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Cérémonie du 1er mai en l'honneur de Christophe Thivrier
Cérémonie du 1er mai en l'honneur de Christophe Thivrier

Depuis quelques années, les organisations politiques de la « gauche de la gauche » et des syndicats de Commentry honorent la mémoire de Christophe Thivrier, premier maire socialiste du Monde à Commentry en 1882 puis député de l’arrondissement de Montluçon. Cette cérémonie avait lieu le 1er mai, jour de la Fête des Travailleurs. Cette année, la CGT, la FSU, le PCF, l’Association Vivre ensemble à Commentry, les élus d’opposition municipale étaient présents, ce qui a donné lieu à 5 interventions, certes d’un contenu parfois un peu différent, mais qui se rejoignaient sur l’essentiel. Il y avait dans l’assistance des sympathisants PS qui, sans doute, se reconnaissaient mieux dans cette commémoration que dans d’autres.

On sait qu’à Commentry l’héritage de Christou est grandement disputé, mais il paraît maintenant évident aux observateurs honnêtes que ses véritables héritiers étaient présents ce matin au cimetière, comme l’a dit Alain Passat dans son discours. Christophe Thivrier aurait-il approuvé la loi travail qui vient ce mardi à l’Assemblée ? Certains pourraient estimer que poser cette question est un peu outrageant à sa mémoire tant il est évident que pendant toute sa vie le « Député en blouse » s’est battu pour le progrès social alors que la loi El Khomri est scandaleusement régressive.

Donc, aucun doute pour les progressistes commentryens : il faut rassembler largement pour le retrait de la loi travail, rejetée d’ailleurs par une majorité de la population au niveau national, et pour tracer d’autres chemins que celui de la résignation que voudraient nous faire emprunter les tenants du Pouvoir actuel et bien entendu, la Droite qui trépigne d’impatience à l’idée de revenir aux affaires.

Si vous voulez en savoir plus sur la vie de Christophe Thivrier, lisez « Le Député en blouse », écrit par son gendre, Ernest Montusès, militant socialiste puis communiste à la création du PCF. C’est un petit ouvrage très instructif sur le mouvement ouvrier du bassin Montluçon-Commentry de la fin du 19ème siècle dans lequel transpirent l’admiration et l’affection de l’auteur pour son révolutionnaire de beau-père.

Michel Beaune

Cérémonie du 1er mai en l'honneur de Christophe Thivrier

Discours de Sylvain Bourdier pour "Commentry pour tous"

1er mai 2016 – Fête des travailleurs

Mesdames, Messieurs, chers-es amis-es, chers-es camarades,

Cette année, nous abordons la fête des travailleurs dans un contexte bien particulier. En effet le monde du travail est en lutte. Il n’est pas en lutte pour réclamer de pourtant légitimes augmentations de salaire, des améliorations de conditions de travail, des créations d’emplois, la défense et la création de services publics. Il est en lutte en réaction aux attaques de la loi EL KHOMRI, avec en arrière plan l’ombre pesante de Monsieur GATTAZ, patron du CNPF. Je préfère dire CNPF plutôt que Medef tant la vision du monde du travail de Monsieur GATTAZ et de son organisation est d’un autre temps...En 2006 déjà, Madame PARISOT lâchait : « La liberté de penser s’arrête là où commence le Code du Travail ». Elle n’a pas déclaré : « La liberté d’entreprendre s’arrête là où commence de Code du Travail », non, c’est bien de « penser » dont il s’agit ! Cette pensée unique et libérale que souhaite nous imposer le grand patronat et les dirigeants libéraux devenus aujourd'hui les fondés de pouvoir du capital.

Le code du travail a été adopté en 1910, sous l’impulsion de René VIVIANI. Il vient en réponse au rapport du Docteur VILLERMÉ qui dénonce l’état de santé catastrophique de la classe ouvrière. Les journées de travail sont à l’époque démesurées, sans hygiène ni sécurité et pour des salaires de misères. Dès lors, ce sera plus d’un siècle de bras de fer entre travailleurs et patronat.

Ne sentez vous pas la volonté des classes dominantes de vouloir prendre leur revanche et nous imposer un retour en arrière déjà commencé: salaire minimum au plus proche du seuil de pauvreté, temps de travail considérablement allongé, rentabilité toujours plus exigée, conditions de travail négligées, actions syndicales réprimées. Permettez moi, cher-es amis-es, de m'attarder quelques instants, pour témoigner de notre plein et entier soutien à Laurent INDRUZIACK, secrétaire départemental de la CGT, qui après trois convocations au commissariat se voit assigné, le 11 mai prochain, par la juge d’instruction pour une potentielle mise en examen.

Au delà des reculs concrets et inacceptables dont la loi EL KHOMRI se trouve porteuse, nous nous heurtons à une difficulté philosophique relative à la nature même du code du travail. En 1906, la catastrophe de Courrières dans le Pas-de-Calais, entraînait la mort de 1099 mineurs au fond des puits. Le patron exigeait que l’on cesse les recherches de survivants pour reprendre le travail. Le choc émotionnel et la prise de conscience furent considérables et le ministère du travail fut créé et séparé du ministère de l’économie. Dès lors, il était acté que l’intérêt des travailleurs ne pouvait pas être soumis à l’intérêt économique et que cette antinomie serait arbitrée par un Code du Travail qui imposait que l’on adapte le travail aux travailleurs et non le contraire.

Et bien la voici la contradiction philosophique, elle trouve ses racines dans la loi gouvernementale qui fait le choix de vouloir adapter, au nom de la sacro-sainte compétitivité libérale, le salarié au travail et plus l’inverse.

C’est en cela que la loi ne peut être ni amendée, ni négociée, ni ajustée, elle ne peut être que retirée et le combat pour y parvenir doit être implacable.

Cette loi d’inspiration libérale, n’a t-elle pas, soudainement formée la goute d’eau, celle de trop, la goute d’eau qui fait déborder le vase mais qui étanche la soif de démocratie des peuples ? Regardons autour de nous, ce n’est pas la protestation qui fait rage, c’est la proposition qui fait rage. La proposition d’une République retrouvée, ou l’intérêt de tous prime sur les intérêts de quelques-uns. Les nuits debout, pacifiques, studieuses, fraternelles en sont la démonstration. En réaction, toujours, les classes dominantes exigent la restitution de l’espace public et en appel aux respects des lois de la République. Étonnante référence à la République de la part de ceux qui l’on si souvent bafouée. Les classes dominantes sont elles légitimes pour invoquer la République ? Elles ont, avec arrogance détourné la République pour servir honteusement leurs intérêts privées, renonçant ainsi au principe d’égalité entre tous les citoyens et ce quelque soit leur condition sociale : égalité devant l’impôt, la justice, le travail, la rémunération, la santé, l’éducation.

La convergence des luttes est notre planche de salut, il nous faut entretenir les mobilisations, inventer de nouvelles formes de résistances, nous n’avons plus d’autres choix car faire marche arrière serait pire que tout, ce serait l’aveu d’une soumission consentie.

Je conclurais sur cette citation de Jean Jaurès : « Le capitalisme n’est pas éternel, et en suscitant un prolétariat tous les jours plus vaste et plus groupé, il prépare lui-même la force qui le remplacera. »

Je vous remercie pour votre attention.

Intervention de Sylvain Bourdier entouré des membres de Commentry pour tous

Intervention de Sylvain Bourdier entouré des membres de Commentry pour tous

Intervention de la section PCF de Commentry le 1er mai 2016

Christophe Thivrier, nous voici une nouvelle fois réunis devant ta sépulture pour te rendre l’hommage que tu mérites. Nous ne sommes pas là pour instrumentaliser ta pensée révolutionnaire, mais nous nous sentons plus que d’autres tes héritiers. Nous n’avons ni dieu, ni maître, enfin pour certains d’entre nous, mais nous avons des guides : Robespierre, Marx, Jaurès, Guesde, Lénine, Rosa Luxembourg, Le Ché etc… et plus localement Christophe Thivrier, le 1er maire socialiste du monde, celui qui a tenu ses promesses et qui est entré à l’assemblée nationale avec la blouse bleue en hommage aux mineurs de Doyet, celui qui a crié dans ce même hémicycle : « vive la Commune de Paris ». Lesterlin oserait-il le faire aujourd’hui ??? Nous n’oublions pas non plus Jean Dormoy le forgeron du 1er mai qui mena une lutte syndicale intense et qui fut le 1er maire socialiste de Montluçon en 1892.

Le 1er mai, c’est la fête des travailleurs et non la fête du travail, qui elle a été instituée par Pétain le 24 avril 1941 et qui s’intitulait « fête du travail et de la concorde sociale » en référence à sa devise Travail-Famille-Patrie, car pour Pétain, la fête des travailleurs faisait trop référence à la lutte des classes.

Pour tous les progressistes la fête des travailleurs est l’occasion de rendre hommage aux luttes du passé, nous savons bien que rien ne nous a été octroyé, que tout a été arraché par la lutte. Le 1er mai c’est le printemps de l’Internationalisme, ainsi nous rendons hommage à la mémoire des 12 morts de Chicago en 1886, des 10 morts à Fourmies en 1891. C’est une époque que Christou à connu.

Cette journée internationale de solidarité et de paix entre les Peuples tire ses origines des combats souvent sanglants du mouvement ouvrier pour l’obtention de la journée de 8 heures à la fin du 19 ème siècle. Aujourd’hui patronat et gouvernement à travers la casse du Code du Travail dont le but est de servir les intérêts du grand capital et d’obéir aux directives de la commission européenne (qui n’a aucun mandat électif), veulent ramener la journée de travail à 10 h voire 12 h et pourquoi pas 17 h pour les adultes et 13 h pour les enfants. Le mieux du mieux pour eux serait comme le chantait Jean Ferrat, « les enfants de 5 ans travaillant dans les mines ».

Le 1er mai c’est la fête du printemps, la fête du renouveau et de l’espoir toujours remis en chantier, c’est la fête des luttes et des victoires. Cette année, le 1er mai est marqué par les mouvements sociaux, manifestations unitaires, les Nuits Debout où il est question d’un changement de société, d’une remise en cause du capitalisme, d’élaborer une nouvelle constitution conforme aux intérêts du Peuple souverain. Toute valeur créée doit revenir aux travailleurs, avec le remplacement du profit par une cotisation économique, car tout nous appartient. C’est en cela qu’il convient de s’approprier les moyens de production, d’échange et de la finance. Christophe Thivrier ne disait-il pas en son temps : « la mine aux mineurs ».

Le capitalisme n’a pas de patrie, pas de famille, pas de cœur, il a toujours créé la misère, la désolation, il a enrichi les plus riches et exploité le plus grand nombre, celles et ceux qui n’ont que leurs bras et cerveaux pour vivre. Les créateurs de richesses sont celles et ceux qui travaillent, qui se lèvent tôt, les rentiers, actionnaires et autres politicards professionnels, celles et ceux qui nous donnent des leçons ne sont que des parasites, dont il faut se débarrasser au plus vite. L’actualité nous le révèle une fois encore, ces parasites fraudent le fisc en amassant dans les paradis fiscaux leurs fortunes volées en s’appropriant les richesses créées. Selon une enquête ils seraient un millier en France, mais l’on ne sait pas tout !!!

Intervention d'Alain Passat pour le Parti communiste

Intervention d'Alain Passat pour le Parti communiste

Prise de parole CGT 1er Mai 2016

Cher(e)s Camarades, Cher(e)s Ami(e)s.

Pour commencer cette intervention, je voudrais, au nom de la CGT, vous remercier d’être venus nombreux pour ce 1er mai 2016.

Même si nous sommes dans une période forte dans le mouvement social, profitons de ce RDV pour faire un petit rappel historique.

Même si le lien historique s’est peu à peu distendu dans la mémoire des jeunes générations, le 1er mai reste dans le cœur des travailleurs, une date anniversaire importante qui engage chacun d’entre-nous dans une réflexion générale, sur nos conditions de travail, sur de meilleurs salaires, et plus généralement, dans quelle société nous voulons vivre demain ?

Oui, le 1er mai et d’abord et, avant tout, une journée de commémoration et d’action du mouvement ouvrier et syndical, qui puise son origine il y a 130 ans, puisque tout commença, le samedi 1er mai 1886, à Chicago, où les syndicats Américains organisèrent un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures. La loi travail, contre laquelle se mobilise aujourd’hui le monde du travail, est à l’exact contraire de ses exigences : elle conduit à plus de flexibilité, plus de précarité, plus d’insécurité sociale !

Ce mouvement eut des conséquences inattendues pour la classe ouvrière internationale. En effet, trois ans plus tard, en 1889, le congrès de l’internationale socialiste réuni à Paris, décida sur l’impulsion de celui qui fut surnommé, le « Forgeron du 1er mai » - Jean-Dormoy –bien connu des Montluçonnais, qui fut le maire de la ville de 1892 à 1898.

C’est donc sous l’impulsion de ce grand homme politique que fut consacré, chaque année, le 1er mai, comme journée de lutte dans les villes et dans tous les pays du monde.

Depuis plus d’un siècle, le 1er mai est l’occasion pour tous les travailleurs du monde entier de se réunir pour le progrès social et la liberté.

Ce 1er mai 2016, ne fait pas acception à la règle. Une fois de plus, il y a nécessité, à ce que les salariés, les retraités, les privés d’emploi, les jeunes, ceux, que l’on appelle communément, la classe ouvrière, qui sont la fierté de notre pays, de se mobiliser pour réaffirmer leur refus de payer la facture d’une crise économique dont ils ne sont pas responsables.

Mais, ce 1er mai a la particularité, comme quelque fois dans notre histoire, de se situer dans le même temps qu’un mouvement social : la bataille contre la loi travail.

La loi travail s’inscrit dans le droit fil des réformes structurelles, voulues par le Conseil européen et la Commission européenne. Avant la France, les réformes engagées en Allemagne, en Grande Bretagne et ailleurs n’ont fait que précariser l’emploi. Cette façon de privilégier la rentabilité financière au détriment du travail exacerbe la crise.

Depuis de trop nombreuses années, les politiques d’austérité déstructurent nos sociétés, accroissent les inégalités, mettent à mal le monde du travail. Elles sont responsables de la montée des extrémismes, car depuis toujours, l’intolérance et le rejet de l’autre poussent sur le terreau de la misère.

Il n'y aurait pas d'autre alternative. C’est encore à ce titre, que les adeptes de l'austérité professent, aujourd'hui, la diminution des dépenses publiques, la protection sociale, des salaires, du droit du travail.

De l'argent, il y en a dans la poche du patronat, dans les coffres des possédants, dans les banques. Ici ou dans les paradis fiscaux, le nouveau scandale dit Panama Papers en est bien l’illustration. Sur les marchés financiers, partout dans le monde, il circule, il se cache, il est surabondant, c'est cet argent qui ne va pas à l'investissement productif, au logement, au développement des services publics, à la protection sociale.

Cet argent qui manque aux fins de mois aux salariés condamnés aux petits salaires, aux petites retraites, aux minima sociaux. Partout, on nous dit que nous coûtons trop cher. Il nous faut lever le voile sur cette richesse ; sur les salaires des patrons et PDG du CAC 40 qui touchent des salaires mensuels équivalents à 1000 ou 2000 fois le smic. D’ailleurs, aucun de ces PDG aux salaires astronomiques n'auraient le courage de venir ici, dire devant nous, sur cette place publique, qu’il vaille 1000 ou 2000 fois plus que chacun d'entre vous.

Du courage, il leur en faudrait ! Mais ce courage pour eux, il est facile derrière les vitres teintées des limousines ou encore plus facile, caché loin dans les paradis fiscaux, protégé par une certaine classe politique.

Il en faut bien davantage du courage à une femme seule qui travaille chez Carrefour, dans une crèche, dans le textile ou une infirmière avec ses enfants et son salaire de misère pour boucler ses fins de mois. A un jeune qui, de stage en stage, de petits boulots en petits boulots, pour s’accrocher. Du courage pour les ouvriers qui travaillent aux pièces postées.

Du courage à tous ces retraités pour vivre avec moins de 20 € par jour, ou à ces salariés qui luttent tous les jours pour ne pas perdre leur emploi et qui vivent pour une grande majorité avec à peine plus de 1200 € par mois.

Il en faut du courage à ces milliers de (Montluçonnais Moulinois, Vichyssois) qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 880 € par mois.

Ce qui est en jeu, c’est la conception même de ce que doit être le travail. Les travailleurs et travailleuses veulent que leur place soit reconnue, leurs conditions de travail améliorées, leur temps de travail diminué, leurs salaires augmentés, l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes réalisée.

En résumé, ils exigent des droits nouveaux pour mieux vivre et mieux travailler, car le progrès social, la justice sociale sont les conditions incontournables pour un monde de paix et de solidarité.

Pour la CGT, la lutte contre le chômage et pour l’emploi passe par une politique ambitieuse de reconquête industrielle et de développement des services publics, l’augmentation des salaires, pensions et minima sociaux, une protection sociale digne de ce nom.

Pour la CGT, la lutte contre la précarité et l’exclusion passe par des droits nouveaux, par un Code du Travail du XXIe siècle.

La CGT réaffirme ses exigences :

► Revaloriser les salaires avec un SMIC à 1800 euros, les pensions, les minima sociaux.

► Contrôler les aides publiques aux entreprises.

► Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements.

► Supprimer les exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires.

► Stopper les suppressions d’emplois et rétablir les retraites à 60 ans.

► Développer les politiques publiques et les moyens des services publics.

► Réformer la fiscalité en profondeur.

► Taxer les mouvements spéculatifs des capitaux et éradiquer les paradis fiscaux.

Le 3 mai, c’est le début des débats sur la loi travail à l’assemblée nationale, les députés doivent se prononcer sur ce texte.

Ce texte n’est pas amendable. Alors, M. Lesterlin député de Montluçon, M Chambefort à Moulins, M. Charrasse à Vichy, ne soyez pas des députés godillot qui votent des lois de régression social. Après avoir voté sans état d’âme la loi Rebsamen, après avoir voté sans état d’âme la loi Macron, rappelez-vous qui vous élit. Alors un peu de courage, exigez le retrait du texte loi travail !

Le camp d’en face n’a de cesse de dire que les syndicats ne représentent pas ou peu les salariés, que la CGT est sur le déclin, que la lutte de classe c’est dépassé ! Alors pourquoi tant de moyens pour brimer l’expression des syndicalistes de la CGT ? En effet, nous n’avons rarement vu autant d’attaques contre les militants et la CGT.

Dans la lutte de classe qui nous oppose, aussi bien au patronat, qu’au gouvernement actuel, comme à celui qui lui a précédé, nos adversaires utilisent tous les moyens pour tenter de brimer l’action syndicale.

Le mardi 12 janvier 2016, le Tribunal d’Amiens a rendu son jugement concernant nos huit camarades de Goodyear. Le Procureur de la République a décidé de poursuivre nos huit camarades, alors même que l’entreprise avait abandonné toutes les plaintes. Le juge a pris la décision de suivre le Procureur de la République en condamnant huit représentants des salariés de Goodyear à vingt-quatre mois de prison, dont neuf mois fermes ! Avec cinq années de mise à l’épreuve.

C’est un véritable scandale et une atteinte grave aux libertés syndicales !

Déjà, depuis de longs mois, 2015 fut ébranlée par plusieurs secousses prémices du séisme de cette parodie de justice.

Après Les affaires judiciaires des « Cinq de Roanne », des « Cinq d’EDF-GDF », l’Inspectrice du Travail à Annecy poursuivie par Téfal et condamnée, nos camarades de Chartres, du Havre, de Villefranche-sur-Saône, de la Caisse d’Epargne de l’Ile de France, des salariés d’Air France mis en garde à vue, et déjà condamnés avant d’être jugés.

Dans le seul département de l’Allier, les affaires de BVAD à Moulins, SATEL à Vichy. Que dire également de la condamnation prononcée à l’encontre d’Éric Colin, dont nous attendons le rendu de jugement en appel le 3 mai, en espérant que la justice soit rendue à Eric ? Mais puisqu’il n’a rien à se reprocher, il ne doit pas être condamné.

Partout, nous voyons de nombreux militants de la CGT, injustement poursuivis, mais à travers eux, c’est aussi nous qui sommes attaqués.

C’est à nouveau le cas sur le dossier Environnement Recycling sur le bassin de Montluçon.

Depuis près de 3 ans, la CGT, au travers de sa mobilisation, a alerté sur les conditions de travail et ses conséquences sur la santé des salariés au sein de l’entreprise environnement recycling. Une fois de plus, la CGT considérée comme l’empêcheuse de tourner en rond, a été ignorée, voire méprisée.

Sûrs de nous, nous n’avons pas baissé les bras, malgré les différentes manœuvres et pressions pour nous discréditer. Depuis, 30 salariés sont venus témoigner de leurs conditions de travail et de leurs problèmes de santé. Nous pouvons nous interroger sur la complaisance des services de l’Etat sur ce dossier. Interrogeons-nous sur l’immobilisme, pour ne pas dire la complicité de certains élus politiques, et aussi de la justice, alors que la plainte déposée par la CGT a été classée sans suite, par rapport à un délai de prescription. La plainte déposée par les dirigeants de cette entreprise contre la CGT pour diffamation court toujours.

Déjà, à 3 reprises, la secrétaire de l’UL CGT de Montluçon et le secrétaire de l’Union départementale CGT de l’Allier ont été convoqués au commissariat de Montluçon. Nous passons à une étape supérieure, puisque le SG de l’UD est convoqué par le juge d’instruction en vue d’une mise en examen, le 11 mai prochain.

Cette nouvelle attaque commence à ressembler à de l’acharnement, mais lorsque l’on touche à un membre de la CGT on touche à toute la CGT. Le 11 mai prochain, la CGT sera se mobiliser pour soutenir l’un des nôtres. Déjà, de nombreux soutiens se sont manifestés et de nombreux car venant des départements voisins seront présent à nos côtés.

D’autre attaques sont menées contre les organisations syndicales, à l’image de la municipalité de Montluçon qui tente de remettre en cause la gratuité des locaux syndicaux et de saigner la CGT en nous réclamant près de 19 000 € de charges annuellement.

Pour conclure, il y a 10 jours se tenait le 51ème congrès de la CGT. Lors de celui-ci, nous avons eu le témoignage d’un syndicaliste américain. Ce dernier nous expliquait la lutte exemplaire qu’ont mené les salariés de MC DO sur les salaires. Après 5 années de luttes, le salaire minimum est passé de 8 dollars à 15 dollars. 17 millions de salariés ont vu leur salaire doubler. Alors si cela a été possible dans l’antre du capitalisme que sont les Etats Unis, cela doit être possible aussi en France et en Europe.

Ce syndicaliste Américain a conclu son intervention, avec des mots forts qui doivent résonner pour nous : « le syndicalisme en France, et plus particulièrement la Cgt, est un phare pour tous les salariés du monde entier », nous demandant de ne rien céder.

Cela, mes camarades, nous confère une responsabilité : celle de rien lâcher sur nos salaires, nos conditions de travail, nos emplois, nos service publics. De ne rien lâcher et amplifier la bataille jusqu’au retrait de la loi travail.

En conclusion, pour que des avancées sociales, concernant l’ensemble des problèmes de notre société, en matière de retraite, de santé, de protection sociale, d’emploi, de salaires, voient le jour, il faut préparer de grandes luttes sociales. Et pour ce faire, vous savez que vous pourrez toujours compter sur la CGT.

Pour que nos luttes soient encore plus fortes et plus porteuses, il faut poursuivre le renforcement de la CGT, il faut que les travailleurs créent des syndicats partout, il faut aller à la reconquête face au MEDEF, au gouvernement dont l’arrogance n’a plus de limite et partage en responsabilité le poids de cette insécurité sociale.

La CGT reste fidèle à ses origines, au service de ceux qui souffrent et les appelle simplement à résister, à lutter. Les salariés savent bien que la CGT ne les a jamais trahis, qu’elle revendique, plus que jamais, un vrai changement de société.

La CGT en appelle à l’unité des salariés, retraités et chômeurs, en appelle plus que jamais au tous ensemble.

La crise c’est eux, la solution c’est nous tous !

Tous ensemble nous lutterons, tous ensemble nous gagnerons.

Vive le 1er mai

Merci

Intervention d'Eric Manoury pour la CGT

Intervention d'Eric Manoury pour la CGT

A signaler aussi la présence de nombreux autres militants comme Céline Bourier qui est intervenue pour la FSU (merci à Céline de nous faire passer son intervention), mais aussi, celle de Pascal Reliant pour "vivre ensemble à Commentry" ou bien encore la présence de Gérard Blanchet, une des figures bien connues du mouvement social sur Montluçon et sa région.

De gauche à droite, Céline Bourdier, Pascal Reliant et Gérard BlanchetDe gauche à droite, Céline Bourdier, Pascal Reliant et Gérard BlanchetDe gauche à droite, Céline Bourdier, Pascal Reliant et Gérard Blanchet

De gauche à droite, Céline Bourdier, Pascal Reliant et Gérard Blanchet

Intervention de Pascal Reliant, Président de "Vivre ensemble à Commentry"

Difficile de faire parler les morts…

Difficile d’avoir des certitudes sur ce que ferait et penserait aujourd’hui un homme de la trempe de Christophe Thivrier, lui qui a si bien compris les problématiques de son époque et su porter l’espoir de ceux qu’il incarnait. Quelle serait sa lecture et ses réponses dans ce monde en fusion ?

On peut aisément imaginer cependant, sans trahir sa mémoire, qu’il refuserait le compromis ou la compromission dans laquelle se complaisent aujourd’hui ceux qui se réclament de son héritage.

Lui qui, après avoir partagé leur condition, représentait et défendait les sans voix, les sans poids, les « sans dents », qui parlait en leur nom et siégeait à l’assemblée revêtu de la blouse du travailleur, qui osa crier « vive la commune », et dont la tombe, sobre et modeste, témoigne du fait qu’il ne tira jamais aucun enrichissement de son engagement, comment douter du fait qu’il ne serait pas de ceux qui, habillées de modernité et de progrès - mots devenus creux - veulent nous vendre leurs concessions toujours plus grandes au libéralisme, c’est-à-dire au capitalisme, ou au pragmatisme, ce faux nez de toutes les capitulations face au pouvoir de l’argent, au détriment du salarié, de l’ouvrier, de l’employé, et aussi du petit patron, artisan, éleveur ou agriculteur. Le discours s’habille de modernité, mais il est aussi éculé que ce capitalisme – ce mot devenu un gros mot dont plus personne n’ose parler mais qui pourtant oppose toujours et plus que jamais le petit au gros, hier le mineur et l’ouvrier au patron, aujourd’hui l’ouvrier, l’employé précaire ou sans papiers, l’intermittent, l’étudiant pauvre et le chômeur au grand financier.

Serait-il de ceux qui prônent la mobilité, la flexibilité, la jetabilité pour les autres, pendant qu’eux-mêmes font carrière en politique, s’accrochant à leurs sièges et à leurs mandats, s’isolant dans la bulle d’un pouvoir devenu hors sol, se croyant même exonérés pour certains de s’appliquer à eux-mêmes les lois qu’ils écrivent et qu’ils votent ?

Puisqu’on nous dit qu’il y aurait deux gauches, celle qui gouverne et celle qui veut la révolution, celle qui se soumet à l’ordre établi, c’est-à-dire toujours au capitalisme, s’y complaît et s’y vautre, et l’autre qui pense qu’un autre monde est possible, fait de partage et de respect de l’homme et de son environnement, de quelle gauche serait Christou aujourd’hui, de l’aristocratie rose, ou de celle des damnés de la terre, tel qu’il l’était de son vivant ?
Je laisse à chacun le choix de sa réponse.

Pour terminer, je citerai Axel Kahn s’exprimant à propos du progrès :

« Mieux vaut oser vouloir l’impossible que se résigner à l’inéluctable. »

Tag(s) : #Commentry

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