Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Après la séance de jeudi dernier qui s'est terminée dans la confusion la plus totale, le Président du Conseil départemental a convoqué une nouvelle séance ce dimanche à 7h du matin, presque en catimini. Une véritable tentative de passage en force au mépris des protestations du personnel, de leurs organisations syndicales et de l'opposition des communistes et des socialistes.

L'augmentation du temps de travail des agents, alors que leurs conditions de travail ne cessent de se détériorer, a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Car la majorité a décidé de supprimer 4 jours de congés annuels. La réaction des agents ne s'est pas fait attendre. 400 d'entre eux ont envahi l’hémicycle de l'hôtel du département le jeudi 31 mars pour exiger l'abandon de ces mesures, qui vont encore aggraver un peu plus leurs conditions de travail, déjà difficiles.

Lors des négociations qui se sont déroulées ce jour-là sous la pression du personnel, le Président du Conseil départemental a proposé au pied levé, tel un marchand de tapis, de retirer deux jours à chaque agent plutôt que 4 jours comme il l'avait précédemment annoncé, pensant peut être que la pilule allait passer plus facilement. Il a même prétendu que les syndicats étaient d'accord avec cette proposition, avant que ceux-ci ne démentent fermement cette affirmation.

Mais de toute façon, le personnel n'a pas accepté ce marché indigne, ce qui a fait dire au journaliste du grand quotidien présent sur place, que "les syndicats étaient débordés par leur base". Belle conception du journalisme.

De leur côté, et n'écoutant que leur courage, certains élus de la majorité avaient déserté la séance. Par voie de conséquence, le quorum n'étant plus atteint, la séance a dû être remise à plus tard.

Rassemblement des agents territoriaux le jeudi 31 mars devant le Conseil départemental (photo prise par le PS de commentry)

Rassemblement des agents territoriaux le jeudi 31 mars devant le Conseil départemental (photo prise par le PS de commentry)

Convocation en catimini

C'est tout juste si Gérard Dériot n'a pas convoqué l'assemblée départementale en pleine nuit pour faire passer sa mesure impopulaire. Il a tout de même osé convoquer les élus un dimanche matin suivant à 7h 30, en pensant probablement que les fainéants de fonctionnaires ne se leveraient pas aussi tôt et qu'il ne sacrifieraient pas leur jour de repos pour manifester à nouveau. C'était mal connaître leur détermination. Plus de 300 d'entre eux ce sont présenté à nouveau devant les portes du conseil départemental à l'heure dite. Mais celles-ci étaient closes, car le Président avait organisé un filtrage par une porte dérobée pour ne laisser entrer que les élus, alors que les séances sont normalement publiques. Les forces de l'ordre étaient présentes et une milice privée organisait le filtrage devant le seul accès possible.

C'est dans ces conditions que la séance à huit clos a pu débuter, avec comme bruit de fond, les klaxons et sifflets des manifestants qui perdaient patience à l'extérieur du bâtiment. Inutile de dire que cette séance ne fut pas moins houleuse que la précédente. Élus PC et PS se sont relayés pour blâmer la majorité départementale, mais rien ne semblait pouvoir raisonner cette majorité qui gouverne sans tenir compte des demandes des uns et des autres.

Un vote contesté

A l'extérieur, "le cordon sanitaire" mis en place pour empêcher les agents de pénétrer dans l’hémicycle n'a pas résisté à la pression exercée par ceux-ci, et bien vite le Président et son entourage ont dû à nouveau faire face à des grévistes déterminés, ce qui n'a pas empêché le vote d'avoir lieu.

La proposition de la majorité ne l'a emporté que d'un voix, mais dans l'urne, il y avait une enveloppe de trop. le scrutin a donc été annulé et alors que les élus de l'opposition demandaient à ce que le scrutin soit reporté, le Président du Conseil départemental a demandé que l'on procède à nouveau au vote, ce que les élus de l'opposition ont refusé. Le vote a pourtant eu lieu avec les seuls élus de la majorité, ce qui a permis l'adoption de cette décision inique et injuste.

On peut penser que les syndicats et les agents territoriaux n'en resteront pas là.Les actions vont continuer. Sous quelle forme ? Difficile de le dire pour l'instant. Mais avec la grande mobilisation contre la loi Travail, également imposée par le gouvernement sans aucune réelle concertation, les travailleurs du privé et du public n'ont guère le choix. Soit, ils se mobilisent pour combattre les mesures indignes contre le monde du travail, soit il faudra se préparer au pire, car il n'y a aucune raison que cela s'arrête là !

Aux dernières nouvelles, les élus de l'opposition devraient déposer un recours devant le Préfet pour faire annuler le vote pour irrégularité.

Tag(s) : #Le département

Partager cet article

Repost 0