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5 000 emplois supprimés chez SFR : La CGT tente de mobiliser le personnel

Le secteur des télécommunications n'en finit plus de se réorganiser, surtout depuis l'arrivée de Free qui a bouleversé le marché en pratiquant des prix beaucoup plus bas que ses concurrents.

Dans un secteur hyper concurrentiel, SFR avait été le premier opérateur à subir les contre coups de l'introduction d'un quatrième opérateur sur un marché déjà saturé. C'est d'ailleurs parce que SFR avait été fragilisé sur un segment de marché bas de gamme sur lequel il était jusqu'ici le leader incontesté, que le milliardaire Patrick Drahi avait pu saisir l'opportunité de racheter l’entreprise fragilisée en bourse.

Il faut dire que l'homme d'affaires franco marocain est passé maître dans le rachat des entreprises en difficulté en utilisant la technique du LBO. C'est-à-dire rachat sans apport personnel, mais en s'endettant auprès des banques, puis optimisation des coûts en réduisant au maximum la masse salariale, ce qui permet de rembourser les emprunts en ponctionnant directement sur la trésorerie de l'entreprise. Une technique immorale qui consiste à faire fortune sur le dos des travailleurs à qui il est demandé toujours plus (plus de productivité, plus de flexibilité, plus de mobilité, etc).

Dans le rachat de SFR en 2014, Patrick Drahi avait promis de ne pas réduire les effectifs pendant trois ans, et comme Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, avait promis de s'intéresser à sa situation fiscale (Patrick Drahi est installé en Suisse pour échapper à l'impôt), le PDG de SFR n'avait pas entièrement les mains libres. Cela ne l'a cependant pas empêché de supprimer 1 200 emplois depuis le rachat de l'entreprise si l'on en croit la CGT FAPT (Fédération des Activités postales et Télécommunications).

Mais voilà, le temps est venu de passer au choses sérieuses, car le chasseur d’entreprises en difficulté est tout sauf un philanthrope. En supprimant 5 000 emplois (essentiellement dans les boutiques SFR), soit 1/3 des effectifs tout de même, les bénéfices s'annoncent juteux, et Patrick Drahi qui pointe à la cinquième place des personnes les plus fortunés de l'hexagone et à la 50 em au niveau mondial, entend bien grappiller quelques places dans le classement des plus grandes fortunes, fut-ce au prix de l'aggravation du chômage, de la précarité et de la misère.

Pour cela, le milliardaire peut compter sur l'appui et le soutien inconditionnel de la CFDT et de l'UNSA qui à eux deux sont majoritaires dans l'entreprise et acceptent sans sourciller le plan "social" (en réalité, un plan anti-social). Une aubaine pour le chantre du libéralisme qui va pouvoir valoriser l'entreprise en bourse et pourquoi pas, la revendre ensuite en réalisant une substantielle plus-value.

Mais il y a tout de même un os. La CGT, et plus étonnant la CFTC et la CFE-CGC n'acceptent pas le deal. La CGT appelle le personnel de SFR à rejoindre la manifestation prévue le 15 septembre contre la loi Travail. Une loi qui permettra aux grands groupes comme SFR de licencier plus facilement les salariés sans avoir besoin de se justifier. Un comble quand on voit les facilités qu'ils ont déjà pour le faire. Une raison de plus pour exiger le retrait de cette loi infâme.

Philippe Soulié

Communiqué de la CGT FAPT du 28 juillet

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Communiqué de la CGT FAPT du 3 août

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Tag(s) : #Actualité sociale

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