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Interdiction des manifestations, peut-être des syndicats ?

Deuxième réaction à la décision du gouvernement d'interdire la manifestation parisienne du 23 juin, puis de l'encadrer strictement, celle de Michel Beaune qui fut comme beaucoup le savent, secrétaire de l'UD CGT de 2003 à 2014.

Interdiction des manifestations, peut-être des syndicats ?
Interdiction des manifestations, peut-être des syndicats ?

Bien sûr, nous n’en sommes pas encore là. Clémenceau, dont le portrait figure en bonne place dans le Bureau de Manuel Valls, était allé jusqu’à faire arrêter et emprisonner 31 des principaux dirigeants de la CGT, dont le Secrétaire Général Victor Griffuelhes, en juillet 1908. Le prétexte était les incidents dans une manifestation à Draveil dans le cadre d’une grève dure au cours de laquelle 6 grévistes avaient été tués.

Parallèle inapproprié me dira-t-on. Peut-être. Mais le fond reste le même : dénier aux organisations syndicales le droit de manifester, de bloquer l’économie par la grève, leur laisser seulement le droit de participer à des réunions parfois qualifiées de négociations alors que l’ordre du jour est fixé unilatéralement par les employeurs ou les Pouvoirs Publics, selon le cas, pour leur faire avaler des décisions déjà prises en amont. D’où l’appellation de « réformistes » pour certains, c’est à dire ceux qui acceptent les reculs sociaux, et de « contestataires », c'est-à-dire ceux qui revendiquent des avancées sociales et proposent aux salariés d’agir pour les obtenir. Mais les « contestataires » ont fait des propositions depuis le début du conflit, et parfois très complètes et précises comme la CGT, contrairement à ce que dit Myriam El Khomri prise en flagrant délit de gros mensonge !

Le 23 juin sera une nouvelle journée d’action partout en France, sous des formes diverses. A Paris, une manifestation aura lieu sur un itinéraire raccourci. Il faut craindre que les casseurs qui sont objectivement les alliés objectifs du Pouvoirs soient là et on risque d’entendre ensuite les adversaires du mouvement social exiger à nouveau l’interdiction de la manifestation du 28 juin. Le gouvernement table, paraît-t-il, sur un essoufflement du mouvement avec l’approche des congés. Nous verrons bien. Reste qu’un des enseignements majeurs qu’on pourra tirer à l’issue de ce mouvement, et quelle que soit cette issue, est que 4 organisations syndicales et 3 mouvements de jeunesse ont su maintenir une unité sans faille, malgré les grotesques tentatives du Pouvoir et de nombreux médias alliés d’isoler la CGT en la stigmatisant pour casser cette unité. Ce climat très unitaire a été ressenti partout, « à la base », ce qui est porteur de futures constructions de luttes encore plus larges.

Reste que rien ne sera plus jamais comme avant : un gouvernement en place grâce au vote des électeurs de gauche a tenté d’interdire les manifestations des salariés organisées par les syndicats. Le « dialogue social » dont les détenteurs du pouvoir économique et politique ont plein la bouche a du plomb dans l’aile. Bien sûr, les syndicats négocient tout au long de l’année et savent le faire avec efficacité. Mais le faire « à froid », c'est-à-dire sans le soutien et l’action de ceux qu’ils représentent c’est l’assurance d’aller vers une voie de garage. Plus que jamais le tryptique « revendication, action, négociation » reste d’actualité.

Michel Beaune, Montluçon le 22 juin 2016

Interdiction des manifestations, peut-être des syndicats ?

Communiqué CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL

Loi travail : Les organisations obtiennent le respect du droit de manifester

mercredi 22 juin 2016

Le Gouvernement avait franchi un nouveau cap dans sa volonté de bâillonner le mouvement social, en interdisant la manifestation parisienne du 23 juin.

Cette décision représentait une remise en cause grave d’une liberté fondamentale garantie par la constitution : le droit à manifester.

Les organisations ont toujours affirmé leur volonté de manifester pacifiquement.

Après des discussions serrées avec le Ministre de l’Intérieur, les organisations syndicales et de jeunesse ont obtenu le droit de manifester à Paris le 23 juin, sur un parcours proposé par le Ministre de l’Intérieur, ainsi que l’autorisation de manifester le 28 juin, selon des modalités à discuter avec la Préfecture.

Les organisations syndicales et de jeunesse ne se laisseront pas détourner du cœur du problème qu’est le projet de loi travail.

Un projet de loi largement rejeté par une majorité de français, sondage après sondage, mobilisation après mobilisation.

Un projet de loi visant le dumping social, rejeté par la majorité des organisations représentatives du pays et imposé aux forceps aux parlementaires par le 49/3 et la menace de l’utiliser de nouveau.

Les organisations syndicales et de jeunesse appellent les salarié-es, les jeunes,
les privé-es d’emploi et les retraité-es à participer à la votation.

Les organisations syndicales et de jeunesse affirment, depuis le début, leur disponibilité pour faire des propositions concrètes, porteuses de progrès social et de nouveaux droits.

Le Président Hollande n’a toujours pas répondu à notre lettre commune adressée le 20 mai dernier.

Le Président Hollande n’a d’autre issue, pour sortir de cette impasse, que de réunir les organisations syndicales et de jeunesse très rapidement.

Les organisations syndicales et de jeunesse appellent les salarié-es, jeunes,
privé-es d’emploi et les retraité-es à participer massivement aux manifestations des 23 et 28 juin.

Montreuil, le 22 juin 2016

Michael Wamen s'exprime à propos du trajet de la manif du 23 juin.

Tag(s) : #Actualité sociale

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