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La gestion de la collectivité,  Le questionnement !
La gestion de la collectivité,  Le questionnement !

Je ne suis mandaté par personne, encore moins par un parti politique pour faire connaitre ce qui suit de mes observations actuelles concernant quelques aspects préoccupants de la gestion de notre collectivité montluçonnaise large. Deux sujets d’actualité me poussent à le faire aujourd’hui étant devenu un strict observateur citoyen avant tout, bénéficiant d’une expérience de gestion de certaines des activités municipales.

On le sait, j’ai occupé diverses responsabilités et entre autres celles concernant le logement social HLM, les travaux dans la cité, la gestion de syndicats intercommunaux – transport urbain, syndicat des eaux sur deux mandats complets –Et ce fut toujours un travail d’équipe partagé avec d’autres élus ; dont C Brière et avec la collaboration indispensable de cadres qualifiés non issus de ma famille politique d’alors.

Je me dois d’observer que les deux sujets d’importance qui font polémique actuellement sont complémentaires car ils s’appuient sur des questions éminemment sociales, économiques et culturelles d’intérêt général.

D’abord, la situation à l’Office de l’Habitat que préside le maire de Montluçon et qui confirme l’enfermement dans la crise de cette structure pourtant particulièrement utile à une politique sociale du logement digne de ce nom ! l Les déficits dévoilés depuis quelques mois, 450 000 euros pour 2014 et autant pour 2015 ne se résolvent pas et le plan de redressement visant à faire subir aux locataires la mauvaise gestion par opérations irréfléchies de cet organisme ne passent pas. Au-delà de l’interpellation faite auprès de la CGLS (la caisse de gestion du logement social) afin d’obtenir des aides financières urgentes qui ne seront que ponctuelles et partielles, le recours à des hausses de loyers n’est pas accepté par les associations de locataires ! Même le conseil d’administration n’a pas entériné les propositions de hausses concoctées par Mr le Directeur et la présidence de l’Office ! Il faut revoir le plan de redressement et au-delà le caractère de la gestion pour sortir de la faillite annoncée ! Il en va du niveau de vie des familles et de la mission fondamentale des offices HLM.

Ensuite le devenir du centre culturel Athanor est présenté par les leaders élus de la droite comme des plus sombres. Ce centre qui depuis 1985 a rempli un rôle des plus positifs en matière de diffusion de la culture populaire et de tenue d’initiative de promotions économiques n’est plus du goût de nos édiles ! Trop cher à l’entretien, et trop lourd en frais de fonctionnement ! Il faut donc, selon les mêmes responsables, passer d’une gestion assurée par la collectivité publique, à un autre type de gestion. Une régie privée de caractère déléguée est annoncée ! Un « Affermage » sera le bienvenu explique le président de l’agglomération. De fait, une gestion de caractère privé visant à rentabiliser les activités du centre. Et comme il est affirmé, s’il n’y a pas ou si peu de différences entre une régie publique municipale et une régie de type délégué au privé, pourquoi changer ce qui existe. Il ne faut pas abuser de l’intelligence de nos concitoyens qui savent bien que la différence tient dans les marges financières que se versent les gestions privées !

Et dans ce domaine en secteur montluçonnais, les entreprises privées sollicitées pour gérer les équipements commencent à prendre pas mal de place. Le centre administratif, le centre aqua ludique sont depuis leur création récente dans la main de gestionnaires à la recherche de profits substantiels en fonction de baux emphytéotiques à long terme. Les deux programmes dits de PPP, programmation publique privée, font le beurre d’entreprises de renommée nationale, nier cet aspect n’est vraiment pas très sérieux.

Pour le centre Athanor, ce qui est annoncé varie quelque peu dans la technique envisagée mais le fond reste le même, ce n’est plus la collectivité qui décide de l’activité du centre en matière de principe culturel, de choix des programmations, de politique tarifaire, de gestions salariales… Dans la conclusion du cahier des charges, le gestionnaire privé saura imposer ses marges et imposera la participation des communes en ce qui concerne les déficits possibles malgré tout. C’est ce qui se passe partout quand ce mode de gestion privé s’installe… Je sais cela pour avoir présidé six ans le syndicat de transport urbain qui était soumis à ces mêmes principes et la bataille était féroce pour imposer les vues de la collectivité.

Dans ces deux situations précises, constatons la résultante des gestions déficitaires et l’improvisation dans le développement des activités. Mais dans les deux cas, ce sera aux habitants eux-mêmes de mettre la main à la poche pour payer les dégâts. Le manque de vision à moyen et long terme, les auto- félicitations permanentes des équipes en place conduisent là où nous en sommes !

► Pour les familles de locataires dont les revenus sont globalement parmi les plus délicats, avoir à subir des hausses trop lourdes et hors du cadre officiel national pouvant s’étaler sur trois à quatre ans n’est pas acceptable ! Et là, les dirigeants en place ne peuvent pas se cacher derrière l’argument des restrictions des interventions étatique. Mr Dugléry ne se vante-t-il pas d’avoir reçu 165 millions d’euro d’aide de l’agence nationale pour l’aménagement urbain, c’est-à-dire pour intervenir sur l’entretien et les aménagements des logements et des cités.

► Pour les usagers d’Athanor, on est en mesure de se poser les mêmes questions alors que durant 30 ans, ce centre a rempli largement sa fonction d’animation culturelle et de promotion économique. La ville seule a assuré son entretien et son fonctionnement pourquoi avec la prise en charge de cette structure au niveau de l’agglomération aux moyens plus importants, cela ne serait-il plus possible ?

On ne peut suivre cette orientation dans cette démarche de sélectivité sociale et économique. Cette attitude présentée comme neuve et moderne est avant tout dictée par leur attachement aux valeurs de la société libérale tributaire des lois de la finance… Au bout du compte les remises en causes générales des droits des citoyens, de la démocratie participative, de l’esprit de justice sociale n’est pas leur préoccupation. Les pleurs de crocodiles à propos des restrictions financières envers les collectivités locales (restrictions pourtant réelles et dramatiques pour certains secteurs d’activités sociales) ne sont pas acceptables en l’état. On ne peut pas d’un côté s’insurger contre cela et de l’autre tout passer au privé dans la gestion des équipements à caractère social, culturel ou sportif. Que ne disaient-ils rien quand Mr Sarkosy et son gouvernement bradaient les richesses industrielles du pays et privatisaient à tout va ! EDF devenu ERDF est-il un bon exemple de privatisation : les usagers savent que NON ! Par contre, les nouveaux actionnaires privés s’en réjouissent !

Soyons donc clairs, il est à craindre que pour notre situation locale, les mêmes causes reproduisent les mêmes effets demain ! Faudra-t-il alors procéder à de nouvelles privatisations de gestion des équipements pour refaire des fonds de gestion propres ou des réserves financières ? Faudra-t-il vendre des équipements au privé, par exemple le MUPOP, si celui-ci ne parvenait pas à équilibrer sa gestion, ou le conservatoire, tout cela à titre d’exemple ! Non, ce n’est pas la voie à choisir, cette voie c’est celle du renoncement sur l’autel de la loi de la finance et de la privatisation à tous crins !

Trop c’est trop, gageons que tant au plan social HLM que culturel avec Athanor, les montluçonnais sauront réagir…

Paul Crespin

PS : à propos de formes de délégations de service public et d’ouverture aux investissements privés dans la collectivité comme au niveau de l’Etat d’ailleurs, il existe plusieurs formules ayant eu des résultats sujets à large polémique. C’est ce que souligne dans un article du Monde daté du 06 et 07/11/2015 signé de Pierre Breteau et de Samuel Laurent. De cet article, il est tiré les informations suivantes que chacun peut découvrir sur internet. Voici ici résumées les formes de délégations :

► Les délégations de services publics (DSP) et là, le partenaire privé se rémunère à partir de l’exploitation du service.

► Les contrats de partenariat (datant de 2004) où il y a différemment ou tout à la fois participation au financement à l’entretien, à la rénovation etc… Ces contrats sont le plus souvent décriés et sont en cours de réforme.

► Les baux emphytéotiques administratifs (BEA) à partir de location de terrains et qui versent ou des cautions ou des loyers adaptés… A l’issue du bail, la collectivité va pouvoir récupérer le bien installé…mais dans quel état de vétusté ?

► L’affermage se situera plutôt dans les premières catégories et ne change que peu de choses à l’affaire…

Mais ce qu’il faut aussi savoir, c’est qu’en plusieurs occasions, à la fois la cour des comptes et une commission du Sénat ont chacune à leur manière, mis en garde en 2014 et 2015 sur le caractère « bombes à retardement » en raison entre autre des loyers ou des marges substantielles exigées par certaines entreprises toutes pour l’essentiel, de niveau national ou international.

Tag(s) : #Montluçon, #Billet d'humeur

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