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Mouvement social… et horizon politique ?
Mouvement social… et horizon politique ?

Le mouvement social en cours nous redonne joie et espoir après quatre années de nouvelles dérives austéritaires dures à supporter, faisant suite ininterrompue à un bilan sarkozien plus que lourd. La lutte c’est la vie ! Les manifestations de rue, les occupations de places, les grèves reconduites et étendues qui s’inscrivent en faux d’une tentative de recul social et civilisationnel dont la loi El Khomery est le nom, sont des éléments de confiance retrouvés.

A ce niveau, le strict schéma d’une gauche et d’une droite s’affrontant, n’a plus court. La réalité est toute autre, elle est celle d’une pratique gouvernementale qui s’inscrit délibérément dans une orientation droitière de pur libéralisme débridé au cœur duquel se retrouvent les intérêts absolus de la finance. Ce label qui doit autant à Mr Sarkozy qu’à Mr Hollande est en train de montrer toute son ingérence. Et la colère populaire (salariés, étudiants, retraités etc…) qui en découle, annonce une volonté neuve de ne plus subir sans réagir. Une évidence apparait à la suite des milliards offerts au grand patronat à fond perdu ou encore dernièrement de la connaissance du scandale de la « Panama Papers », celle qui consiste à comprendre comment survient la ruine sociale et économique, comprendre comment les uns s’enrichissent et les autres s’appauvrissent, s’enfoncent dans la misère.

Les conséquences sont graves, avec un nombre grandissant de laissés pour compte, notre environnement sacrifié, notre souveraineté dégradée, notre démocratie républicaine foulée aux pieds. En un mot, tout explose sous nos yeux dans nos villes et quartiers, nos régions, notre pays enfermés dans une Europe sous influence bancaire plus inégalitaire que jamais…Une Europe conduite d’une main de fer par la chancelière allemande.

Les institutions pourtant tant de fois vantées comme gage de stabilité font moins que jamais cet office. Le seul but initialement voulu d’aller vers un pouvoir personnel présidentiel renforcé, reste la règle et la réalité du moment dont on mesure bien qu’il faudra en sortir vite. Changer de système, redonner le pouvoir au peuple, construire une VIème République, voilà une idée maitresse à faire triompher dans le cadre d’une alternative politique, ambitieuse, de large portée.

La vieille manière de faire de la politique, celle confiée aux seuls partis politiques structurés depuis des décennies doit être dépassée, changée par la mise en œuvre de valeurs et aspirations démocratiques correspondant à notre époque, celles de la connaissance étendue, celle des besoins de partage et de création de commun, celles des échanges et des décisions de niveau horizontal et non plus pyramidal et centralisé, celle de la prise en compte des droits et devoirs civiques de chaque citoyen. Tout cela peut et doit concourir au respect et à la dignité de chacun de ceux qui composent la multitude sociale du peuple et cela facilitera la réorganisation de la production et des échanges, de la création culturelle, etc…. Les expériences multiples et citoyennes en cours au travers du pays, coopératives d’économie sociale ou autre, mise en route de monnaies régionales, donnent à voir un autre possible. Le caractère innovant de « Nuits Debouts » affirme aussi la reconsidération du rapport citoyen à la politique.

Au plan électoral, le principe du suffrage universel d’un homme-une voix, chèrement acquis, celui des scrutins républicains à deux tours permettant les choix de programme et du candidat à placer au mieux, sont dénaturés et supplantés maintenant par la course aux primaires. Décidément, le mode de vie à l’américaine (consommateur à outrance dans tous les domaines) nous menace. Les adeptes du système électoral et politique US n’en démentent pas, c’est pour eux l’apparence d’une démocratie renouvelée, mais une démocratie tronquée sélective et arbitrairement soumise aux influences sondagières et médiatiques. On remarquera avec bon sens que ces formules neuves paraît-il, ne font que confirmer l’implantation du système capitaliste libéral le plus vieux qui soit, celui de l’Argent Roi qui en reste son moteur !

Que le Parti Socialiste reconverti « ES-Libéral » en profonde recherche de sens d’intérêt général, entende résolument s’inscrire dans ce processus, d’ailleurs initié depuis des mois par les partis de droite eux-mêmes en querelle durable, quoi d’anormal, mais que la contagion gagne tout autant les directions nationales des Partis des Verts ou du Parti Communiste pourtant vacciné des ententes entre états-majors et tripatouillage électoral à la mode union plurielle, est plus que stupéfiant. Cela ne peut qu’alarmer ses militants sur les enjeux affirmés et les buts à atteindre par leurs dirigeants.

Que valent donc ces tentatives surmédiatisées d’occupation du débat public orienté ? S’agit-il de sauver le soldat HOLLANDE et du même coup, assurer la pérennité de politique austéritaire ou d’empêcher que ne surgissent des solutions réellement alternatives qui pourraient prendre appui sur le mouvement de ras-le-bol et de motivations populaires actuelles ?

D’un côté des primaires sans effets transformateurs, de l’autre l’application d’un 49/3 refusant à l’Assemblée Nationale de faire son travail législatif. Quand en toile de fond, on nous montre les jugements honteux des tribunaux condamnant sans ménagement les salariés qui défendent d’arrache-pied leurs emplois et leurs droits sociaux ! Et le premier ministre de tonner à propos de la loi du recul social, « j’irai jusqu’au bout » ajoutant à ce propos guerrier des attaques verbales irresponsables à l’égard de la CGT et de son secrétaire national. Le but est clair, il faut coûte que coûte casser la force montante et dynamique des luttes en cours , défaire l’unité du front syndical qui marque des points depuis trois mois dans l’opinion( 70 % toujours contre cette loi scélérate), monter des traquenards médiatiques et policiers à ces gens qui animent les révoltes sociales et orientent opportunément les réflexions générales pour montrer à quel niveau de l’état se tiennent les responsabilités du marasme actuel. Responsabilité dont on ne saurait absoudre le syndicat des grandes entreprises dont le président en exercice, Mr GATTAZ, vient de se distinguer en insultant les grévistes et de s’en prendre à la CGT, son secrétaire général, dans des termes honteux que l’on croyait éteints avec la disparition des adeptes de la propagande hitlérienne.

Dans un tel contexte tendu et de prise de conscience, cela ne suffit pas en soi. Il faut aussi empêcher que naisse la compréhension qu’une autre politique est possible. Cette autre politique qui depuis 2012 avait été divulguée grâce au programme l’Humain d’Abord et que portait avec talent et courage le candidat du Front de Gauche Jean-Luc MELENCHON.

Un candidat renouvelé comme député européen, qui durant les quatre années passées, n’eut de cesse de mettre en garde l’opinion sur les intentions réelles du président élu sur des promesses mensongères. On ne peut pas dire ici que la sonnette d’alarme ne fut pas tirée… Et on ne peut jouer les étonnés à l’annonce du renouvellement de la candidature MELENCHON pour 2017. Ayant pris acte des attentes populaires, du besoin de renouvellement de la stratégie politique de transformation sociale, de l’attitude non conforme aux engagements initiaux du Front de Gauche et de la crise de confiance envers les formations politiques, le seul chemin réaliste à emprunter est bien celui d’une candidature hors parti en s’adressant directement aux citoyens.

Que n’entendons-nous pas comme médisances et inventions saugrenues d’allure politiciennes à son égard. Il serait un homme seul et pourtant fort de ses quatre millions de voix en 2012 (12,2 %), il serait passé à 12 à 14 % actuellement. Sans l’apport officiel des formations FG, il a reçu 105 000 signataires favorables à sa candidature et parmi ceux-là à titre individuel, de nombreuses personnes de sensibilité socialiste, écologiste, communiste, syndicaliste ou simple citoyen… Un appel émanant des rangs du PCF recueille déjà plus de 1700 signatures favorables à l’initiative de Francis PARNY dirigeant bien connu.

Faut-il en dire plus si ce n’est de souligner que dans les états-majors de la sociale démocratie, Jean-Luc MELENCHON, tout comme Philippe MARTINEZ, est considéré comme un mauvais sujet, un homme à déconsidérer ! On comprend ces attitudes en ce sens que dans les rangs des dirigeants du libéralisme de droite comme de gauche on ne puisse laisser grandir ni les mouvements revendicatifs d’un côté, ni le mouvement des Insoumis de l’autre. Même en connaissant les réalités particulières de chaque mouvement, il y a une même réalité à prendre en compte, ces deux types d’action populaire autonome l’une envers l’autre en restent pourtant sur le même terrain de combat pour la défense des droits sociaux et pour l’émancipation humaine. Chacun des mouvements, à sa manière et dans sa différence, alimente le combat de l’autre face à une même ennemie : la finance qui telle la pieuvre, étouffe la société.

Deux évènements caractériseront ces différences complémentaires dans les prochains jours :

1°) le 5 Juin, le rassemblement des « Insoumis » autour de J.L MELENCHON, place de Stalingrad à PARIS.

2°) Le 14 Juin une manifestation de caractère national à Paris, à l’appel du Front syndical pour que soit retirée la loi El Khomery et que s’engage des négociations garantissant les droits sociaux et économiques des salariés retraités et précaires…

Un autre avenir se dessine déjà dans le mouvement actuel de notre société, un avenir déjà contenu dans le présent des luttes autant syndicales que politiques. Et que vive alors l’Ere du Peuple !

Montluçon, le 30/05/2016

Paul CRESPIN

Nota : Photo "nuit debout" Place de la république le 4 avril 2016

Tag(s) : #Billet d'humeur

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