Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le gros mensonge du Président de la CFTC sur la loi Travail

Les syndicats réformistes qui ont négocié et signé l'accord sur la Loi Travail ne sont pas à un mensonge prêt. Mais commençons par le commencement. D'abord, on peut lire dans un article publié par le JDD (ICI) que ceux-ci exigent que l'article deux qui consacre l'inversion de la hiérarchie des normes soit maintenu. De l'aveu même du Parisien, si le gouvernement cédait, cela les mettrait en "complet porte à faux". Ce qui veut dire qu'ils seraient alors discrédités. On voit à quel niveau se situent les préoccupations de ces organisations dont le premier souci est de ne pas perdre la face devant leurs propres militants.

Mais il y a surtout deux contre-vérités facile à vérifier dans cet article :

► Le JDD affirme que les syndicats réformistes CFDT, CFTC et CGC sont pour le maintien de cette loi et de prioritairement de l'article 2. Faux ! La CGC a fait savoir il y a quelques semaines qu'elle n'est plus sur cette ligne et considère que les articles de cette loi constituent un recul majeur des droits des salariés.

► Mais le plus grave et le plus malhonnête, c'est ce qu'affirme dans cet article Philippe Louis, le Président de la CFTC : "Ce type d'accord permet d'obtenir de meilleures conditions pour les salariés. Par exemple, chez Zara, les salariées ont obtenu des aides à la garde d'enfants le dimanche qui auraient sans doute été difficiles à obtenir par un accord de branche." Faux et archi-faux. Ce qui est interdit actuellement, c'est qu'un accord d'entreprise soit moins favorable qu'un accord de branche. Dans le cas de Zara l'accord d'entreprise peut s'appliquer sans problème, puisqu'il améliore l'accord de branche. En l'état et sans la loi Travail, cet accord est donc parfaitement légal et autorisé. Par contre, si l'accord de Zara avait supprimé des dispositions favorables aux salariés, contenues dans l'accord de branche, alors l'accord d'entreprise n'aurait pas été possible.

En d'autres termes, dans l'état actuel de la législation, les accords d'entreprises sont possibles pour peu qu'ils améliorent l'accord de branche auquel ils sont rattachés, et non l'inverse. Avec la loi Travail, les accords pourront être inférieurs aux accords de branche. En bref, les entreprises (surtout les grosses) vont s'empresser de s'engouffrer dans cette brèche pour passer des accords d'entreprise moins favorables que l'accord de branche en brandissant toutes sorte de menaces (licenciement, délocalisation, plan social etc..). La conséquence sera un dumping social généralisé entre les entreprises françaises elles-mêmes, qui feront tout pour rester "compétitives" par rapport à leurs concurrentes. Bonjour les dégâts, et merci au JDD qui se contente de retranscrire des propos mensongers sans prendre le temps de faire le simple travail d'investigation indispensable pour informer réellement ses lecteurs. En même temps, on sait pour qui roule ce genre de média*.

* Le JDD appartient à la famille Boudecroux qui possède également le groupe NRJ, Europe1, Match, RFM, et les chaines de télé Gulli et Chérie.

Tag(s) : #Actualité sociale

Partager cet article

Repost 0