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Des parlementaires qui résistent. Mais c'était avant !

En juin 40, les parlementaires qui refusèrent les pleins pouvoirs à Pétain, prenaient beaucoup plus de risques que ceux à qui on demande aujourd'hui de s'opposer à la loi Travail. Pourtant, ces parlementaires ont pris tous les risques pour eux-mêmes et pour certains d'entre eux, l'ont payé de leur vie. C'était un temps où résister avait un sens.

Bien sûr, ces deux périodes de notre histoire ne sont pas comparables en tout points. Mais justement, aujourd'hui, on ne demande pas l'impossible à nos députés. Mais ceux-ci préfèrent préserver leurs privilèges plutôt que de respecter le mandat pour lequel ils ont été élus.

Raison de plus pour honorer la mémoire des députés qui placèrent au-dessus de tout, la parole donnée à leurs électeurs. Un hommage leur sera rendu le dimanche 10 juillet à 11 h au cimetière de l’ouest à Montluçon.

Philippe Soulié

Voir ci-dessous :

Des parlementaires qui résistent. Mais c'était avant !

Commémoration du vote des 80, le 10 juillet 1940

Le 10 juillet 1940, les parlementaires français votaient les pleins pouvoirs à Pétain, à Vichy, dans notre Département. La France entrait ainsi dans la période la plus sombre de son histoire contemporaine, en pratiquant une politique de collaboration avec l’Allemagne nazi. La loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 fut également celle qui assassina la troisième République.

Ce jour-là seulement 80 parlementaires votèrent contre le déshonneur qui allait par la suite être lourd de conséquences pour la France, mais aussi pour des millions de personnes. Parmi ces 80 (80 sur 649 exprimés), fait unique sur le territoire français, figurent les 3, c’est-à-dire l’ensemble des parlementaires qui représentaient à ce moment-là notre bassin de Montluçon-Domérat-Commentry au parlement :

Marx Dormoy (1888-1941), Sénateur-maire de Montluçon, Ministre de l’Intérieur du Front Populaire. Fils de Jean Dormoy, il devient maire de Montluçon en 1926 et sera suspendu par Pétain, pour son opposition, dès le 21 septembre 1940. Il est assassiné par la « Cagoule » le 26 juillet 1941, à Montélimar où il se trouvait en résidence surveillée, par le régime de Pétain et Laval, « l’état français », membre de la SFIO

Eugène Jardon (1895-1977), Député-maire de Domérat, destitué des fonctions de maire de Domérat par le régime, il entre avec son épouse dans la Résistance, son domicile sera perquisitionné par la gestapo. C’est le seul des 3 qui survécu à la seconde guerre mondiale. Membre du PCF, il fait partie des parlementaires communistes qui s’opposèrent au pacte germano-soviétique. Retiré de la vie politique après la guerre (à part une candidature isolée aux sénatoriales de 1955), il décède en 1977.

Et enfin Isidore Thivrier (1874-1944), Député-Maire de Commentry. C’est dans son château de Montassiégé à Commentry que Léon Blum et Marx Dormoy passèrent la nuit précédant le vote. Appliquant en tant que maire (il le restera jusqu’à être suspendu en 1943) une politique plutôt conciliante vis-à-vis de l « état français », il finira par entrer dans la Résistance, mais sera découvert et déporté avant de mourir en déportation à Natzwiller-Struthof le 5 mai 1944.

Par leur parcours, ces trois hommes représentent bien une époque mais aussi sa complexité. Leur acte s’inscrit dans la longue tradition de résistance et de révolte , de faits fondateurs et de progrès que constituent l’Histoire de notre bassin de Montluçon, Domérat, Commentry, Désertines….

En réponse à l’absence sur notre bassin d’instant de souvenir « officiel » de ces actes de résistance, (deux hommages officiels sont rendus tous les ans : un à la Préfecture à Moulins et le second à Vichy) mais également avec le souci de réhabiliter, car injustement effacé de la mémoire collective, Eugène Jardon ; en rappelant aussi la puissance ce que signifie lutter dans l’ADN de notre territoire, nous organisons depuis plusieurs années un hommage citoyen ouvert à tous.

Le but étant de rappeler ces évènements et le sacrifice de ces hommes (Marx Dormoy et Isidore Thivrier en sont morts). En 2009, quand nous avons commencé, notre souci était, dans un climat qui à l’époque était déjà inquiétant (tout en étant bien loin ce qu’il est aujourd’hui), d’exprimer une opposition pacifique à tous les totalitarismes, toutes les formes de haine, dans un esprit d’Humanisme et de Résistance, fidèle aux valeurs de la République sociale, mais aussi aux valeurs de progrès de cette terre du sud-ouest de l’Allier sur laquelle nous vivons. Nous avions pris l’engagement de renouveler chaque année ce rendez-vous, engagement que jusqu’à présent, nous avons toujours tenu.

Cette année cet hommage citoyen aura lieu

 

Le Dimanche 10 juillet 2016 à 11h00

au cimetière de l’Ouest (Saint-Paul) à Montluçon

sur la tombe de Marx Dormoy

 

Ce rendez-vous se clôture traditionnellement par le verre de l’amitié au bar « Le Miscailloux », tout proche du cimetière.

Pierre MOTHET Sylvie GOUZIEN

Tag(s) : #Montluçon

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