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Un débat de haut niveau sur la loi Travail organisé par "l'Atelier"

Soirée de débat organisée par "l'Atelier" le 24 mars à la Ferme des ilets, espace Boris Vian :

L'Atelier avait choisi cette fois-ci de se projeter en plein dans l'actualité avec un débat public sur le projet de loi Travail et la mobilisation grandissante qu'elle suscite contre elle. Bien sûr, un tel sujet ne pouvait que susciter l'intérêt du public, d'autant que les invités qui ont introduit le débat étaient eux-mêmes particulièrement impliqués dans la lutte contre ce projet de loi. Du coup, une centaine de personnes ont fait le déplacement pour écouter les intervenants, mais aussi pour intervenir activement durant la soirée.

Les intervenants :

Bernard Friot que les habitués de l'Atelier connaissent bien maintenant, puisque c'est la troisième fois qu'il intervient devant le public de l'Atelier est économiste et sociologue. C'est de ce point de vue qu'il a abordé le sujet en contextualisant les enjeux sur le temps long. Pour lui, les dérives qui ont conduit à la situation actuelle date de 40 ans. Il n'y a donc rien de nouveau avec cette loi El Khomri, qui n'est en fait que la continuation de toutes les réformes qui ont, elles aussi, contribué à détricoter le droit du travail et l'ensemble des protections sociales. "C'est à la propriété lucrative elle-même à laquelle il faut s'attaquer" affirme l'économiste. En bref et sans jamais le dire, il suggère de renverser le système capitaliste, mais sans jamais expliquer comment. Et pour cause puisque le rapport de force est encore largement en sa faveur. En attendant "faut vivre" comme disait le poète, et c'est ce que font les exploités en tentant de limiter les dégâts avant de pouvoir lui substituer une économie réellement redistributive d’où la spéculation serait bannie.

Jean Garsin, syndicaliste à la CGT, n'y va pas par quatre chemins. "les travaux pratiques, maintenant, c'est le bras de fer avec le gouvernement" assène t-il et il ajoute "et tant pis si le gouvernement tombe, ce n'est pas le nôtre". Tout comme Bernard Friot, il déplore la défaite de 2010 et pointe la responsabilité des organisations syndicales qui n'avaient pas su ou voulu prolonger le mouvement jusqu'au retrait de ce qui était encore qu'un projet de réforme du système des retraites.

C'est pourquoi, Jean Gersin pense que l'unité du mouvement social doit se construire à la base en passant notamment par les assemblées générales de grévistes et des étudiants pour décider des suites à donner après le 31 mars. C'est clairement un appel à l'auto-organisation des luttes que ce dernier défend.

Un débat de haut niveau sur la loi Travail organisé par "l'Atelier"

Jean-Louis Borie est un des avocats les plus connus sur l'Auvergne. Spécialiste du droit du travail, il a été l'avocat des salariés dans des affaires emblématiques sur la région. Le droit du travail, c'est son outil pour défendre les salariés et il a assisté aux coups de boutoir répétés contre le code du travail. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il a disposé devant lui un exemplaire de celui-ci, bien à la vue de son auditoire, avec une petite affichette sur laquelle est inscrit 'touche pas à mon code". Ce qui se joue, ce n'est pas seulement l'attaque contre le code du travail. C'est aussi la destruction de toutes les jurisprudences qu'il a contribué à édifier en trente-huit années d'exercice.

Lui aussi rappelle que les attaques contre le droit du travail ne datent pas d'aujourd'hui. Il parle même de "stratégie du choc" de la part des libéraux. En quelque sorte, une stratégie de sidération qui a pour objet d'enlever toute capacité de résister, en raison, à la fois par la violence, et des coups répétés contre tout ce qui relève du principe de solidarité. L'avocat en est convaincu, "cette bataille qui s'engage, est la mère des batailles", et il finit son intervention par un réquisitoire sans appel "Hollande et Valls ont fait pire que ce que la droite a fait avant eux et que la droite n'aurait même pas osé faire".

Cyril Escofier, représentant de l'UNEL ne s'est pas privé de dire tout le bien que les lycéens et les étudiants pensaient de ce projet de loi Travail, car contrairement à ce qu'affirme le gouvernement, ils se sentent concernés par elle. Ils refusent l'aggravation de la précarité que cette dernière va provoquer. Ce projet de loi a donc été un formidable détonateur pour la mobilisation de la jeunesse. Une mobilisation qui monte peu à peu en puissance et qui met en scène la détermination des jeunes à ne rien céder par rapport à ce projet inique.

Matthieu Barberis, représentait l'UNEF. Il est venu spécialement de Clermont-Ferrand et c'est lui qui a introduit le débat en présentant les intervenant à la tribune. C'est plus tard qu'il interviendra dans la discussion pour confirmer et réaffirmer la détermination des étudiants et des lycéens à ne pas laisser passer cette loi de régression majeure pour notre société. Et de citer Antonio Gramci " Il faut avancer avec le pessimisme de l'intelligence et l'optimisme de la volonté"

Il n'est évidemment pas possible de rendre compte des nombreuses interventions de la Salle. Et pourtant, toutes sont pertinentes. Heureusement, les animateurs de l'Atelier ont pris le soin de filmer les interventions de chacun des invités, puis, les interventions de la salle. Deux vidéos ont ainsi été réalisées. La première correspond aux interventions des invités. La seconde aux interventions dans la salle.

Un débat de haut niveau sur la loi Travail organisé par "l'Atelier"

Il y a eu un petit souci technique sur la première vidéo. Le son commence à 1mn 37. Merci de prendre patience ;). Merci aussi à Jean-Michel Vallée qui s'est occupé du tournage des vidéos et à Gérard Blanchet qui les a mis en ligne.

Les interventions préliminaires des intervenants

Le débat avec la salle

Tag(s) : #Montluçon

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