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L'été des portraits à Vichy, une inauguration sous une pluie de sale saison
L'été des portraits à Vichy, une inauguration sous une pluie de sale saison

Cette année encore le Festival de l'Été des portraits de Vichy n'a pas été épargné par le temps qui règne actuellement en France. Les dieux de nos ancêtres sont vraiment tombés sur la tête, d'où peut-être, l'obstination de vouloir à tout prix arroser ce vernissage de portraits à chaque édition. Et puis nous voilà au cœur du sujet qui m'a un peu déçu pour plusieurs raisons.

Si l'espace culturel Valéry Larbaud est toujours un peu au centre de la manifestation, le choix des organisateurs me laisse sceptique. Certains artistes cependant sont dignes du lieu et de l'évènement. Je pense notamment à Jean Dépara et ses argentiques N&B des années 50/60 d'une proximité et force peu commune. Bien nous en fait de revoir une Afrique noire et bien éclairée, qui a bien éclaté depuis la mondialisation. Et puis j'ai eu un coup de cœur pour une photographe de la salle d'à côté avec ses portraits d'adolescents inquiets. Hellen Van Meene n'est point assurément par hasard dans les grandes collections.

Maï Lucas, nous entraîne, elle, dans l'Amérique dans le versant de la diversité de la culture afro-américaine, et ceci de fort belle manière. Je ne suis pas convaincu qu'un photographe de son envergure se satisfasse de récupérer dans un fond photographique en l'occurrence le Farm Security Administration (USA) et d'y associer des citations de John Steinbeck tirées de son roman : les raisins de la colère. Il me semble que ces Walker Evans ou Dorothéa Lange etc..,avaient déjà bien en mémoire ce livre avec ces maux quand ils ont sillonés l'Amérique dévastée de la crise de 1929. Faudra que je m'essaye à l'exercice en me coltinant Germinal d'Emile Zola et la tentative de l'actuelle réforme du code du travail. Je pourrais moi aussi relativiser ma situation. Pourtant, Jean-Christian Bourcart est bien gentil, sympathique et disponible, pour un ancien lauréat de prestigieux prix photos du genre Wolrd Press Photo et Prix Niepce pour ne citer que les plus importants.

Nicolas Comment nous livre sa passion de Milo sa compagne et malgré la beauté des tirages, j'ai du mal à rentrer dans cette intimité. C'est leur histoire alors pourquoi l'étaler s'il n' y a pas de drame ou de rebondissement. Au final, c'est plat sur dix mètres linéaires.

Nicolas Lo Calzo lui nous livre une vision des caraïbes, Cuba exactement, un de ses récents voyages. Cela reste très coloré, comme si l'apparence n'avait que cette importance du paraitre. À trop tirer sur le cigare et humer le rhum, il s'est un peu égaré dans son voyage.

Pour le dernier dans le centre, je serais sans pitié pour le comité de sélection. Ruud Van Empel est surement un artiste très gentil. Il maitrise à merveille Photoshop à tel point qu'il nous livre de l'infographie sophistiquée que j'appellerais volontiers du "Photographisme". On est plus dans la Photographie, mais ailleurs dans d'une autre technique. Parce qu'il me semble que les commissaires ont oublié des choses essentielles du médium de la photographie : le ressenti du photographe, l'intensité des instants choisis. Qui plus est, le portrait est l'un des exercices les plus passionnants de cet art. C'est à la fois périlleux et confortant. Un portrait, c'est un échange donnant-donnant entre le modèle et le preneur de vue. Un portrait, c'est la réalité d'une identité. Ce n'est pas la bondieuserie des icônes peintes en série pour garnir un vestibule ou un couloir d'accès au Paradis. Un portrait, c'est grave de sourire et sérieux de rire. Avec la série proposée, j'avais l'impression que j'étais du côté de Montmartre, au milieu des toiles Poulbot des années soixante-dix...

Heureusement en rentrant, je n'avais pas oublié sur le parvis de l'Église Saint-Louis, les cubes blancs recouverts des photos d'Anton Renborg." Days in Vichy" m'a laissé sur ma faim. Son compatriote Anders Petersens avait, il y a quelque années déjà, laissé une empreinte formidable de Saint-Etienne. Vichy serait donc trop sage. Pourtant, ce ne sont pas les sports qui manquent. Et puis à tout seigneur tout honneur.

Celui qui m'a laissé perplexe quant au choix du jury. Après Elliot Erwit , Jean-Loup Sieff, c'est Jean-Marie Périer qui a l'honneur de l'esplanade le long de l'Allier. L'endroit le plus prestigieux et celui où le désir de flâner s'accentue avec celui de découvrir et croquer à souhait dans des tirages magnifiques. Hélas JM Périer même s'il est gentil, reste un photographe de" Salut les copains"...Oh, c'est sûr, que les années passées sur chez chers disparus ont fait monter sa côte. Mais ses photos restent toujours au même niveau mental. Jean-Marie s'ennuyait ferme d'ailleurs durant le vin d'honneur. C'est bien la peine pour les organisateurs d'avoir mené et revendiqué la justesse et rigueur du choix des artistes proposés.

Et puis il a fallu quitter les lieux précipitamment. Du coup, j'ai eu juste le temps de mettre le nom sur une personne qui m'est photographiquement familière. Meyer en était et m'a laissé l'occasion de lui tirer son portrait juste à côté du petit train chenille pour promener le touriste assoupi.

Cette année, les amateurs primés sont moins nombreux. Il n'y en a qu'un. Son vernissage est le lendemain à la Médiathèque Valéry Larbaud (donc aura des horaires de médiathèque). Et puis c'est Wipplay une plate-forme privée extérieure qui s'occupait de tout cela. Et cela, c'est fait sans moi parce que le règlement de cette société est confiscatoire des droits les plus élémentaires d'exploitation des œuvres par l'artiste.

Continuons à livrer sans états d'âme de vastes pan de marché culturel à des sans-scrupule, nous ne serons pas au bout de nos peines pour pleurer même sans lacrymo du flic de service. Mais cette exposition reste a observer avec la plus grande curiosité.

Après ces piques acérées, j'ai laissé libre choix dans mon regard en vous invitant à regarder un peu de mes photos de la soirée.

Didier Ciancia , envoyé spécial www.regardactu.com à Vichy.

L'été des Portraits à Vichy du 10 juin au 4 septembre aux Centre Culturel et Médiathèque Valéry Larbaud , esplanade de l'Allier et Parvis église Saint-Louis.

© Didier Ciancia
© Didier Ciancia
© Didier Ciancia
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Tag(s) : #Vichy

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