas comprendre que les refus des initiatives législatives élaborées par les équipes en place prennent de l’ampleur et fassent réagir le monde salarié, le monde agricole et de vastes secteurs publics, tout autant que des étudiants. Une pétition sur Internet recueille plus de 1.000.000 signatures qui demandent le retrait pur et simple du projet que défendent Mme El Khoumri et M. Vals, droits dans leurs bottes. Ajoutée aux scandaleuses condamnations d’une justice de classe à l’égard des travailleurs licenciés – Air France – Goodyear – après les Conti - etc… la volonté libérale autoritaire ne fait plus aucun doute !

La manifestation du 9 mars prochain, les appels à la grève pour les salaires et la sauvegarde des emplois, vont prendre la couleur d’une France qui s’indigne et crie ses douleurs. Une suite déjà envisagée pour la fin mars indique que le printemps risque d’être chaud.

Les incidences de « la crise climat » dont on voit les effets dans notre quotidien, question abordée au moment de la tenue à Paris de la COP 21, ne paraissent pas être une réelle préoccupation gouvernementale.

Certes, l’entrée au gouvernement de trois écologistes, chasseurs de place ministérielle, se voulait être de nature à donner le change. Eh bien non ! Et pour appréhender la réalité des faits, il suffit de regarder en direction de « Notre Dame des Landes » avec les manifestations des 50.000 « têtes dures » refusant de céder aux pressions policières, aux menaces judiciaires et à l’annonce, sortie du chapeau ‘’hollandais’’, d’un référendum tout à la fois démagogique, illégal, illégitime et au bout du compte impossible.

Ajoutons, ici la mobilisation « anti-exploitation gaz de schiste » de dimanche dernier. Ce dimanche où Ségolène Royale, la Ministre de l’Environnement, a réaffirmé la volonté du pouvoir de prolonger l’exploitation des centrales nucléaires de dix ans supplémentaires. !!! On se pince pour savoir si l’on ne rêve pas devant tant de cynisme.

Et la crise de l’agriculture productiviste, l’élevage français qu’on assassine, en rajoutent encore dans l’expression du mécontentement et des colères à l’égard des politiques européennes devant lesquelles se couchent en permanence nos équipes gouvernementales. Soyons clairs dans nos objectifs et disons que, vouloir transformer l’Europe de l’intérieur est un leurre, c’est d’une sortie de l’Euro qu’il faut parler.

La honte tombée sur le Président de la République au Salon de l’Agriculture, la réaction populaire favorable aux luttes des agriculteurs, en disent long sur le marasme politicien mais en même temps indiquent un changement d’attitude populaire…

Faut-il oublier, ici, la manière dont les questions sécuritaires apparaissent aussi comme des questions de large actualité suite aux événements tragiques de Janvier et de Novembre 2016. Car tout le monde sait dans quelles conditions de traumatisme populaire vivent de très nombreuses familles depuis ces assassinats de masse. Fort justement la mise en œuvre de l’État d’urgence a été comprise par nos concitoyens, souhaitées aussi les mobilisations policières comme la réactivation de la surveillance du territoire par le service de renseignements… Mais d’évidence le prolongement inscrit dans la loi, de cet État d’urgence, et plus encore la modification de la constitution pour y inscrire la « déchéance de nationalité », ne collent pas avec notre situation d’État de droit républicain.

La dérive apparaît majeure de voir des atteintes arbitraires aux libertés individuelles et collectives et cela est inacceptable. Il faudra être vigilant pour deux durant les manifestations, non seulement pour éviter toute provocation mais aussi pour empêcher toute assimilation avec des troubles à la paix civile…État d’Urgence oblige !

Comme un tout apparaît la question des migrations due à l’état de guerre qui s’enlise au Moyen-Orient ou en Afrique, qui de fait résultent des rapports de « coopération néocoloniale » entretenus par les États impérialistes occidentaux ! L’Europe du capital est là encore en large faillite. Et le « Brexit » anglais en est une nouvelle preuve irréfutable. Calais et sa jungle, un aspect des plus délicats… Une bombe à désamorcer au plus vite. Maudite soit donc cette Europe du capital inhumaine en diable.

Au fond, s’il est un impératif à faire valoir à nos gouvernements, aux va-t’en guerre droitiers et socialistes, vendeurs d’armes patentés, c’est de consacrer le reste d’influence et d’autorité de la France à travailler d’arrache-pied à la paix. A la paix en Syrie et au règlement du conflit permanent en Palestine où les massacres se perpétuent, dans les zones occupées par Israël au mépris des décisions ‘’onusiennes’’.

Il existe donc bel et bien un état de colère sociale et politique sur notre territoire, un mécontentement qui s’étend à bien des strates sociales, des familles à la peine, des jeunes inquiets pour leur avenir alors que s’étalent les richesses des puissants, de leurs actionnaires avides et égoïstes.

Les élites dirigeantes, enfermées dans leurs castes, les partis politiques plus soucieux de la lutte des places que de l’intérêt général, apparaissent comme un monde à part. A part du monde réel qui vit la crise et les difficultés qui en découlent.

Le vieux monde politique se meurt. C’est un grand bol d’air frais qu’il faut à notre société des apparences mensongères et de la destruction des valeurs du bien commun. En ce sens pour sortir des impasses libérales, le besoin de donner un grand coup de pied dans la fourmilière est latent, en attente populaire.

Les élections présidentielles qui se préparent, vont être un des moments de restructuration possible d’une visée concrète de repositionnement social et démocratique au vrai sens du terme. Celui d’une réapparition du rôle du mouvement populaire pour lui-même et par lui-même. Et ce ne sont pas les adeptes des formules importées des USA, des primaires fourre-tout qui peuvent correspondre à cela. Multiplier les rencontres des initiés entre eux, comme ce fut le cas du PS en 2012 pour la désignation du candidat, a donné les résultats du désastre actuel ! La volonté d’en répéter le genre qui anime les dirigeants de la droite actuelle, ne donnera pas des résultats différents et pendant ce temps les misères du peuple et l’enfoncement de notre pays se poursuivent en s’aggravant face à l’appétit du système financier dominant.

La lumineuse idée d’une primaire à toute la « gauche » qui n’est de fait qu’une ode à la survie de l’existant libéral, se heurte pour sa part à quelques obstacles de taille. D’abord, même aux abois, le clan du président Hollande espère toujours pouvoir jouer la carte du « candidat naturel ». L’état d’éclatement en cours au Parti Socialiste ne donne que peu de chance à cette hypothèse, quand Martine Aubry, elle-même, sonne le glas de ce chemin. En fait, c’est d’abord le départ de Vals de Matignon qu’elle souhaite…Ensuite, face à cette situation de clair-obscur dans « la gauche » libérale, le positionnement de refus de Jean-Luc Mélenchon de se livrer à cette comédie annihile leurs espérances. Représentatif de 4 millions d’électeurs en 2012, sur le programme de « l’Humain d’abord », pourquoi faudrait-il oublier ce formidable espoir qui s’inscrit en faux de l’ambiance consensuelle molle généralisée et qui dure depuis quatre années.

Il n’est que la Madame Le Pen qui soit heureuse de cette situation, elle qui forte de ses scores aux européennes et aux régionales, se satisfait de pouvoir jouer au rôle de celle qui tire les marrons du feu… Un rôle de supplétif dans le courant général de l’affirmation d’un système capitaliste ayant besoin d’autoritarisme et de bouc émissaire utile : les immigrés…

La décision de Jean-Luc Mélenchon, son offre de candidature, amène dans le contexte d’agitation générale, une toute autre manière de faire de la politique et de solliciter la participation populaire. En s’adressant directement à tous les citoyens, en dehors de toute autorisation de Parti…. il se situe parfaitement dans l’ère du temps, à savoir celui de la colère et de l’insoumission. Il offre une occasion de prises en compte des besoins, de relancer le sens du commun, la production de commun et du service rendu à l’intérêt général.

Recueillir en quelques semaines à partir du site internet « La France insoumise J.L.M.fr » 70.000 signatures de soutien à sa candidature, indique les énormes capacités de rassemblement social disponible existant dans notre pays. Le bouillonnement social, celui du refus de servir les intérêts privés de la finance, appelle à bannir les vieilles recettes et les vieilles pratiques, celles d’un autre temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître… Combien n’ont pas connu la période du Programme Commun et de ses espérances déçues dans le tournant de l’austérité « déjà » adoptée par le gouvernement socialiste de l’époque.

Dire adieu à la monarchie républicaine, des Hollande – Sarkozy et autres Juppé ou Vals, est possible, cela dépend de chacun d’entre nous d’abord et de nous tous, ceux de la multitude citoyenne agissant ensemble.

Montluçon, le 2 mars 2016

PAUL CRESPIN,
En toute insoumission citoyenne

PS : à propos de l’initiation d’une primaire de toute la « gauche », mais que diable font donc là, se disant intéressés, des représentants du PCF se réclamant encore d’un Front de Gauche moribond. A l’exception de Marie-Georges Buffet, il faut le savoir…

Tag(s) : #Billet d'humeur

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