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une débat de haut niveau pour la défense de l'hôpital public

La CGT organisait un débat public pour la défense de l'hôpital de Montluçon ce 17 mai, salle St vincent. C'est Jean-Pascal Pradel, chargé du secteur communication à la CGT qui animait la soirée. Il était entouré de Christiane Micaud, responsable de la CGT santé de l'Allier, de Françoise Deligny, membre du bureau de la CGT de l'hôpital de Montluçon, de Magali Souche, la toute nouvelle secrétaire de la CGT hôpital de Montluçon, de Christophe Prudhomme, médecin urgentiste au samu de Seine St Denis et membre de la direction fédérale de la CGT Santé et enfin de Laurent Indrusiak, secrétaire de l'Union départemental de la CGT Allier.

Dans la salle, il y avait aussi des représentants de l'hôpital de Moulins qui subit aussi une restructuration de grande ampleur (plus de 160 postes doivent y être supprimés prochainement). Après décompte, il y avait 110 personnes dans la salle, preuve, s'il en fallait, que la question de la santé est une question extrêmement sensible pour les citoyens, quelles que soient leurs convictions.

110 participants au débat pour la défense de l'hôpital public

110 participants au débat pour la défense de l'hôpital public

De gauche à droite. Christiane Micaud, Laurent Indrusiak, Christophe Prudhomme, Jean-Pascal Pradel, Magali Souche, Françoise Deligny

De gauche à droite. Christiane Micaud, Laurent Indrusiak, Christophe Prudhomme, Jean-Pascal Pradel, Magali Souche, Françoise Deligny

C'est Christophe Prudhomme qui a pris la parole en premier afin de sérier les enjeux liés à la santé publique, tant au niveau national, qu'au niveau local. D'emblée, il s'est alarmé de la particularité de notre bassin de vie en évoquant la guerre larvée que se livrent l'hôpital et la clinique privée détenue par le groupe Elsan, assis sur un énorme fond de pension américain (CVS Capital Partners). Le risque, "c'est que les deux pourraient bien mourir" prévient-il.

Cependant, la concurrence entre les deux établissements est totalement déséquilibrée, pour au moins deux raisons :

Le désengagement de l'Etat contraint l'hôpital à recourir à l'emprunt pour s'autofinancer via des emprunts toxiques extrêmement couteux.

► Le groupe Elsan est la résultante de la fusion de deux autres groupes privés, Vitalia et Médecis. Avec un milliard, deux cent millions de chiffre d'affaires, Il possède une force de frappe financière considérable et bénéficie de surcroît des installations de la clinique grâce au rachat des murs de cette dernière par la caisse de dépôts et de consignations.

Pour résumer, l'hôpital public est obligé de s’endetter pour assurer ses missions de service public, alors que la clinique privée bénéficie de l'argent de nos impôts (via la caisse des dépôts et de consignations) pour assurer au fond de pension américain CVS capital Partners, l'un des cinq fonds de pensions les plus importants au monde, un taux de profitabilité confortable, grâce au financement de la sécurité sociale.

Christophe Prudhomme pendant son intervention

Christophe Prudhomme pendant son intervention

Dans la vidéo qui suit les intervenants décrivent bien la situation dans laquelle se retrouve l'hôpital après que l’État ait abandonné ses missions de financement de la santé publique, avec les conséquences en termes de restructurations, de diminutions drastiques des moyens de fonctionnement, et de réduction massive des effectifs. Cette vidéo ne dure que 35 minutes, mais elle résume parfaitement la situation actuelle :

Le débat qui a suivi la présentation a été tout aussi passionnant. D'abord en raison des témoignages de la salle, ensuite grâce aux propositions concrètes d'actions qui ont permis de tracer des perspectives de lutte et de résistance pour l'avenir.

C'est le cas pour la situation catastrophique en psychiatrie dont les installations, situées à Chatelard, ne répondent plus du tout aux normes sanitaires actuelles. Locaux vétustes, personnels en sous-effectif chronique, etc.

Le personnel craint donc que ce service soit fermé et transféré, par exemple, à Ainay-le-Château. Or cela serait totalement illégal, car la psychiatrie dispose d'un statut particulier qui oblige l'État à conserver les unités de proximité, afin que les malades ne soient pas trop éloignés de leur famille. Si l'ARS (Agence Régionale de Santé) prenait une telle décision, il y aurait donc matière à ester en justice pour contraindre ce dernier à remplir ses obligations.

Le débat a été riche et des propositions ont été formulées.

Le débat a été riche et des propositions ont été formulées.

À propos du financement Christophe Prudhomme a indiqué que la CGT santé avait une revendication phare. La fédération CGT santé revendique en effet que les hôpitaux soient exonérés de la taxe sur l'emploi qui contribue à aggraver leurs situations financières. Dans le cas de Montluçon par exemple, cela aurait permis de conserver les 40 postes qui vont être très prochainement supprimés.

Autre question, avec les GHT (Groupements Hospitaliers des territoires) la spécialisation et la concentration de certains services de médecine risquent de pénaliser lourdement les bassins de vie majoritairement ruraux. Cela devrait être le cas pour le bassin de vie de Montluçon, qui pourrait se voir dépossédé de certaines spécialités. Il faudra alors une très grande détermination pour empêcher que notre hôpital soit dépouillé de ses services, et ne devienne en quelque sorte, qu'une simple antenne locale.

C'est sur la base de ces échanges que la CGT prévoit maintenant de rédiger un tract destiné au grand public, dans lequel apparaîtront des propositions, avec comme objectif, de mobiliser un maximum de monde pour imposer d'autres choix à l'ARS, et au travers d'elle, à l'État qui est le garant de la qualité des soins sur le territoire.

Le secrétaire de l'Union départementale souhaite que cette initiative soit largement ouverte à toutes les organisations syndicales et associatives qui se situeront dans la même démarche, mais il prévient "cela ne pourra se faire que sur des bases claires et partagées" et il ajoute pour conclure "l’ambiguïté sur ces questions ne seront pas de mise".

Les intervenants sont satisfaits, car le débat a largement rempli ses objectifs.

Les intervenants sont satisfaits, car le débat a largement rempli ses objectifs.

Tag(s) : #Montluçon

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