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C'est bientôt qu'on DOIT régler les comptes… Contre la loi travail et son monde !
C'est bientôt qu'on DOIT régler les comptes… Contre la loi travail et son monde !

Après avoir écrit une grande partie de ce texte, je lis le billet d'humeur de Paul Crespin : Merci Camarade ! Ta mise au point est salutaire !

Qu'est-ce qui ce passe ici ?!

C'est incontestable, il y a urgence. Le gouvernement a définitivement tourné le dos à la gauche, et même à une certaine idée de la République. Nous sommes nombreux/euses à n'avoir jamais cru à une politique de progrès grâce à l'élection de François Hollande, mais nous sommes aussi nombreux/euses à l'avoir espéré, et au moins, à avoir pensé que virer Sarkozy constituait une victoire.

Après 4 ans d'un mouvement social atone face à la politique anti-sociale du gouvernement, sans aucun doute déstabilisé par une telle politique, malgré des résistances réelles et nombreuses mais souvent localisées, la mobilisation contre la loi travail était, est salutaire. Ce constat d'incapacité à un mouvement d'ensemble n'est pas un jugement de valeur, mais simplement le corollaire d'un peuple de gauche assommé, dérouté, par une telle politique, après 5 ans de sarkozisme triomphant, et par une conscience sociale parcellaire voire inexistante. Car oui, les patrons, les libéraux et les racistes ont mené efficacement la bataille idéologique que la gauche a abandonné.

Aujourd'hui, la logique d'ensemble d'un quinquennat anti-social au service exclusif des puissances économiques et bancaires, des pouvoirs capitalistes, la « normalisation ultra-libéral » est incontestable, et ce, peu importe le niveau de conscience des différent.e.s militant.e.s ou courants de gauche. Le refus massif de la loi travail, en particulier dans les rangs des sympathisant.e.s de gauche, qui sont prêt.e.s, dans les sondages, à appeler les frondeurs/euses à voter la censure, d'où qu'elle vienne, démontre bien qu'un cap à été franchi, dans la gauche.

La formidable dynamique de Nuit Debout dans toute la France pendant une grande partie du mouvement, le soutien à l'action syndicale malgré des modes d'action parfois déconnectés des masses et la division syndicale (actant, au niveau national, la normalisation de l'intégration au pouvoir de certains courants, de certaines directions syndicales), montre que tout le peuple reprend conscience de ses intérêts. Cela ne doit par contre pas dissimuler qu'il n'y a pas de réelle majorité dans la lutte, mais faute à la précarité, à la peur de la grève, et aussi à un questionnement de la stratégie syndicale du morcellement…

Dans tous les cas, le climat de tension construit par le pouvoir pour tenter de marginaliser et de décrédibiliser le mouvement, les violences policières et judiciaires, l'autoritarisme, ne suffisent pas à nous affaiblir.

Et très franchement, entre nous, le « casseur » comme ILS disent (lorsqu'il n'est pas un flic qui cherche à agiter les réactions des « gens raisonnables »), ces militant.e.s violent.e.s donc, ce sont nos camarades ! Nos camarades car ils luttent avec nous la plupart du temps (et s'il ne faut pas tolérer qu'ils/elles puissent s'en prendre à nous, ce qui peut arriver) n'est-il pas compréhensible que la violence de l'ordre établi entraîne une « contre-violence »?!

Bien-sûr, si je n'ai pas de jugement moraliste sur la violence politique, je pense que l'important est d'être majoritaire, et que beaucoup de ces attitudes sont contre-productives dans le contexte dans lequel nous sommes, mais pour autant, je sais reconnaître mes ennemis, et ceux/elles là n'en sont pas.

Le gouvernement a fait bien pire qu'une politique anti-sociale, la politique sécuritaire, l'arbitraire, les atteintes aux libertés issues en particulier de l'instauration de l'état d'urgence permanent, ont fini de démontrer la logique de la Ve République, et ont ligué contre cette politique, non seulement un camp économique, social, mais aussi l'ensemble des organisations de défense des droits démocratiques. Il était difficile de penser, en Janvier 2015, que la politique sécuritaire serait contestée avec une telle ampleur, un peu plus d'un an plus tard.

Le Front National a été étonnamment peu présent lors de cette dernière période politique.

Étonnamment, pas tant que ça. Cela démontre, d'une part, son incapacité, ou plutôt son refus à défendre les conquis sociaux ; c'est aussi, n'en doutons pas, une stratégie de préparation des présidentielles, et les sondages continuent à être très favorable au Front National, la question sociale ne réglant pas à elle seule les enjeux de lutte anti-raciste, et de l'immigration, pas plus que le sexisme d'ailleurs...

Face à la « menace terroriste » et à la précarité de ceux/celles qu'ils/elles veulent appeler « Français de souche », mais dont ils/elles ne défendent jamais les intérêts sociaux, le projet du FN continue de porter. Nous devons très vite nous engager sur cette question, pour en démontrer les mensonges, et pour combattre le racisme, derrière la bannière de ceux/celles qui en sont les victimes, et non de manière délégataire. Ceci ne peut se faire qu'en continuité de la lutte sociale.

Mais du coup, qu'est-ce qu'on fait ?

Ces constats fais, cela n'épuise absolument pas, bien au contraire, la définition des tâches politiques communes aux militant.e.s de gauche, tous courants confondus.

Et c'est sans doute là que le bas blesse, malgré l’impérieuse urgence de la situation. Le contexte, développé de manière non exhaustive plus haut, a opéré des redéfinitions, nous l'avons déjà dit en abordant les sondages, mais qu'en est-il plus au fond ?

Le Front de Gauche d'abord : ce fut la maison commune de beaucoup de ceux/celles qui doivent lire ces lignes, il aurait pu être utile comme outil de rassemblement et de mobilisation politique dans la dernière période. Pas comme cadre de rassemblement, mais comme partie active de ce rassemblement.

Sa liquidation : il faudrait sans doute chercher les responsabilités dans ses principales composantes historiques, dans le refus d'en avoir fait une réelle organisation au plus haut de la dynamique, tout en conservant les identités de ses courants politiques fondateurs... Mais est-il bien nécessaire de s’appesantir sur cette analyse, qui a certes une importance, et qu'il faudra bien faire, mais qui, maintenant qu'il est liquidé, ne présente pas d'urgence immédiate de mon point de vue. Une chose est certaine, des divergences stratégiques, tactiques, et programmatiques ont eu raison de cet outil, et ces débats vont à nouveau nous occuper et nous occupent déjà dans la construction de l'alternative politique nécessaire.

Certain aussi, le fait que ce sont tant des problématiques locales que nationales qui ont eu raison de lui. Mais heureusement, il a servi, particulièrement là où il a pu rapprocher des militant.e.s, intégrer des citoyen.ne.s à la lutte politique, permettre de construire à nouveau du commun. Nous ne pouvons que tout faire pour ne pas perdre ces acquis.

Mais l'enjeu d'aujourd'hui est, à mon avis, gouverné par la dialectique du rassemblement et de la clarification.

Lorsqu'un vieux militant du Parti Socialiste, un militant de gauche, est plaqué au sol par le Service d'Ordre de son organisation car il porte une affichette « Valls Démission », cela démontre que cette organisation a changé de nature, qu'il ne représente plus une organisation du mouvement ouvrier.

D'aucuns diront : oui, mais les stals, à une époque, ils tapaient sur les trotskystes… Oui, c'est vrai. Mais pour ce qui est du PS, cette affaire n'est qu'un exemple. Lorsque l'on défend l'ordre établi contre le peuple, contre la gauche, en défendant les « bavures » policières, les dérives antidémocratiques, les politiques racistes, lorsque l'on appelle à casser les grèves, à lutter contre les syndicats « conservateurs », lorsqu'on assume de soutenir un gouvernement dont la nature, tant sociologique que politique, va fondamentalement contre nos intérêts, on n'est pas de gauche… On défend l'ordre établi… Et l'on n'a pas sa place dans le front commun à faire vivre dans la lutte...

D'ailleurs, les socialistes ne s'y trompent pas, ils sont nombreux/euses (majoritaires?), à avoir quitté, pour beaucoup le coeur fendu, leur organisation politique.

Certain.e.s auront beau jeu de différencier les problématiques nationales et locales, mais il faut arrêter de prendre les citoyens pour des enfants à qui on raconte des contes, et ce n'est pas parce qu'on est de gauche que l'on est bête…

Oui, les problématiques locales et nationales sont intimement liées, et les résultats aux élections locales ne font que le démontrer. Liées parce que la politique nationale et européenne conditionne les marges de manœuvres des élu.e.s locaux/ales, et les budgets, liées, aussi, car les citoyen.ne.s ne sont pas aveugles, en tout cas je crois dans l'intelligence collective, et la caractéristique d'un responsable PS, c'est de ressembler à une girouette, qui n'avance pas, mais qui tourne sur elle même. Tourner le dos à ses responsabilités, n’empêche pas qu'elles sont toujours là...

Et puis, si nous considérions que les deux ne sont pas interdépendants, pouvons nous penser que le bilan des municipalités d'union de la gauche, ou PS, sont des bilans que nous devons défendre et assumer ? Je ne le crois pas… Et d'ailleurs, ils/elles l'ont payé cher lors des dernières échéances.

Ce n'est d'ailleurs sans doute pas pour rien, que dans notre département, aux départementales, des communistes n'ont pas souhaité s'unir aux socialistes, et les ont même combattu dans les urnes, malgré le positionnement du Président Dufrègne. C'est sans doute cette stratégie qui aurait pu permettre d’espérer maintenir ce département à gauche, ne pas le laisser à la droite violemment anti-sociale revenir aux affaires. Mais je n'ai pas de boule de cristal... Une campagne réellement à gauche, une campagne aux côtés des salarié.e.s, des syndicalistes, des précaires aurait quand même eu plus de sens… Car lorsque l'on voit des élu.e.s de gauche venir expliquer à des parents et des syndicalistes de l'éducation nationale, ou des parents, qu'ils/elles n'ont pas plus de légitimité que les élu.e.s pour savoir ce qui est bon pour nos écoles, on s'interroge alors sur certaine dérive. Je parle ici du contrat avec l'éducation nationale, soutenu par l'ancienne majorité départementale. Mais nous pourrions aussi parler de la précarité des agents dans des municipalités socialistes ou des Partenariats Public/Privé…

Pour ma part, j'ai dépassé depuis longtemps le sectarisme, et je suis pour l'unité la plus large, de TOUTE LA GAUCHE ! Dans les luttes bien-sûr, et dans les élections pourquoi pas ! Mais la gauche, ce n'est pas une étiquette que l'on met où elle nous arrange...

Gérard Filoche, je veux l'appeler mon camarade, peu importe qu'il reste au PS. Mais si certain.e.s croient encore que le PS peut redevenir un parti de gauche, je leur souhaite du courage, c'est tout à leur honneur, mais cela ne correspond pas à l'impératif de la situation.

Si certain.e.s viennent me dire, « oui, mais pour les masses, la gauche, c'est le PS », je leur répond que le problème est bien là, car pour ceux/celles là, pour qui la gauche c'est le PS, la seule alternative à la politique anti-sociale, quelle est-elle ? Le Front National ? Il faut reconstruire la gauche, et nous ne pourrons le faire qu'en clarifiant nos rapports avec ceux/elles qui n'en sont plus, en tant qu'organisation.

Car l'impératif, c'est la mobilisation de notre classe sociale, et le « rassemblement de la gauche », oui, sur un programme et dans la lutte, mais le PS agit contre cela, et n'appartient pas à cela.

Il va de soit que si demain Gérard Filoche était amené à prendre le pouvoir dans le PS, la question se poserait différemment. En effet, qui pouvait croire à l'accession de Jeremy Corbyn, le militant anti-guerre, anti-autoritaire, anti-libéral, antiraciste, à la tête du Labour anglais ? Mais le Labour a bénéficié pour arriver à cela d'une dynamique immense, et de plus, il n'est pas au pouvoir, et avant cela, le New Labour a ravagé la gauche et le Royaume-Uni pendant des années… Et puis, il faudrait un discours de lutte contre la guerre et l'islamophobie… Mais je ne suis pas sûr qu'il y ait ça en stock.

Pour notre part, nous n'avons ni le temps, ni je pense l'envie d'attendre, et ce n'est pas comme si la dynamique était à l'investissement dans le PS pour le ramener à gauche, puisque les militant.e.s de gauche le quittent !

Face au FN, et à une offre politique libérale PS/LR, il nous faut vite une alternative !

Cela passe par le fait de faire tou.te.s ensemble, dans les luttes d'abord, contre la loi travail et son monde, mais aussi de préparer l'alternative politique également tou.te.s ensemble, avec tou.te.s ceux/elles qui en ont ras-le-bol, et sans négliger le peuple de gauche, déjà militant, déjà engagé. Il faut donc faire avec les résistant.e.s, insoumis.e.s, communistes, socialistes, révolutionnaires, réformistes de gauche, syndicalistes, ceux qui en ont marre de la politique, et de bouffer des pattes tous les jours... Et ce sera dur d'avancer ensemble ! Mais il le faut… On le fait déjà dans la lutte en tout cas. Cela signifie donc de faire avec l'opposition de gauche au gouvernement, et avec toutes ses contradictions, mais en étant clair, et la clarté, c'est de renverser les vieilles alliances contre-productives, tout en élargissant au maximum le rassemblement.

Je reviens ce jour du Global Debout Allier, et très franchement là-bas, les échéances de 2017 sont le cadet de leurs soucis, par contre, certain.e.s y parlent… de grève générale insurrectionnelle ! Alors on peut se poser la question du détachement vis à vis du niveau de conscience moyen des gens, mais en tout cas, il y a une vraie volonté de construire l'alternative au système, et de le faire nous même, à la base, dans la rue… C'est une superbe bouffée d'air frais !

Étant pragmatique, je continue à penser que notre système politique étant ce qu'il est, le système économique, médiatique, cette sale V em République, les échéances de 2017 vont toucher les gens, ce n'est pas pour rien que c'est l'élection où il y a le moins d'abstention !

Alors il faudra bien y intervenir dans cette élection : en la « piratant », et en imposant dans l'actualité nos sujets, sans rien attendre des candidats, d'un sauveur suprême, je pense que c'est essentiel, car après tout, sans mobilisation, pas de politique de gauche, et sans mobilisation, pas de transformation sociale….

Et puis… peut-être que certain.e.s choisiront de faire campagne pour un candidat… Sans aucune confiance aveugle, sans penser que la révolution se fera par les urnes, mais en faisant de ce moment électoral un moment de conscientisation, une tribune. La condition de l'efficacité d'une telle campagne, c'est de ce mettre autour d'une table (ou de milliers de tables), pour causer du programme, et pour associer les organisations politiques de gauche à cette démarche. C'est la limite actuelle de la campagne de Jean-Luc Mélenchon… Mais cela peu changer, et comme nous n'avons pas beaucoup mieux en magasin… Cette campagne, je la ferai peut-être sans aucune idéalisation du personnage et des vieilles méthodes de ce responsable politique, mais avec la volonté de ne pas passer à côté d'une dynamique à construire. Mais surtout, en combattant au préalable pour rassemblement de la gauche sans lequel pas de dynamique, et pas de campagne réussie…

Et après tout, peu importe, je comprends autant ceux qui sont déjà en campagne, que ceux qui veulent boycotter une élection dans un système anti-démocratique, car notre commun, notre seule perspective de victoire finale, c'est la lutte sociale. Ce que je sais par contre, c'est qu'au second tour, si le FN est en lice, face à l'UMP ou au PS, je n'irai pas voter, et nombreux/ses sont ceux/elles qui n'iront pas. Ceux/elles là ne porteront aucune responsabilité de ce qu'il adviendra, la responsabilité revient à ceux/elles, responsables de droite et de « gauche » libérale, responsables installé.e.s qui agissent contre nos droits depuis des dizaines d'années. C'est tout ceux/elles là qu'il faut foutre dehors !

On a du boulot, contre le FN, la droite et les socialos, mais nous sommes tellement plus nombreux/euses… et c'est bientôt qu'on va régler les comptes !

Alors, on sourit, c'est l'été, vive l'unité large, et le rassemblement populaire de la gauche, et surtout vive la lutte sociale, qui conditionne tout !

Alexis Mayet, le 2 juillet 2016

C'est bientôt qu'on DOIT régler les comptes… Contre la loi travail et son monde !
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