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Pour la FSU, "trop c'est trop, il faut les arrêter"

La FSU est aussi à la pointe du combat contre la loi El Khomri. Comme l'explique bien Vincent Présumey, la destruction du droit du travail aura également de lourdes répercussions sur les conditions de travail dans le public. Il faut dire que beaucoup de salariés du public ont été embauchés sous contrats précaires et seront directement impactés par la loi El Khomri, si par malheur, celle-ci venait à passer.

C'est la raison pour laquelle la FSU de l'Allier se prononce clairement pour un mobilisation unitaire public/privé qui s'inscrive dans la durée. Le secrétaire de la FSU de l'Allier a accepté de nous expliquer les raisons de l'engagement du premier syndicat de l'éducation nationale contre ce projet de loi :

Pour la FSU, "trop c'est trop, il faut les arrêter"
Pour la FSU, "trop c'est trop, il faut les arrêter"

Le contexte social et politique vient très brutalement d’évoluer. Contre la loi « El Khomri » (Valls-Gattaz, si l’on préfère), disons-le : le mouvement est engagé qui conduit à l’affrontement social, maintenant, printemps 2016.

Possibilité de travailler 60 heures, 10 heures par jour pour des apprentis … On n’en finirait plus de détailler le contenu extraordinairement violent de ce projet de loi. Résumons : le droit social issu de 1936, 1945, 1968, est détruit. Le cœur du projet c’est l’ « inversion de la hiérarchie des normes », bien entendu au nom de « l’emploi » et du « dialogue social », qui place la loi de l’entreprise au dessus de la convention collective et de la loi républicaine.

Fonctionnaires et éducateurs, à la FSU nous sommes concernés : parce que ce serait une catastrophe pour les salariés du privé, et donc pour ceux du public eux aussi confrontés à la pression à la baisse des salaires et à la hausse du temps de travail, une catastrophe pour les chômeurs, dont l’embauche serait rendue plus difficile par la flexibilité accrue du travail, et pour la jeunesse, dont l’avenir serait voué à la précarité, et parce que nous avons parmi nous des travailleurs de droit privé, comme par exemple les AESH.

Une intense discussion se mène ces jours parmi les militants syndicaux, suite au communiqué de la réunion intersyndicale nationale du 23 février qui, pour pouvoir avoir la signature de la CFDT, ne va pas jusqu’à demander le retrait de la loi « El Khomri » et n’appelle à rien pour l’instant (depuis, il est question du 31 mars). Pourtant, ce sont en réalité les directions des organisations qui soutiennent le « dialogue social dans l’entreprise » comme elles soutiennent la « réforme » du collège ou les « conventions » territorialisant l’école publique, qui sont à présent en difficulté devant la protestation massive de tous, y compris donc dans leurs rangs. L’unité est en train de se faire et c’est pour le RETRAIT de la loi « El Khomri » qu’elle se fera.

D’ores et déjà, un mouvement s’étend pour ne pas laisser passer la journée du mercredi 9 mars où la loi anti-droit du travail sera présentée en conseil des ministres. Car il ne faut plus, comme ce fut le cas en 2010, laisser passer les journées où les choses se décident et laisser en paix les institutions qui décident : gouvernement, parlement. D’ores et déjà des appels à la grève se font entendre et les organisations de jeunesses les plus diverses, le syndicat étudiant UNEF en tête, appellent la jeunesse à manifester dés le 9 mars.

Il n’appartient pas à la FSU, en tant que fédération de la fonction publique, de fixer les heures des nécessaires manifestations du 9 mars dans l’Allier, à Montluçon comme à Moulins et Vichy et pourquoi pas à Saint-Pourçain ou Broût, si les gens le décident.

Mais, d’une façon ou d’une autre, nous en serons. Parce que trop c’est trop. Ceux qui font le jeu du pire patronat et de l’extrême-droite nous ont assez dit de rester sages pour ne pas avoir pire qu’eux. Maintenant, il faut les arrêter. Alors, déjà, retrouvons-nous toutes et tous le 9 mars !

Bonne et excellente rentrée, amis, collègues et syndiqués !

Dernières nouvelles lundi 29 février :

- pour "lever les incompréhensions" et "rectifier ce qui doit l'être" le premier ministre M. Valls a annoncé que le dépôt du projet de loi en conseil des ministres est repoussé du 9 mars au 24 mars.

- dans l'Allier CGT, FSU et Solidaires appellent à se rassembler devant préfectures et sous-préféctures à Moulins, Vichy et Montuçon le 9 mars. La FSU déposera demain mardi 1° mars un préavis de grève.

-dans le Puy-de-Dome CGT, FO, FSU, Solidaires et UNEF appellent ensemble à manifester le 9 au matin, à Clermont-Ferrand.

Vincent Présumey secrétaire de la FSU de l'Allier

Tag(s) : #Actualité sociale, #Le département

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