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Le 17 mai, une étape vers le 19 mai et les suites

Le mouvement de contestation contre la loi travail est-il en train de se tarir faute de manifestants ? C'est la question que certains militants se sont ouvertement posée en défilant entre la Place Jean Dormoy et la Place jean Jaurès (Mairie) à Montluçon. Signe que ce n'était pas la foule des grands jours, la manifestation n'a pas bifurquer avenue de la gare comme c'est la coutume lorsque le cortège est suffisamment conséquent. Cette fois-ci, les organisateurs ont préféré emprunter le trajet court, car le cortège ne comptait guère plus de 450 manifestants.

Bien sûr, ce n'est pas une bonne nouvelle pour tous ceux qui restent mobilisés contre la loi travail, mais il ne faut surtout pas qu'ils se découragent, car leur ténacité dans la lutte peut permettre à la mobilisation de repartir à la hausse. On l'a vu en d'autres temps et comme le disait Besancenot, il n'y a pas très longtemps sur une chaîne de télévision "La lutte est faite de hauts et de bas". Rien n'est donc pas terminé, loin de là, même si cette journée n'a pas été à la hauteur des espérances des organisateurs et plus largement des manifestants, il est encore possible de mobiliser plus largement.

Cependant, dès aujourd'hui, tous les regards étaient tournés sur les routiers vers qui vont tous les espoirs. Le matin même, ceux-ci ont bloqué plusieurs axes routiers et le mouvement pourrait s'étendre dès demain, d'autant que débutera la grève des cheminots et des maritimes, ce qui devrait contribuer à bloquer un peu plus le pays.

Jeudi 19 mai, c'est rebelote. Grèves et manifestations dans tout le pays. À Montluçon, les 450 manifestants qui ont défilé le 17 seront encore présents le 19, car ils font partie des têtes dures qui ne lâchent rien et qui mettent toute leur énergie au service du collectif. Ils seront donc à nouveau présents dans le cortège. L'enjeu pour les syndicalistes est d'élargir le mouvement à toutes les couches de la population, majoritairement opposées au projet de loi travail (plus de 70%), C'est possible si les salariés reprennent confiance eux et en leur capacité à se mobiliser massivement pour changer ainsi le cours des choses. Réponse jeudi et les jours suivants.

Prochaines manifestations sur l'Allier à l'appel de la CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, le 19 mai à 10h 30 départ :

► Montluçon : Place Jean Dormoy (ou St Paul)

► Moulins : Place d'Allier

► Vichy : Place de la Poste

Le 17 mai, une étape vers le 19 mai et les suites
Le 17 mai, une étape vers le 19 mai et les suites
Le 17 mai, une étape vers le 19 mai et les suites
Le 17 mai, une étape vers le 19 mai et les suites
Le 17 mai, une étape vers le 19 mai et les suites
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Le 17 mai, une étape vers le 19 mai et les suites
Le 17 mai, une étape vers le 19 mai et les suites
Le 17 mai, une étape vers le 19 mai et les suites
Le 17 mai, une étape vers le 19 mai et les suites
Le 17 mai, une étape vers le 19 mai et les suites

Prise de parole unitaire pour la manifestation du 17 mai 2016.

Encore une fois, à l’appel de la CGT, de FO, de la FSU, de Solidaires, de l’UNEF et de l’UNL nous sommes réunis très nombreux…… pour dire notre opposition résolue et pour exiger le retrait du projet de « loi travail ».

Depuis maintenant près de 2 mois, une mobilisation exceptionnelle a pris racine en France pour combattre le projet de « loi Travail » et porter l’exigence de nouveaux droits sociaux pour les salariés.

Plus de 70 % de la population est opposée à ce projet de loi ainsi qu’à l’utilisation du 49.3.

Les mobilisations et le rapport de force dans l’opinion publique ont contraint le gouvernement à proposer des bougés au projet de loi, pour tenter d’en minimiser les impacts, mais le compte n’y est toujours pas pour les salariés. Le projet demeure inacceptable, inamendable et doit être retiré. D’autres voies sont possibles par la mobilisation, à l’exemple de celle des intermittents du spectacle, qui a permis de gagner un accord qui rétablit des droits et en ouvre de nouveaux. Les mobilisations et l’interpellation des parlementaires, choisies comme mode d’action unitairement par les organisations syndicales de salariés et de jeunesse, ont fait bouger les lignes, mettant le gouvernement dans l’impossibilité de faire adopter son projet par sa propre majorité. Face à cela, il choisit le passage en force en utilisant le 49.3 !

Les salariés sont méprisés, les citoyens bafoués et leurs représentants ignorés. Nos organisations condamnent ce déni de démocratie et la brutalité affichée par le gouvernement.

Alors que certains parlent d’avancées, d’autres dont le Medef, jugent que le projet est vidé de son sens. Mais voilà ce qui est toujours dans le texte :

Il reste fidèle à son objectif de départ, à savoir : la primauté absolue donnée à l’accord d’entreprise sur la loi et les accords de branche. Cela aurait pour effet de faire voler en éclat le socle commun de protection et de garanties collectives pour tous les salariés et la mise en place d’autant de codes de travail qu’il existe d’entreprises pour imposer des normes défavorables … Avec pour finalité, la mise en opposition entre les salariés et une course au dumping social, au seul profit de la rentabilité financière des entreprises et des dividendes versés aux actionnaires. Concourent à cette régression sociale :

• les accords de développement et de maintien de l’emploi.

Depuis la loi de 2013, des accords d’entreprise « défensifs » peuvent être conclus en cas de difficulté économique. Ils peuvent imposer aux salariés des modifications de durée et d’organisation de travail ainsi que de rémunération, bien sûr en leur défaveur. Désormais de tels accords régressifs seraient aussi possibles même si l’entreprise va bien ! Et fini le licenciement économique si un salarié refuse une telle modification de son contrat de travail. L’entreprise ne sera pas tenue de faire un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) et n’aura pas besoin de prouver qu’elle a des difficultés économiques ;

• l’assouplissement du licenciement économique.

Le périmètre limité aux seuls établissements français d’un groupe international reste posé mais la durée à prendre en compte pour fonder les difficultés économiques est désormais modulée – à la baisse – selon la taille des entreprises. Une aubaine pour les TPE et les PME qui emploient près des 2/3 des salariés en France. La définition des difficultés économiques demeure plus que large : perte d’exploitation, réorganisation, sauvegarde de la compétitivité, baisse de chiffres d’affaires, de commandes, … ne permettant plus au juge d’apprécier le sérieux et la réalité des difficultés économiques et des licenciements. Cerise sur le gâteau, en cas de cessation d’une entreprise d’au moins 1 000 salariés ou relevant d’un groupe de cette dimension, le cédant peut procéder à un PSE. Avec de telles mesures, ce n’est pas la peur d’embaucher qui est de mise, mais bien celle de perdre son emploi pour les salariés. Que resterait-il donc, dans ces conditions, du CDI ?

• le référendum-chantage.

Possibilité pour les organisations syndicales minoritaires (30 % des voix aux élections professionnelles) de pouvoir demander un référendum pour valider un accord – régressif – signé avec l’employeur. Ceci s’opposerait aux choix des salariés dans les élections professionnelles, mettant à mal le principe de représentativité des organisations syndicales et l’exercice du droit d’opposition. C’est en vérité, un véritable déni de démocratie sociale dont il s’agit. L’exemple de Smart aidant, on ne connaît que trop la sincérité d’un référendum placé sous le couperet de la délocalisation ou des suppressions d’emploi et le « libre arbitre » qu’il en résulte pour les salariés sommés de choisir entre garder la « garantie » de l’emploi ou leurs garanties ;

• la modulation du temps de travail sur trois ans.

La possibilité offerte de pouvoir moduler l’organisation du temps de travail sur trois ans au lieu d’un an actuellement et de le faire sur neuf semaines, permettrait de fait à l’employeur de s’affranchir à l’obligation de majoration des heures supplémentaires ;

• uberisation et plateformes numériques.

Les dispositions concernant les travailleurs des plateformes de mise en relation par voie électronique de clients et de travailleurs ne permettent pas de reconnaître un vrai statut à ces travailleurs économiquement dépendants et rendraient plus difficile les requalifications en contrat de travail. C’est une régression.

Il n’y a aucun doute sur la nature régressive de cette loi.

Pour la CGT, FO, FSU et Solidaires voici les bases du Code du travail qu’il faut !

La modernisation du Code du travail ne peut se concevoir que visant à faire progresser le droit du travail et non pas à encourager ou à accompagner son dépérissement

L’évolution du droit du travail doit renforcer les droits des salariés en prenant en considération les enjeux liés à la transformation professionnelle et aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Nous avons des propositions :

Le rétablissement de la hiérarchie des normes et l’inscription dans la Constitution du principe de faveur. L’accord d’entreprise ne peut qu’améliorer l’accord de branche et la loi. C’est à cette condition que la négociation redeviendra porteuse de progrès social.

• la durée légale du travail doit être ramenée à 32 h avec maintien de salaire et renvoi aux modalités par négociation collective. La réduction du temps de travail est de nature à créer des emplois, en allant dans le sens de l’histoire et du progrès social pour travailler mieux, travailler moins, travailler tous. La mise en place du Nouveau Statut du Travail Salarié et de la Sécurité sociale professionnelle pour répondre aux enjeux du monde du travail d’aujourd’hui et demain.

C’est-à-dire des droits sur l’emploi : reconnaissance des qualifications, formation professionnelle, protection sociale, rattachés à la personne des salariés, évolutifs et progressifs qui empêchent tout retour en arrière et sont transférables et opposables aux employeurs.

Inscription de droits nouveaux d’intervention et d’expression pour les représentants syndicaux et les salariés, y compris dans les TPE, prenant en considération les enjeux liés à la transformation professionnelle et aux nouvelles technologies de l’information et de la communication avec la consolidation du rôle des instances représentatives des personnels. C’est cela favoriser la citoyenneté dans l’entreprise et la démocratie sociale.

Enfin, alors que nous assistons à des attaques sans précédent contre les syndicalistes, les libertés syndicales doivent donc être assurées.

Dans la période où nous dénonçons aussi la répression syndicale, nous condamnons fermement les arrestations, les gardes à vue sommaires, tout autant que les comparutions immédiates, symboles d’une justice expéditive.

Nous exprimons toute notre solidarité envers ces militants, arrêtés alors qu’ils exerçaient légitimement leur droit à manifester.

Ces arrestations sont injustifiées et les accusations formulées mensongères.

Nous exigeons l’abandon immédiat des poursuites judiciaires.

Nous rappelons que les pouvoirs publics, garants de l’Etat de droit, doivent assurer la protection de toutes et tous et doivent permettre à celles et ceux qui le souhaitent, de manifester dans de bonnes conditions.

Avec l’utilisation du 49.3, le gouvernement montre un signe de faiblesse face aux mobilisations.

Dans cette procédure, les débats parlementaires ne sont pas terminés, ils sont suspendus.

Le projet de loi est donc bien loin d’être adopté !

La mobilisation doit se renforcer et grandir pour gagner le retrait et l’ouverture d’une réelle concertation avec les organisations syndicales pour obtenir un Code du travail du XXIe siècle.

Nous avons décidé de mettre tout en œuvre pour permettre de poursuivre et d’amplifier la mobilisation et appelons tous les salariés à s’inscrire dans le mouvement, à se réunir en assemblées générales pour décider ensemble la poursuite de la mobilisation jusqu’au retrait !

Aujourd’hui, nous sommes dans l’action, les salariés du transport, des raffineries ont décidé de se mobiliser, les choses sont en train de se mettre en place. Demain, les cheminots seront en grève ainsi que le jeudi 19 mai, et si c’était cela la convergence des luttes, et si maintenant et partout, les salariés décidaient de se mettre en grève !

Oui, la victoire est possible, oui gagner le retrait de ce texte est à notre portée ! Et si ce soir, le gouvernement reste sourd, nous appelons les salariés, les retraités, les jeunes, les privés d’emploi à être à nouveau dans l’action jeudi 19 mai.

Tous en grève et en manif, le jeudi 19 mai !

Tag(s) : #Montluçon

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