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Entre Ubérisation et délocalisations, des salariés malmenés

Le premier débat sur cycle de conférences sur le thème "à quoi ressemblera le travail de demain", organisé par le Parti socialiste se déroulait à la salle Robert Lebourg ce samedi 23 mars. Diana Filippova, responsable des relations avec les start-up chez Microsoft inspirait plutôt une certaine méfiance, eu égard à la fonction qu'elle occupe dans ce grand groupe mondial.

Les choses sont en réalité plus complexes que cela. Diana s'est surtout penchée sur l'évolution fulgurante des technologies robotiques et informatiques qui suppriment et continuent à supprimer des emplois par milliers.

Or rien ne s'est passé comme certains économistes l'avaient pourtant imaginé, car même le travail intellectuel commence a être affecté par les nouvelles innovations de l'intelligence artificielle qui commence à remplacer nombre de tâches plus complexes dans l'univers de la production, mais aussi dans beaucoup d'autres activités en dehors même de l'industrie. Et alors que l'on pensait qu'il resterait du travail pour les couches intermédiaires qui organisent, supervisent et régulent la production, cela n'a pas été du tout le cas.

Contrairement à tous les scénarios qui avaient été envisagés, ce sont les petits jobs qui se sont développés l'activité (on parle aujourd'hui d'ubérisation de la société). Or, ces emplois, ne sont pas de vrais emplois au sens de l'emploi salarié, et du coup, ceux-ci ne peuvent bénéficier des mêmes protections sociales, au sens large du terme. Ainsi, n'est-il pas rare que les personnes qui travaillent pour UBER , alignent jusqu'à 60 heures par semaine et parfois plus pour générer un chiffre d'affaire suffisant afin, une fois payées tous les frais et les charges, s'octroyer un salaire.

Est-ce la tendance qui va prévaloir demain ? Toute la question est là. Malgré tout, dans le bel exposé de Diana, il y a tout de même quelque chose qui cloche. On ne peut pas rendre responsable la seule révolution robotique et informatique des destructions massives d'emplois en France. Le principal fléau, c'est la délocalisation des entreprises dans les pays qui disposent d'une main d’œuvre mal payée et mal traitée. Dans son fil "merci patron", Ruffin a d'ailleurs montré qu'une entreprise qui avait délocalisé sa production textile en Pologne avait ensuite délocaliser de la Pologne à la Bulgarie, là où la main d'œuvre est encore moins chère, et il est même question que cette entreprise délocalise une fois de plus, mais cette fois-ci, en Grèce. Tout cet aspect n'a pas été abordé durant l'exposé qui était cependant d'une belle qualité.

Diana Filippova et Nicolas Brien en fin de débat

Diana Filippova et Nicolas Brien en fin de débat

Et la loi travail que vient-elle faire dans tout ça ? Car, il ne faut pas oublier que le Parti socialiste a programmé cette série de débats, dans le but de présenter la loi Travail. Sur ce point, Diana Filippova a été relativement claire. Cette loi n'intéresse pas les PME, elle est plutôt faite pour les grandes entreprises et faire en sorte de leur accorder une plus grande liberté afin que ces dernières puissent mener leurs restructurations et les délocalisations qui en découlent le plus souvent, à moindre frais.

Son analyse rejoint en cela le témoignage d'un chef d'entreprise d'une PME qui disait que les PME n'étaient pas demandeurs de cette loi Travail, telle qu'elle été conçue. Lui par exemple ne cherchait pas à se séparer de ses salariés, même en temps de crise, car les compétences spécifiques que ces derniers ont acquis dans l'entreprise feraient défaut à cette dernière dès lors que le carnet de commandes se remplirait à nouveau. Les PME seraient donc bien plus favorables à d'autres formes de soutien comme cela est détaillé dans l'article d'AlerEco que vous pouvez retrouver ICI.

Ce débat ne manquait pas d'intérêt, probablement comme celui qui suivra. Cependant, les socialistes ne peuvent pas être crédibles en proposant de débattre, alors que la loi va être soumise au parlement, car c'est avant de légiférer qu'il aurait fallu débattre, et non pas après, avec le couteau sur la gorge. C'est la raison pour laquelle les syndicats et une grande partie de l'opinion publique avec eux, exigent le retrait du projet de loi El Khomri, en préalable à toute discussion. Les nuits debout réclament beaucoup plus, mais ça c'est une autre histoire que regard-Actu développera plus tard pendant le mouvement qui atteint notre ville.

Philippe S

Présentation du débat par Diana Filippova, responsable des stars-tup chez Microsft

Tag(s) : #Montluçon

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