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L'association "retraite à la Charité" écartée de la gestion de l'EHPAD de Lavault-Sainte-Anne

L'Agence Régionale de Santé et le Conseil Départemental ont enfin pris leur décision. Ils retirent la gestion de l'EHPAD de la Charité à l'association "Retraite à la Charité" après plus de 18 mois de conflit et de gestion hasardeuse.

La Présidente de l'association peut encore faire un recours gracieux auprès des instances qui ont pris la décision, voire même, un recours contentieux devant le tribunal administratif, comme le précisent les auteurs de l'arrêté. Mais dans la lettre qu'elle adresse aux adhérents de "Retraite à la Charité", elle reconnait que c'est la meilleure solution pour les résidants et les salariés.

Ci dessous, l'arrêté de l'ARS et du Conseil Départemental :

L'association "retraite à la Charité" écartée de la gestion de l'EHPAD de Lavault-Sainte-Anne
Arrêté de l'ARS et du Conseil départemental
Arrêté de l'ARS et du Conseil départemental
Arrêté de l'ARS et du Conseil départemental

Arrêté de l'ARS et du Conseil départemental

L'association "retraite à la Charité" écartée de la gestion de l'EHPAD de Lavault-Sainte-Anne

Une telle décision n'a pas été prise à la légère. Il a fallu que l'administrateur prenne toute la mesure de la gravité de la situation pour que l'ARS , ainsi que le Conseil Départemental acceptent enfin d'écouter les salariés, le syndicat SUD, et le comité de soutien, qui réclamaient à corps et à cri un changement de gouvernance. Bref, cet appel a enfin été entendu et on ne peut que s'en réjouir.

Cependant, les dégâts sont considérables. De nombreux salariés ont démissionné et d'autres s’apprêtent à en faire autant, car du fait de la durée du conflit, les tensions sont encore très fortes au sein de l'établissement.

L'association "retraite à la Charité" écartée de la gestion de l'EHPAD de Lavault-Sainte-Anne

Dans le courrier adressé aux adhérents de l'association gestionnaire de l'EHPAD, la Présidente ose affirmer que "l'ensemble du personnel doit pouvoir travailler dans la sérénité requise et nécessaire à la bonne prise en charge des résidants". C'est oublier un peu vite que c'est sa décision de licencier Dominique Gillardeau, et la répression qui a suivie qui sont à l'origine de cet immense gâchis.

Le Maire qui ne pouvait pas être Président de l'association gestionnaire en raison des statuts qui le lui interdisaient, et la Présidente qui ne disposait pourtant d'aucune compétence pour superviser la gestion d'un tel établissement, sont donc directement responsables de la crise majeure qu'ils ont déclenchée avec une incroyable désinvolture.

Ci-dessous le courrier de la Présidente aux adhérents de "Retraite à la Charité" :

L'association "retraite à la Charité" écartée de la gestion de l'EHPAD de Lavault-Sainte-Anne
Le courrier de la Présiente de "Retraite à la Charité" aux adhérents de l'association.

Le courrier de la Présiente de "Retraite à la Charité" aux adhérents de l'association.

L'association "retraite à la Charité" écartée de la gestion de l'EHPAD de Lavault-Sainte-Anne

Par la suite, les élus du personnel ont même découvert que d'autres salariés étaient également visés par le "grand nettoyage" projeté par le Maire, comme le révéla une vidéo qui circule toujours sur le net. Plusieurs élus du syndicat SUD ont également essuyé de lourdes sanctions totalement injustifiées. La secrétaire de direction, l'infirmière coordinatrice, une employée de l'accueil de jour, le responsable de cuisine et le responsable des services techniques ont tous été les victimes de cabales successives. Et à chaque fois, il a fallu déployer toutes les énergies pour rétablir les victimes dans leurs droits, en mobilisant le personnel et le comité de soutien qui s'était constitué entre temps.

L'association "retraite à la Charité" écartée de la gestion de l'EHPAD de Lavault-Sainte-Anne

Tout ceci laisse des traces indélébiles dans les esprits. Certes, beaucoup ont été meurtris. Mais beaucoup plus du côté des salariés, que de ceux qui avaient le pouvoir de tout arrêter en réintégrant le Directeur, et en prenant la distance nécessaire pour laisser les professionnels faire sereinement leur travail. Au lieu de quoi, la Présidente et le Maire ont voulu s'improviser gestionnaires de maison de retraite, alors que ni l'un ni l'autre n'avait les compétences requises pour cela.

Le résultat fut comme chacun sait, calamiteux. Les collectifs de travail furent détruits, le personnel malmené et par voie de conséquence les résidants en furent forcément affectés. L'arrivée, dans un second temps, d'un nouveau Directeur entièrement soumis aux désidératas de l'équipe dirigeante, n'arrangea évidemment pas les choses, d'autant que ce dernier joua un rôle déterminant dans la casse des collectifs de travail et la répression des élus. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard, si ce dernier fut par la suite écarté par l'Administration Provisoire.

Certes, la gestion de l'EHPAD de la Charité va être transférée sur une autre association. Mais peut-on parler de victoire pour les salariés qui ont mené cette lutte exemplaire ? Ce n'est pas le sentiment de ceux-ci. Comment pourrait-on parler de victoire d'ailleurs, quand on prend conscience des dégâts considérables, consécutifs à un management dont le seul objet était la répression ? Il faudrait plutôt parler de soulagement....Et encore ! Le mal est fait et il va falloir tout reconstruire sur de nouvelles bases, à commencer par les collectifs de travail. Ce sera long, très long.

Une chose est cependant certaine. Les salariés et les élus n'ont pas mené ce combat à des fins politiques, car ils ne briguent aucun mandat, ni aucun avantage honorifique. On ne peut pas en dire autant de tout le monde. Le pouvoir a semble-t-il un goût subtil qui rend dépendants ceux qui y ont goûté, tant et si bien que le sentiment de se croire au dessus de la mêlée, leur fait croire que la fin justifie les moyens, que tout est permis.

La Présidente et le Maire de Lavault Sainte Anne disposaient de tous les pouvoirs et des appuis politiques. Ils ont pourtant dû renoncer à l'emprise tyrannique qu'ils exerçaient sur l'établissement. Très bientôt, ils vont devoir aussi affronter la justice des prud'hommes pour répondre du licenciement de l'ancien Directeur. C'est en octobre que l'affaire sera jugée à Clermont-Ferrand, et les lavaultois ne sont peut-être pas au bout de leurs surprises, car la note risque d'être salée pour les résidants et peut être même pour les habitants de la commune.

Le comité de soutien avec le personnel, aux côtés de l'ancien Directeur

Le comité de soutien avec le personnel, aux côtés de l'ancien Directeur

Le syndicat SUD a déjà posé ses revendications pour la reprise de la gestion de l'EHPAD :

► Que l'association retenue, soit une association à but non-lucratif.

► Pour le bien-être des résidants, la restauration de qualité soit maintenue sur place, et que le projet d’externaliser celle-ci, comme l'envisageait le dernier Directeur (Jean-jacques Eudier) soit définitivement abandonné.

► Que les instances du personnel de proximité soit maintenues, afin de promouvoir le dialogue social qui a tant fait défaut avec l'ancienne équipe.

En outre, les élus demandent que les instances du personnel soient consultées à chaque étape du changement de gouvernance, comme cela est prévu dans le Code du Travail. De leur côté l'ARS et le Conseil Départemental s'engagent à renforcer le dialogue social (article 3 de l'arrêté, daté du 23 mai). Il est vrai que l'administrateur provisoire a laissé entrevoir d'incontestables qualités dans ce domaine, et il faut espérer qu'il en soit de même avec la nouvelle gouvernance dont nous ignorons tout pour le moment. En tout état de cause, ce critère sera déterminent pour que la transition puisse se faire avec succès.

Philippe Soulié

Tag(s) : #Lavault St Anne

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