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Ignoble et inacceptable !

Le billet de Paul Crespin a été rédigé alors que la manifestation parisienne avait été interdite peu de temps avant. Dans le début de l'après-midi, nous avons appris que le ministre de l'Intérieur acceptait que la manifestation puisse se dérouler, mais en imposant un trajet très court. Le risque étant que cette manifestation se transforme rapidement en rassemblement statique, en raison du fait que le parcours partira de Bastille et reviendra à son point de départ après avoir accompli une petite boucle de 1km 700. Si jamais la tête de cortège arrive au point de départ de la manif avant que la fin du cortège n'ait pu s'élancer, ce sera le blocage. Personne ne peut alors prédire ce qui se passera en cas de forte pression des forces de l'ordre. Le gouvernement se comporte donc de manière irresponsable, à moins qu'il ne cherche lui-même à créer les conditions afin de réprimer les manifestants.

Il n'en demeure pas moins que l'analyse de Paul Crespin reste tout aussi pertinente, car, qu'on le veuille ou non, les conditions dans lesquelles la manifestation parisienne aura lieu sont inacceptables et attentatoires aux libertés fondamentales inscrites dans la constitution.

Ignoble et inacceptable !
Ignoble et inacceptable !

De coups politiciens en coups des forces organisées tel que l’utilisation du 49/3, le gouvernement de M. Valls est de plus en plus engagé dans une dérive austéritaire qui tourne à l’absolutisme. Cela peut faire peur et cela appelle à des réactions populaires du niveau des attaques organisées en haut lieu en direction du peuple.

Depuis ce matin et l’annonce de l’interdiction de la manifestation parisienne de jeudi, se multiplient des prises de positions condamnant à voix vive et verbe haut cette décision inacceptable indigne en terre de démocratie à la française. Qu’entend-on de toute part des milieux syndicaux, des porteurs d’alternative sérieuse à la situation sociale et politique : c’est une atteinte aux libertés fondamentales » disent certains « un non-sens et une erreur historique » disent d’autres « une provocation dangereuse en vue d’affrontement » entend-on encore…

Et il y a une évidence d’incompréhension de la démarche du gouvernement. Un rejet du premier ministre et de ceux qui l’accompagnent dans sa tâche. Une prise de conscience de la nocivité de cet homme toujours « aussi raide qu’un passe-lacet » dans ses propos et toujours aussi volontaire pour en découdre !

En se fixant comme objectif de défendre les droits à exploitation maximum du salariat, ce gouvernement actualise les politiques des droites dures et extrêmes, découlant du modèle Merkélien européen et se fait féliciter par tous les nostalgiques du libéralisme accéléré, de Sarkozy à Juppé sans oublier la famille Le Pen.

Ils s’en donnent tous à cœur joie à l’égard d’un Front syndical qui fait autorité dans le pays et ils visent en particulier la CGT dont ils mesurent la capacité à éclairer les consciences et à mobiliser le mécontentement populaire.

Nous vivons un moment historique en liaison avec la puissance du mouvement social qui ne se dément pas et en regard de l’incongruité des attitudes guerrières gouvernementales.

C’est quand même depuis 1958 en pleine période de lutte pour l’indépendance de l’Algérie que nous n’avons plus connu d’interdictions à manifester en France.

Et on peut à la suite des lois sur l’Etat d’Urgence parler de dérives liberticides, on peut considérer que la logique d’enfermement dans un libéralisme à l’extrême explique ce « serrage de vis » de la vie sociale et démocratique. S’agit-il d’une erreur dans ses choix politiques ? Rien n’est moins sûr tant, tout découle une fois encore des politiques européennes qui conduisent les pays de l’union au désastre. Car ne pas vouloir céder d’aucune sorte sur la logique négative de la Loi El Khomry tant décriée et en arriver aujourd’hui à interdire une manifestation après que les pourparlers organisatoires aient été faits n’est pas la moindre des choses. Au contraire c’est un plan mûrement réfléchi en haut lieu qui se déroule sous nos yeux. On peut parler ici d’un va-tout antisocial et libéral.

Pour autant cela suffira-t-il à démobiliser les opposants majoritaires dans le pays, rien n’est moins sûr ! Car il est au pouvoir de personne de faire comme si la répétition des grèves, les occupations des places, des manifestations ne comptaient plus dans la compréhension populaire et salariale. Un million de personnes dans la capitale le 14 juin est une marque indélébile qui empêche de dormir les acharnés du camp libéral.

Le bras de fer si cher à Emmanuel Valls et à son Président si décrié ne représente pas une solution, encore moins l’utilisation des casseurs si bienvenue dans un débat de devenir sociétal bien évidemment engagé comme débouché de la situation actuelle.

Paul CRESPIN

Le 22/06/2016

Ce texte est écrit à 11H30 ce mercredi 22 juin suite aux interdictions prononcées. A 13 H la nouvelle tombe, face à la pression syndicale et aux larges prises de positions du monde salarial, le gouvernement Valls Hollande recule. La manifestation parisienne est autorisée ! Que voilà une belle claque prise par les jusqu’aux-boutistes du gouvernement.

Tag(s) : #Actualité sociale

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